Les élections présidentielles de 2027 pourraient influencer les projets immobiliers locatifs

Sophie Lambert

Ce phénomène est souvent observé et tend à se répéter régulièrement : lorsque se rapprochent les échéances électorales, nombreux sont les investisseurs en devenir qui prennent la décision de suspendre ou de repousser leurs projets d’acquisition. La crainte d’une incertitude liée aux résultats du scrutin, ainsi que la possibilité de réformes futures, pousse ces futurs acheteurs à temporiser. Cette attitude prudentielle résulte d’une réelle inquiétude face à l’évolution du contexte politique et économique, qui pourrait engendrer des changements impactant leur investissement ou leur stratégie financière.

Une récente étude menée par le site d’investissements immobiliers Maslow.immo met en évidence cette tendance à l’hésitation qui s’installe à l’approche de l’élection : 21 % des Français interrogés envisagent de reporter leur projet immobilier après le scrutin présidentiel, préférant attendre des meilleures conditions. Ce report montre leur prudence face à la possible instabilité ou aux changements réglementaires à venir.

Inversement, un petit pourcentage de 12 % des personnes interrogées préfèrent avancer leur projet de manière à concrétiser leurs investissements avant que les nouvelles politiques ou réglementations ne soient appliquées. La confiance en l’avenir étant un facteur clé dans le domaine immobilier, ils estiment qu’investir implique de croire à une stabilité économique future. Par ailleurs, 34 % des sondés estiment que leur confiance dépend de la situation économique générale, tandis que 26 % indiquent que la fiscalité immobilière influence également leur décision.

Les préoccupations des Français face aux impayés

Les incertitudes entourant la présidentielle accentuent la complexité du secteur de l’investissement locatif. Selon l’étude de Maslow.immo, plus de la moitié des Français, à savoir 56 %, considèrent que l’investissement immobilier est peu ou pas du tout accessible aux classes moyennes, ce qui souligne leur méfiance face à ce type d’investissement dans un contexte instable.

Par ailleurs, l’étude révèle que la perception des risques liés à la locativité a considérablement évolué, devenant un critère majeur dans la décision d’investir ou non. En effet, 40 % des personnes interrogées expriment leur crainte d’impayés ou de situations de squatt, ce qui représente une augmentation notable des préoccupations sécuritaires associées à l’immobilier locatif.

Les facteurs économiques jouent aussi un rôle non négligeable dans cette hésitation : 39 % des investisseurs potentiels citent le coût des biens immobiliers comme un obstacle, tandis que 34 % mentionnent les taux d’intérêt faibles ou élevés, 27 % évoquent les charges et taxes foncières, et 25 % déplorent le manque d’apport personnel. L’étude indique également que la majorité des futurs acheteurs, soit 64 %, envisagent d’investir avec un budget inférieur à 150 000 €, accentuant ainsi la prudence face à la fluctuation du marché.

Les attentes des Français pour la présidentielle

Les citoyens formulent plusieurs attentes envers les candidats à la présidence, notamment 23 % qui souhaitent une meilleure protection contre les impayés et les squats. Par ailleurs, 22 % désirent une baisse des prix des biens immobiliers, tandis que 17 % privilégient une diminution des taux d’emprunt pour encourager l’accès à la propriété. Ces souhaits reflètent la volonté de remédier aux incertitudes économiques et sécuritaires qui pèsent sur le secteur immobilier et d’instaurer un climat plus favorable aux investissements.

Malgré ces doutes et ces appréhensions, l’immobilier continue d’être considéré comme une valeur refuge, capable de constituer une sécurité financière pour l’avenir. Il représente notamment une source de revenus potentiels pour la retraite ou pour lutter contre l’inflation. Selon une moitié des sondés, cette forme d’investissement est attirante, et pour 11 %, elle apparaît même comme « très attractive ».

De plus, une proportion d’un cinquième des Français envisage de se lancer dans un projet d’investissement locatif dans l’année à venir, ce qui témoigne d’une volonté persistante à placer leur capital dans l’immobilier. Par ailleurs, 68 % d’entre eux considèrent que les propriétaires privés jouent un rôle essentiel sur le marché locatif, confirmant leur perception selon laquelle ce secteur demeure un levier important pour l’offre de logements.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.