La légende de la Chouette d’or continue de nourrir les débats et les controverses. Gérard Simon, qui préside l’Association des chercheurs de la chouette d’or (A2CO), regroupant entre 200 et 300 passionnés, s’est présenté ce mardi devant le tribunal correctionnel de Strasbourg (Bas-Rhin) pour répondre d’accusations de diffamation. Il lui est reproché d’avoir publiquement douté de la légitimité de l’issue de cette chasse au trésor renommée, lancée en 1993 par Régis Hauser, connu sous le pseudonyme de Max Valentin. Ce dernier est décédé en 2009, et la localisation officielle de sa cachette a été annoncée le 3 octobre 2024, dans un village de la Moselle nommé Dabo.
Une opposition sceptique face à l’issue officielle de la chasse au trésor
Cet homme de 70 ans, ancien professeur de mathématiques, n’est pas convaincu par la version officielle. Selon lui, le lieu censé contenir la chouette aurait été « creusé des milliers de fois depuis 1993 ». Il a confié au tribunal que « les solutions proposées m’ont laissé sidéré ». L’homme soulève également des questions concernant l’identité du gagnant, qu’il qualifie d’« inconnu, étranger ». Pour lui, celui qui aurait remporté cette chasse au trésor mythique « devrait avoir envie de montrer sa victoire à tout le monde », plutôt que de rester dans l’anonymat.
Une dénonciation envoyée au mauvais moment
Ce qui lui est principalement reproché, c’est d’avoir publié sur le forum de son association une déclaration dans laquelle il annonçait avoir déposé une plainte pénale évoquant une « escroquerie en bande organisée ». Il aurait également déclaré que cette chasse constituait une « farce » et un « fiasco ». L’avocat de Michel Becker, l’organisateur de l’aventure, ainsi que celui de la SAS Les éditions de la chouette d’or, a dénoncé les conséquences dévastatrices de cette déclaration. Selon lui, la plainte a été déposée quelques jours avant la sortie d’un film en salles, dont le contenu révèle les solutions de l’énigme. Cette temporalité aurait été choisie « dans le but de nuire au maximum », selon l’avocat. Michel Becker, âgé de 76 ans, aurait depuis arrêté l’organisation d’une nouvelle chasse au trésor.
L’avocat, Me Lionel Vest, a indiqué que leur crédibilité était désormais fragilisée : « Dans l’esprit du public, il est perçu comme un escroc. » La société réclame ainsi 817 000 euros de dédommagement, tandis que son client, Michel Becker, qui souffrirait de « troubles du sommeil » et aurait des « crises d’angoisse », demande 300 000 euros. Il a souligné que cette plainte a été déposée à un moment critique, peu après la sortie du film qui révélait les solutions des énigmes.
Une défense fondée sur la liberté d’expression et la bonne foi
Face à l’interrogation du président du tribunal, qui lui a demandé s’il ressentait une forme de « frustration » après trente années de recherches infructueuses, Gérard Simon a répondu : « Alors, il y a vraiment beaucoup de mauvais perdants ! » Son avocat, Me Jean-Baptiste de Gubernatis, a défendu son client en affirmant que ses propos relevaient de la « bonne foi », étant donné qu’il relayait simplement la plainte « à titre informatif ». Il a également précisé que ses critiques relevaient de « l’opinion, du jugement de valeur » et n’étaient pas des actes de diffamation, demandant la relaxe.
Le prévenu lui-même semblait ne pas nourrir d’animosité particulière envers Michel Becker. À l’audience, il a même exhibé un exemplaire très usé du livre contenant les énigmes, dédicacé par l’organisateur lui-même. La décision du tribunal sera rendue le 15 septembre, date à laquelle il sera fixé sur le sort de cette affaire.






