Le parcours d’un homme décidé à devenir père, malgré les obstacles
Aujourd’hui, Lionel, en observant la croissance de son fils, semble épanoui comme jamais. On pourrait penser qu’il a trouvé la pièce manquante pour compléter son puzzle familial. Pourtant, le chemin vers la paternité n’a pas toujours été évident pour cet homme de 51 ans, qui occupe la fonction de proviseur dans un lycée. « Cela a été un long processus », confie-t-il. « Pendant longtemps, j’ai cru ne pas vouloir d’enfant, mais en réalité, c’était surtout parce que je pensais que ce n’était pas possible. » Son regard change lorsqu’il évoque la rencontre avec un homme, lui aussi désireux de devenir père. Cette relation ravive en lui des espoirs qu’il pensait éteints. Cependant, peu de temps après, le couple se défait, et les projets d’une vie à deux sont abandonnés.
Une détermination à toute épreuve pour fonder une famille
Malgré cette déception, Lionel ne lâche pas l’idée de devenir parent. « Je me suis convaincu qu’il ne fallait pas attendre la famille idéale, celle qui correspondait à l’image traditionnelle : une maison, une voiture, un chien. Je vais tout faire à l’improviste et tout se passera bien », explique-t-il avec un certain entrain. Sa situation personnelle commence également à changer : sa stabilité professionnelle et financière lui laisse entrevoir la possibilité d’avancer dans ses projets. Tout semble favorable pour concrétiser son rêve.
Les démarches longues et complexes pour accéder à la parentalité
Dans sa quête pour devenir père, Lionel a longuement hésité entre adopter un enfant ou recourir à la gestation pour autrui, appelée aussi GPA, particulièrement pratiquée dans certains pays. La GPA étant interdite en France, mais autorisée dans d’autres nations, il a décidé d’embrasser les deux voies simultanément. La procédure d’adoption, qui aboutit finalement dans le département du sud de la France, n’est pas une étape facile : elle est temporaire, valable cinq ans, et s’accompagne de nombreuses démarches administratives et de discriminations. Lors de la première tentative d’adoption, Lionel a rapidement compris que l’accès était réservé en priorité aux couples hétérosexuels ou aux femmes seules, laissant peu d’espoir pour un homme seul comme lui.
Une aventure de gestation pour autrui en Ukraine
Parallèlement, il a lancé une procédure pour une GPA en Ukraine, suivant les conseils d’un couple d’hommes rencontré. Son projet progresse sans heurts grâce à une agence spécialisée. Après plusieurs étapes médicales, il a été informé qu’une mère porteuse attendait son enfant. En septembre 2021, son petit garçon venait au monde en Ukraine, et après moins d’un an et demi de démarches, lui ayant coûté 50 000 euros, il tenait enfin son bébé dans ses bras. Mais ce bonheur a été rapidement terni par une difficulté administrative majeure.
Les enjeux légaux et la difficulté à faire reconnaître la filiation
La législation en vigueur en Ukraine autorise la GPA depuis 2002, en théorie, uniquement pour les couples hétérosexuels infertiles. Cependant, dans la pratique, beaucoup d’agences exploitent un flou juridique, contournant la loi. La conséquence pour Lionel fut l’impossibilité de faire enregistrer la naissance de son fils auprès des autorités françaises : l’ambassade ne pouvant reconnaître le certificat de naissance, car celui-ci n’a pas été apostillé. Résultat, il a été empêché de sortir du pays avec son enfant, ce qui aurait pu rendre la situation encore plus difficile.
Un lien particulier créé avec la mère porteuse pendant la crise ukrainienne
En attendant, quelques mois avant le début de la guerre en Ukraine, Lionel a été immobilisé pendant trois mois dans ce pays. Pour lui, cette période a représenté une chance : il a pu partager ces moments avec son bébé, apprendre à le connaître, tout en restant dans leur propre bulle. La solidarité qui s’est tissée avec d’autres papas locaux a renforcé ce sentiment de lien. En rétrospective, Lionel considère cette expérience comme un souvenir précieux. Grâce à l’aide de l’Association des Parents et Futurs Parents Gays et Lesbiens (APGL), il a pu contacter une avocate ukrainienne et faire débloquer la situation, lui permettant de revenir en France. Depuis, l’agence a fermé ses portes.
Une relation profonde avec la mère porteuse et la gestion des regards extérieurs
Durant cette période difficile, Lionel a noué une relation étroite avec la mère porteuse. Lors de l’éclatement du conflit, elle a même quitté l’Ukraine pour vivre en France, rejoignant Lionel dans un appartement voisin pendant plusieurs mois. Il confie : « Il était très important pour moi de construire ce lien avec elle, afin que mon fils connaisse cette partie de son histoire et la rencontre avec sa mère porteuse. Cela m’a aidé à assumer mon choix, qui n’a pas toujours été facile. » Pour Lionel, il s’agissait aussi de préparer son enfant à une réalité différente de celle d’autres enfants : « Mon fils se demande pourquoi il a deux grands-mères et grands-pères, alors qu’il perçoit la différence. Je lui ai expliqué en lui montrant des albums de naissance et des photos de la mère porteuse. »
Faire face au regard social et assumer sa parentalité solo
La vie à deux n’a pas été simplement construite, mais a nécessité beaucoup d’efforts. Lionel, qui a été père à 48 ans, explique qu’il a dû faire face au jugement des autres et à ses propres doutes. Pourtant, il n’a jamais douté de sa décision. « Au début, je me méfiait un peu, n’ayant pas beaucoup d’expérience avec les bébés, mais mon fils étant très facile, cela m’a rassuré », raconte-t-il en souriant. La question du regard extérieur a aussi été présente : comment son âge et sa situation pourraient être perçus ? Son fils étant conscient que sa famille est différente, il pose souvent des questions. Lionel a décidé d’être transparent, lui offrant des livres et un album de naissance. Il souhaite que son enfant comprenne d’où il vient et qu’il se sente aimé et accepté.
Une perspective d’avenir encore pleine d’espoir
Depuis qu’il a accueilli son garçon, Lionel n’a jamais douté. Être seul avec un enfant est devenu une évidence pour lui. Aujourd’hui installé à l’étranger, il a également déposé une demande d’agrément dans le pays où il réside, valable jusqu’en juin. Son espoir de voir agrandir sa famille demeure intact, et il envisage d’accueillir un nouveau membre d’ici l’été. Son parcours a été semé d’embûches, mais sa détermination reste forte, alimentée par l’amour qu’il porte à son fils et le désir de construire une famille, à sa façon.






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