Les compléments alimentaires sont-ils vraiment efficaces pour la santé ?

Sophie Lambert

Les compléments alimentaires : entre promesses et réalité

De nombreux produits en vente en pharmacie ou dans le commerce ambitiousent de promouvoir divers effets bénéfiques. Qu’il s’agisse d’antistress, de coupe-faim ou d’antifatigue, ces compléments prétendent souvent améliorer la bien-être ou répondre à certains besoins spécifiques. En 2021, une étude menée par l’organisation 60 Millions de Consommateurs révélait qu’un Français sur deux consomme régulièrement ces produits, ce qui témoigne de leur popularité croissante dans la société.

Dossier : Qu’est-ce qu’un complément alimentaire ?

Les compléments alimentaires possèdent une définition précise selon la réglementation. Ce sont des aliments sous forme de comprimés, gélules, pastilles ou ampoules, conçus pour venir compléter un régime alimentaire classique. Leur but est d’apporter une concentration en nutriments ou en autres substances qui possèdent un affichage nutritionnel ou physiologique. En d’autres termes, ils ont la vocation de soutenir l’alimentation en comblant d’éventuelles manques ou déficits.

Concrètement, leur fonction principale consiste à renforcer les apports nutritionnels afin de pallier certains déséquilibres ou carences ponctuelles dans notre alimentation quotidienne.

Les différences essentielles avec les médicaments

Il est primordial de ne pas confondre ces compléments avec des médicaments. Si ces derniers doivent prouver leur efficacité par des essais cliniques stricts et répondre à des contrôles rigoureux, ce n’est pas le cas pour la majorité des compléments alimentaires. Ceux-ci, même s’ils doivent respecter des normes de fabrication, ne subissent pas systématiquement d’études permettant de valider leur efficacité.

Ce manque de tests peut poser problème, comme l’a souligné une étude récente de la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF). Elle a mis en évidence que 60 % des produits vendus en ligne comportaient soit des allégations santé ou nutritionnelles non prouvées, soit ne respectaient pas la réglementation en vigueur.

Les risques liés à la consommation de compléments

Il n’est pas rare d’entendre que ces produits ne présentent pas de danger. Cependant, leur utilisation comporte parfois des risques importants. La surconsommation ou la prise concomitante de plusieurs compléments peuvent entraîner des effets indésirables voire toxiques. Par exemple, une consommation excessive de vitamine D, apportée par des compléments, a conduit à des cas graves d’hypercalcémie chez des nourrissons nécessitant une hospitalisation, comme l’a indiqué l’Anses.

Une autre mise en garde concerne la consommation de certains compléments susceptible de perturber le système immunitaire. L’Agence nationale de Sécurité sanitaire (Anses) a alerté en 2020 sur le fait que des plantes comme le saule, la reine des prés ou le curcuma, ou encore des extraits d’échinacée ou de bouleau, peuvent interférer avec la réponse immunitaire, notamment en période de pandémie ou face à des infections. Par ailleurs, des interactions médicamenteuses existent, comme le cas du millepertuis, qui est contre-indiqué pour les femmes sous pilule contraceptive, en raison de ses effets sur le métabolisme de certains médicaments.

Les compléments, une invitation à la vigilance

Malgré ces précautions, il est essentiel de rappeler que tous les compléments ne doivent pas être considérés comme pathologiques ou sans risque. Leur usage doit impérativement rester encadré, de préférence sous conseil médical ou pharmacologique. Certaines populations peuvent effectivement bénéficier de certains produits pour des raisons précises, telles que :

  • Les femmes en projet de grossesse ou enceintes, qui doivent assurer un apport suffisant en vitamine B9 ;
  • Les personnes adoptant un régime végétalien, vulnérables à des carences en vitamine B12, fer, calcium ou vitamine D en raison de l’absence d’aliments d’origine animale ;
  • Les personnes âgées, dont les besoins nutritionnels évoluent avec l’âge.

Si vous envisagez d’utiliser des compléments pour faire face à une fatigue chronique, améliorer votre sommeil ou pour tout autre objectif, il est vivement conseillé d’en parler à votre médecin ou à votre pharmacien, afin d’éviter tout risque inutile ou interaction néfaste.

Note : Ces recommandations s’appuient sur la définition de la directive européenne 2002/46/CE, qui encadre la mise sur le marché de ces produits.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.