Les municipalités françaises et leurs établissements intercommunaux ont, dans l’ensemble, opté pour la stabilité fiscale pour l’année 2026, selon les analyses du cabinet FSL, spécialisé dans la diffusion d’informations financières territoriales. Toutefois, il existe une tendance différente pour les villes dont la population se situe entre 40 000 et 100 000 habitants, qui ont, pour la plupart, procédé à une hausse de leur taux de taxe foncière. Ces augmentations varient en ampleur, certaines étant même importantes, mais elles restent limitées en nombre puisque seulement dix collectivités ont décidé d’élever leur niveau de fiscalité cette année.
Les grandes villes de plus de 100 000 résidents : une politique de stabilité fiscale privilégiée
Pour 2026, la quasi-totalité des métropoles dépassant le cap des cent mille habitants ont maintenu leur taux de taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB). La seule exception notable est Montpellier, qui a procédé à une augmentation notable de plus de 10 %, soit +10,7 %, en association avec son intercommunalité, laquelle elle a eux aussi augmenté de manière spectaculaire, de plus de 3373 %. Par ailleurs, certaines villes ont choisi de réduire leur fiscalité, comme Nice, qui a abaissé son taux de 11,2 %, avec une baisse plus importante de 13,3 % pour la taxe globale.
D’autres agglomérations comme Annecy, Besançon, Dijon, Grenoble, Lyon, Metz, Mulhouse, Nancy, Saint-Étienne, Strasbourg ou encore Villeurbanne, ont opté pour une stabilité en maintenant inchangés leurs taux de taxe foncière pour cette année. Parmi celles-ci, Grenoble se distingue en pratiquant le taux de taxe globale le plus élevé, à 67,08 %, en associant la taxe sur les propriétés bâties avec sa communauté urbaine.
Concernant la taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB), seuls quelques changements ont été recensés : Nice est la seule ville à avoir diminué son taux de 12,8 %, en association avec son intercommunalité. La ville de Montpellier détient, quant à elle, le taux le plus élevé pour la TFPNB, avec 118,40 %.
Les villes de 40 000 à 100 000 habitants : des augmentations parfois significatives
Les municipalités comptant entre 40 000 et 100 000 habitants ont davantage adopté une politique d’augmentation des taux, souvent supérieure à celle des grandes métropoles. Parmi elles, des villes telles qu’Aulnay-sous-Bois, Ajaccio, Fréjus ou Montrouge ont procédé à des hausses notables en cumul avec leurs intercommunalités. Par exemple, Aulnay-sous-Bois a enregistré une hausse de près de 30 %, soit +29,9 %, tandis qu’Ajaccio a augmenté son taux de 28,2 %. Fréjus et Montrouge ont aussi progressé avec des taux respectifs de +26,8 % et +25 %. D’autres communes comme Clamart, Drancy, Poitiers, Bastia, Les Abymes ou Saint-Pierre ont aussi vu leurs taux croître par rapport à l’année précédente, la dernière ayant connu une augmentation de 10,7 %, même si sa communauté urbaine a augmenté son taux de 112,6 %.
Certaines villes ont plutôt opté pour la stabilité : Alès a vu une hausse minime de 0,5 % tandis que Saint-Pierre a enregistré une baisse, également de 0,5 %. Sur le plan de la taxe sur les propriétés non bâties, Ajaccio, Fréjus, Poitiers et Alès ont toutes augmenté leurs taux, avec des pourcentages respectifs de 21,7 %, 23,3 %, 13,3 % et 0,5 %. En revanche, Thionville a réduit son taux de cette taxe de près de 3 %, avec une baisse de 2,9 %.
La revalorisation automatique des bases locatives : une augmentation implicite des taxes foncières
Lorsque les taux d’imposition sont gelés, cela ne signifie pas que la facture fiscale des propriétaires n’évolue pas. La plateforme orka.tax l’indique clairement : chaque année, en vertu de l’article 1518 bis du Code général des impôts, les valeurs locatives servant de base à la taxe foncière sont automatiquement revalorisées selon un coefficient lié à l’inflation. Pour 2026, cette revalorisation s’élèvera à 0,8 %, après une hausse de 7,1 % en 2023, de 3,9 % en 2024 et de 1,7 % en 2025. En conséquence, même si les taux d’imposition restent stagnants, la base imposable sera légèrement augmentée, ce qui entraînera inévitablement une hausse de la taxe foncière à l’échelle individuelle.
Ainsi, pour cette année, la valeur locative de chaque propriété sera majorée de 0,8 %, ce qui mécaniquement accroît la somme que devront payer les contribuables, sauf si des erreurs ou des opportunités de réclamation sont détectées. La progression automatique de ces bases constitue une revalorisation régulière que tous sont tenus d’accepter, même en l’absence de votes spécifiques pour davantage d’impôts.






