Un projet français décroche un financement prestigieux pour la recherche sur le cancer
Un nouveau projet français dans le domaine de la lutte contre le cancer a récemment obtenu un appui financier important grâce à un programme international d’envergure. Ce financement provient d’un organisme de renom qui soutient la recherche innovante sur la maladie. La toute nouvelle bourse a été accordée à l’équipe ATLAS, une équipe de chercheurs issus de plusieurs pays, sous la direction du Dr Paul Bastard. Ce dernière travaille à l’unité d’immuno-hématologie rhumatologie pédiatriques à l’hôpital Necker-Enfants Malades, situé à Paris, qui fait partie de l’AP-HP (Assistance Publique – Hôpitaux de Paris). En plus de ses fonctions hospitalières, le Dr Bastard est également chercheur à l’Institut Imagine, un centre dédié à la recherche biomédicale. Cette distinction marque une étape importante pour la science française dans la perspective de mieux comprendre et lutter contre le cancer.
Les coulisses du financement international dans le domaine du cancer
Ce nouveau projet a été sélectionné dans le cadre du programme Cancer Grand Challenges, une initiative financée conjointement par plusieurs acteurs internationaux de la recherche. Parmi eux, figurent Cancer Research UK (CRUK) basé au Royaume-Uni et le National Cancer Institute (NCI) aux États-Unis. La collaboration a également reçu le soutien de l’Institut national du cancer (INCa), en France. Ce type de programme peut attribuer des subventions financières très importantes, pouvant atteindre jusqu’à 25 millions de dollars. Un tel montant permet aux équipes lauréates de se consacrer pleinement à leur recherche en leur offrant une liberté financière quasi totale, évitant ainsi de trop dépendre des contraintes budgétaires habituelles.
Objectifs ambitieux : comprendre la résistance naturelle au cancer
Le projet ATLAS vise à répondre à une question fondamentale : pourquoi certaines personnes, malgré une forte exposition à des facteurs de risque, ne développent-elles jamais un cancer ? L’objectif principal est d’identifier les mécanismes naturels de protection qui empêchent la maladie de se manifester chez ces individus. Pour cela, l’équipe étudie en particulier des individus à haut risque qui, étonnamment, restent indemnes de toute forme de cancer. Les chercheurs s’intéressent à différentes cohortes, comprenant notamment des centenaires, des personnes qui ont été fortement exposées à des risques sans en être atteintes, ainsi que des jumeaux où l’un d’eux a développé un cancer tandis que l’autre ne l’a pas fait. Ces études visent à révéler les processus biologiques favorisant cette résistance exceptionnelle, afin de mieux comprendre comment l’organisme peut naturellement se défendre contre cette maladie.
Exploiter la capacité innée de l’organisme à lutter contre le cancer
Une piste majeure sur laquelle s’appuie le projet est celle des auto-anticorps. Ce sont des anticorps qui, au lieu de défendre contre des agents infectieux, ciblent l’intérieur même de notre corps. Leur rôle dans la modulation de la réponse immunitaire, capable d’augmenter ou de freiner la croissance des tumeurs, constitue une voie de recherche très prometteuse. Certains membres de l’équipe ATLAS, notamment les professeurs Paul Bastard et Jean-Laurent Casanova, ont déjà montré que les auto-anticorps pouvaient jouer un rôle dans la gravité de maladies comme la COVID-19. Ces résultats encouragent à explorer davantage la possibilité que ces auto-anticorps participent également à la résistance vis-à-vis du cancer.
Une collaboration multidisciplinaire pour explorer la réponse immunitaire
Ce nouveau programme en oncologie s’inscrit dans un cadre de collaboration étroite entre cliniciens, chercheurs et représentants de patients. Huit institutions réparties dans six pays prennent part à cette initiative, rassemblant des expertises très diverses, allant de l’immunologie à la recherche multi-omique, en passant par la pédiatrie, l’étude du vieillissement, la prévention des maladies et l’analyse des liens entre infections et cancers. Selon le communiqué de l’hôpital Necker-Enfants Malades, l’objectif n’est pas de découvrir les causes primaires des cancers, mais plutôt d’utiliser les connaissances sur la réponse naturelle de l’organisme pour prévenir leur apparition ou mieux les combattre. En somme, il s’agit d’un mouvement pour exploiter la puissance du système immunitaire dans la lutte contre cette maladie grave.
Rechercher les auto-anticorps capables de conférer une résistance au cancer
L’un des axes clés de cette recherche consiste à identifier les auto-anticorps qui pourraient expliquer la résistance naturelle au cancer chez certaines personnes. La théorie de départ est que le système immunitaire, même s’il ne parvient pas toujours à éliminer complètement les cellules cancéreuses, sait souvent les repérer. Il conserve en mémoire une réponse immunitaire, qu’elle soit efficace ou non, via les anticorps présents dans le sang. La recherche vise donc à repérer ces auto-anticorps prometteurs pouvant contribuer à la prévention de la maladie. Ces travaux pourraient ouvrir de nouvelles voies pour comprendre les mécanismes de défense naturels du corps contre le cancer.
Vers de nouvelles perspectives pour la prévention et le traitement du cancer
Les chercheurs espèrent que les résultats issus de cette étude pourront transformer la manière dont la surveillance immunitaire est perçue dans le contexte de la formation des tumeurs. La découverte d’antigènes tumoraux encore inconnus et la compréhension des erreurs immunitaires liées aux auto-anticorps pourraient permettre la mise en place de nouvelles stratégies thérapeutiques. À terme, cette recherche vise à développer de nouveaux biomarqueurs pour diagnostiquer plus précocement les cancers, mais aussi à concevoir des interventions qui pourraient renforcer la résistance naturelle de l’organisme, avec pour ambition d’élaborer des traitements plus ciblés et efficaces.
—
Ce travail de recherche ambitieux pourrait ainsi ouvrir une nouvelle voie dans la lutte contre le cancer, en transformant la façon dont la médecine aborde la prévention, le diagnostic et le traitement de cette maladie complexe.






Automobile
Comment recharger sa voiture électrique si l’on n’a pas de parking privé ?