Vaccination contre la bronchiolite : qui doit en bénéficier chez les nourrissons et les femmes enceintes ?

Sophie Lambert

Lancement de la campagne de sensibilisation contre la bronchiolite

Le début de la campagne de prévention contre la bronchiolite a été officiellement lancé le lundi 14 septembre. Cette maladie, qui se transmet extrêmement facilement, est principalement provoquée par un virus appelé le virus respiratoire syncytial (VRS). La bronchiolite se caractérise par une infection touchant les voies respiratoires inférieures des tout-petits, et sa contagiosité en fait une maladie à surveiller de près durant la saison hivernale. La sensibilisation visée par cette campagne vise à informer les familles et à prévenir la propagation de cette infection chez les jeunes enfants.

Une maladie fréquente mais potentiellement grave

Chaque année, la bronchiolite affecte environ deux enfants sur trois âgés de moins de deux ans. Malgré sa fréquence, la maladie peut prendre des formes très sévères, même chez les nourrissons qui sont en pleine santé. Sa gravité ne doit pas être sous-estimée, car une infection par le VRS peut nécessiter une hospitalisation d’urgence, notamment chez les bébés dont le système immunitaire ou les poumons présentent des facteurs de risque. La sensibilisation à cette maladie est cruciale pour réduire ses complications et ses conséquences sur la santé infantile.

Les moyens de protection pour préserver les jeunes enfants

Plusieurs options existent pour assurer la sécurité sanitaire des nourrissons face à la bronchiolite. Parmi celles-ci, l’administration d’un anticorps monoclonal constitue une méthode efficace de prévention. Des médicaments comme le Nirsevimab (également connu sous le nom de Beyfortus), le Clesrovimab (Enflonsia) ou le Palivizumab (Synagis) ont été développés pour fournir une protection contre les formes sévères d’infections respiratoires dues au VRS. Généralement, ces injections doivent être faites avant la sortie de maternité pour les bébés nés durant la période de campagne, ou idéalement avant la saison épidémique pour ceux nés en dehors de cette période.

Quel protocole pour la prophylaxie infantile?

Le médicament Synagis, réservé principalement aux prématurés ou aux enfants présentant un risque élevé, est administré une fois par mois durant la période où le VRS circule activement. En ce qui concerne Beyfortus ou Enflonsia, une seule injection au début de la saison est généralement suffisante pour conférer une protection durable. Pour ceux qui restent vulnérables ou à risque de développer une forme grave, une nouvelle dose peut être proposée jusqu’à l’âge de 24 mois, afin de couvrir la deuxième saison épidémique du virus.

Impact des anticorps monoclonaux sur la réduction des hospitalisations

Ces traitements, Beyfortus et Enflonsia, ont montré leur efficacité en permettant de diminuer d’environ 80 % les hospitalisations liées à une infection à VRS. Leur action n’est pleinement efficace qu’après une semaine suivant l’injection, offrant ainsi une protection immédiate et notable aux jeunes enfants particulièrement exposés à cette maladie. Leur utilisation ciblée permet de réduire significativement la charge hospitalière et les complications graves chez les nourrissons vulnérables.

Vacciner la mère pour une protection du nouveau-né : le rôle du vaccin Abrysvo

Une autre stratégie de prévention consiste à vacciner la femme enceinte. Le vaccin Abrysvo, administré selon un schéma d’une seule dose, doit être délivré entre la 32e et la 36e semaine d’aménorrhée. Cette démarche permet à la mère de produire des anticorps qui seront transmis au bébé via le placenta, conférant ainsi une immunité passive. Il est crucial de patienter environ deux semaines après la vaccination avant l’accouchement afin d’assurer un transfert d’anticorps optimal. En cas d’accouchement prématuré ou si la naissance a lieu dans un délai plus court, l’administration d’un traitement par anticorps monoclonal est alors préférée.

Durée de la protection maternelle et recommandations

Les anticorps maternels, transmis à l’enfant par le sang, confèrent une protection contre les formes graves de la maladie durant environ les premiers six mois. Après cette période, leur concentration dans le corps de l’enfant diminue progressivement, ce qui explique pourquoi la majorité des risques liés à la forme sévère de la bronchiolite décroît significativement après cet âge. Selon l’Organisation mondiale de la santé, une étude internationale a révélé que le vaccin contre le VRS administré aux femmes enceintes permet de réduire de manière spectaculaire les cas graves nécessitant des soins médicaux, avec une baisse estimée à 82 % pour les formes sévères dans les trois premiers mois et de 70 % sur les six premiers mois. De plus, une réduction de plus de 55 % des hospitalisations liés au VRS a été observée durant cette période.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.