Cet été, un nouveau décret a été mis en vigueur concernant la gestion des locations immobilières, modifiant le délai de régularisation en cas de loyers impayés. Désormais, le délai pour régulariser une situation d’impayé a été réduit, passant de deux mois à seulement six semaines.
Ce décret impose également l’obligation d’insérer dans les contrats de location signés à partir du 1er octobre une clause résolutoire mentionnant explicitement ce nouveau délai de six semaines, afin de clarifier la procédure applicable en cas de loyers impayés.
Une étude récente met en lumière l’évolution récente du phénomène des loyers impayés, en analysant notamment l’augmentation des soldes dus, ainsi que les régions où ces situations se multiplient le plus.
Une stabilité globalisée dans le volume d’impayés
Selon une étude menée par la plateforme de gestion locative Monsieur Hugo, environ 3% des loyers prélevés au cours du mois de juillet n’ont pas été réglés, un chiffre très proche de celui du mois de juin, qui était de 3,1%. Depuis le début de l’année, cette proportion a connu une légère augmentation, puisqu’elle n’avait pas dépassé les 3% auparavant.
Selon cette plateforme, cette tendance à la stabilité dans les impayés s’explique en partie par la montée récente de l’inflation, après une période de ralentissement, ainsi que par la saison estivale, durant laquelle de nombreux déménagements ont lieu. Ces déménagements peuvent entraîner une accumulation de loyers dus, difficiles à solder en raison des contraintes financières des locataires.
Zones où la fréquence des impayés est particulièrement élevée
L’étude souligne que certains territoires sont plus affectés que d’autres. En particulier, trois régions présentent une situation plus critique : les Hauts-de-France, le Grand Est et l’Île-de-France. Dans ces régions, environ 17,9% des prélèvements effectués via la plateforme montrent des incidents de paiement.
Dans le cas des Hauts-de-France, cette situation difficile trouve sans doute sa source dans le taux de pauvreté élevé, qui touche 19% de la population et 37% des locataires. Cette précarité rend souvent le paiement du loyer difficile, exacerbant le nombre d’impayés dans cette région.
Diminution significative du montant des impayés
Ce qui est encore plus notable, c’est la baisse du montant moyen des loyers impayés en juillet. En seulement un mois, cette moyenne a reculé de 149 €, passant ainsi de 786 € en juin à 637 € en juillet, atteignant son point le plus bas depuis décembre 2025.
Depuis presque huit mois, on pensait identifier une zone de fragilité autour d’un seuil de 750 à 800 € — une somme correspondant à un loyer représentant plus d’un tiers des revenus d’un ménage. Cependant, les données de juillet indiquent une nouvelle réalité : un second foyer de risque, beaucoup plus modeste, se situe autour de 600 €, notamment dans des petites surfaces meublées en région.
Les profils des locataires concernés ne sont pas toujours les mêmes, pas plus que le mécanisme menant à l’impayé. Dans l’un, le taux d’effort est démesuré, tandis que dans l’autre, il n’y a tout simplement pas de marges de manœuvre financières, comme l’explique Bruno Cantegrel, fondateur de la plateforme Monsieur Hugo. Ces chiffres mettent en évidence la vulnérabilité de certains locataires ainsi que les risques encourus par les propriétaires, même ceux qui louent de petites surfaces.






