PTZ, un an après : bilan pour l’accession à la propriété et la maison neuve

Sophie Lambert

Le Prêt à Taux Zéro (PTZ), un dispositif de financement sans intérêt accordé sous certaines conditions, a connu plusieurs modifications importantes grâce à la loi de finances pour l’année 2025. Parmi celles-ci, une extension de son champ d’application au niveau national, ce qui signifie que tous les territoires français deviennent désormais éligibles à cette aide. Par ailleurs, à partir du 1er avril 2025, la reprise du financement pour les maisons individuelles neuves est prévue, en dépit du fait qu’elles avaient été exclues du dispositif depuis le 1er janvier 2024. La révision des plafonds de ressources a aussi été réalisée, permettant d’accroître le nombre de ménages pouvant bénéficier de cette aide, avec un ajout estimé à 6 millions de foyers potentiellement éligibles.

Le PTZ, initialement ciblé sur les logements collectifs neufs dans les zones tendues, s’était considérablement restreint, perdant son utilité pour une large part de la population avec la diminution de ses zones d’éligibilité. Cette réduction a eu pour effet une chute importante des ventes de maisons individuelles neuves, avec une baisse de plus de 40 % entre 2022 et le troisième trimestre de 2024, comme l’a souligné le groupe Hexaom, spécialiste de la construction immobilière. Ce contexte avait fragilisé le marché immobilier neuf, surtout pour ceux qui voulaient acquérir une résidence individuelle ou un logement en zones moins privilégiées.

Le PTZ, un soutien crucial pour les primo-accédants

Dans un contexte marqué par la hausse constante des taux d’intérêt pour les crédits et une difficulté persistante à accéder à la propriété, le PTZ apparaît comme une aide précieuse pour de nombreux ménages. Il facilite notamment le financement en permettant de couvrir jusqu’à 30 % du coût total du projet immobilier sans générer d’intérêts, ce qui réduit le montant global emprunté et, par conséquent, le coût total du crédit. De plus, ce prêt offre une période de différé de remboursement pouvant atteindre 15 ans, en fonction des revenus des emprunteurs, ce qui contribue à alléger la charge financière dès le début du projet.

Selon Steve Beaudel, le directeur marketing du groupe Hexaom, cette stratégie de différé permet aux bénéficiaires de commencer par rembourser leur prêt principal, ce qui allège leurs paiements mensuels initiaux, avant d’entamer le remboursement du PTZ. Ce mécanisme est particulièrement avantageux pour les jeunes acquéreurs ou pour les ménages dont les revenus sont susceptibles d’évoluer par la suite. Il offre ainsi une souplesse qui facilite leur accès à la propriété et leur capacité à gérer leur budget.

Le retour du PTZ pour les maisons neuves dès avril 2025

Ce dispositif rebascule dans le domaine des habitations neuves à compter du 1er avril 2025. En ce qui concerne le montant maximum finançable avec le PTZ, il s’élève à 108 000 €, ce qui constitue une étape significative dans l’aide à l’accession à la propriété. La quotité financée par le PTZ dépend des revenus, oscillant entre 10 et 30 % du coût total de l’opération, ce qui permet d’adapter l’aide aux différentes situations financières des ménages. Le taux d’intérêt applicable est de 0 %, sans frais de dossier, rendant la solution particulièrement attractive. La durée de remboursement du prêt s’étale généralement sur 20 à 25 ans, et le différé de remboursement peut durer de 5 à 15 ans, selon les ressources du foyer.

Ce dispositif est également accessible sur tout le territoire français, incluant tous les zonages, sans restriction régionale, jusqu’au 31 décembre 2027. La présentation suivante synthétise ces modalités : le montant maximal financé, la quotité selon les revenus, la durée de remboursement, le différé, ainsi que l’étendue géographique et la période de validité, permettant une vision claire et précise pour ceux qui souhaitent en profiter.

Ce dispositif est basé sur les données de la Fédération française du bâtiment (FFB), qui assure de sa solidité et de sa pertinence actuelle.

Le cumul possible du PTZ avec d’autres aides financières

Il est envisageable de combiner le PTZ avec plusieurs autres prêts aidés afin d’optimiser encore davantage le financement de son projet immobilier. Parmi eux, on compte le prêt Action Logement, qui peut couvrir jusqu’à 30 000 € à un taux de 1 % pour les salariés du secteur privé. Certaines banques proposent également un doublement du montant du PTZ (pouvant aller jusqu’à 20 000 € à 0 %) ou d’autres prêts accordés à taux bonifiés pour les primo-accédants. Par ailleurs, en France entière, il existe un prêt à un taux de 1,99 % réservé aux primo-accédants, plafonné à 20 000 € pour soutenir les ménages dans leur projet immobilier.

Loïc Vandromme, directeur général d’Hexaom, souligne que la conjoncture actuelle, avec des taux d’emprunt encore élevés, rend le PTZ irremplaçable dans une stratégie d’achat. En combinaison avec ces autres prêts aidés, le PTZ permet de diminuer considérablement le coût total du financement et d’alléger le taux d’effort mensuel des emprunteurs. Il joue souvent un rôle décisif pour rendre un projet immobilier réalisable, notamment lorsque l’emprunt traditionnel seul ne suffit plus à couvrir le besoin.

Une dynamique favorable à la construction de nouvelles maisons

Un an après sa relance, le PTZ semble avoir confirmé son efficacité en relançant le marché des maisons neuves. En 2025, près de 67 800 maisons ont été vendues en France, ce qui représente une croissance de 33,3 % par rapport à l’année précédente, selon la Fédération française du bâtiment (FFB). Ces chiffres illustrent la capacité du PTZ à stimuler la production immobilière, notamment en déclenchant des projets qui, sans cette aide, n’auraient probablement pas vu le jour.

Loïc Vandromme confirme que le PTZ a permis de concrétiser de nombreux projets novateurs, surtout dans le contexte d’un marché encore fragile. Chez Hexaom, par exemple, la part des primo-accédants dans les projets en cours a progressé, atteignant 63,3 % en 2025, contre 54,7 % en 2024, soit une augmentation de 8,6 points en un an. Par ailleurs, la part des financements comprenant un PTZ a atteint 31 % après le 1er avril 2025, et même 34 % au début de 2026, témoignant de l’impact positif de cette mesure sur la relance du secteur.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.