Que signifie réellement le mot « résilience » en psychologie ?

Sophie Lambert

Comprendre la résilience : une notion issue de la physique à la psychologie

Le terme de résilience trouve ses origines dans le domaine de la physique des matériaux, où il désigne la capacité qu’a un matériau à retrouver sa forme initiale après avoir subi une contrainte ou un choc. Transposé dans le champ de la psychologie, ce concept a été réadapté pour décrire la faculté d’un individu à faire face, de manière positive, à des expériences difficiles telles qu’un traumatisme, une perte importante ou une période de stress prolongé. Les recherches menées par Ann Masten, notamment, professeur à l’Institute of Child Development de l’Université du Minnesota aux États-Unis, ont permis de mettre en évidence que la résilience n’est pas une caractéristique immuable. Elle représente plutôt un processus qui évolue dans le temps, dépendant des circonstances et des expériences vécues par chaque personne.

Une résilience qui ne signifie pas l’absence de ressentiment

Autrement dit, être résilient ne veut pas dire qu’une personne ne ressentira jamais de douleur ou de difficulté, ni qu’elle parviendra à rester constamment en paix face à toutes les épreuves. La véritable résilience suppose plutôt une période de vulnérabilité, souvent marquée par la détresse, le doute ou même une désorganisation temporaire. Après cette phase, il y a généralement une étape d’adaptation progressive, où la personne parvient à se repositionner face à la situation et à retrouver un certain équilibre. La résilience, en somme, implique un cheminement qui inclut des moments difficiles, mais qui débouche sur une reconstruction personnelle.

L’importance du contexte dans le processus de résilience

Par ailleurs, il est essentiel de comprendre que la capacité à rebondir dépend largement du contexte dans lequel une personne se trouve. La résilience ne repose pas uniquement sur les forces et qualités internes de l’individu, mais aussi sur divers facteurs extérieurs tels que le soutien social, la stabilité économique, la qualité des relations interpersonnelles, ou encore l’accès à des soins appropriés. Cela implique qu’on ne peut pas simplement décider d’être résilient, comme on pourrait le faire en activant une compétence. Toutefois, il est possible d’agir pour créer les conditions qui favorisent la résilience, en développant notamment un environnement aidant et favorable à la reconstruction.

Une compétence discrète et construite étape par étape

Alors, comment développer concrètement cette capacité de résilience ? Selon les travaux d’Ann Masten, il existe ce qu’elle nomme la « résilience ordinaire ». Contrairement à une aptitude exceptionnelle ou exceptionnelle, cette forme de résilience repose sur des éléments simples et accessibles à tous : entre autres, l’existence de liens sociaux solides, la capacité à demander de l’aide lorsque cela est nécessaire, un sentiment de continuité dans sa vie ou encore des stratégies d’adaptation qui évoluent et s’adaptent aux circonstances. La résilience ne se manifeste pas par des événements spectaculaires, mais plutôt par des phénomènes discrets qui s’inscrivent dans la durée et qui s’affinent au fil du temps.

Une réponse adaptable à diverses situations de vie

Ce processus de résilience se manifeste dans une grande variété de contextes : après avoir vécu un deuil difficile, une séparation, une maladie grave, la perte d’un emploi ou encore à la suite d’un événement traumatisant. Il est important de noter que cette capacité ne consiste pas à revenir indistinctement à l’état antérieur, comme si le temps s’était arrêté. Au contraire, chaque individu peut se reconstruire de manière différente, en adoptant de nouvelles priorités ou en modifiant leur perception de soi-même. La résilience offre ainsi une possibilité de reconstruction qui peut transformer le regard que l’on porte sur sa vie et ses expériences, pour une renaissance personnelle souvent enrichie et différente de ce qui était vécu auparavant.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.