Vivre en paix avec sa solitude à l’âge avancé
À 63 ans, Sandrine évoque avec sincérité la difficulté qu’elle ressent face au processus de vieillissement, surtout lorsqu’il est accompagné de problèmes de santé. Pourtant, une chose n’a jamais été une source d’angoisse pour elle : le sentiment d’être seule. La retraitée préfère largement sa propre compagnie et ne voit pas cette solitude comme quelque chose de triste. Au contraire, elle trouve dans ces moments de calme intérieur une véritable source de renouveau, une opportunité de se recentrer sur elle-même. Depuis ses départs à la retraite, qu’elle a prise en décembre 2025, elle savoure le plaisir d’être indépendante, appréciant les bienfaits de cette autonomie affective.
Souvenirs d’une vie de mobilité et de rencontres
Avant de couper ses activités professionnelles, Sandrine occupait le poste de déléguée médicale. Elle partage ses souvenirs avec une pointe de nostalgie, évoquant ses années passées à voyager à travers la région Occitanie dans sa voiture, un compagnon fidèle de ses aventures professionnelles. Elle racontait que sa voiture représentait pour elle bien plus qu’un moyen de transport : c’était son repère, son bureau, son refuge où elle pouvait écouter de la musique et profiter de ses temps morts. Même si elle aimait sa carrière, elle ressentait déjà un désir profond de changement, d’autres activités à explorer. La retraite a ainsi été pour elle une étape naturelle, attendue, afin de s’éloigner de la fatigue accumulée et d’avoir plus de temps pour elle.
L’importance des échanges et de la vie sociale
Aujourd’hui, celle qui a étudié la littérature, avant d’évoluer dans l’industrie pharmaceutique, consacre une grande partie de ses journées à la lecture. Elle dévore des centaines de livres en tous genres, passant de longues heures à la médiathèque pour découvrir de nouveaux auteurs et enrichir ses connaissances. Elle y noue aussi des liens avec le personnel et d’autres visiteurs, appréciant ces échanges riches et sincères. Pour Sandrine, dialoguer avec autrui est essentiel, c’est une manière de ne pas sombrer dans la solitude pesante : « C’est primordial de pouvoir discuter, sans cela la vie paraît bien plus triste. »
Une vie entourée et rythmée par des amitiés
Grâce à ses visites régulières à la médiathèque, mais également par ses contacts avec ses anciens collègues ou son voisinage, elle maintient une vie sociale active. Dès le matin, ouvrir les volets et saluer ses voisins, partager un café ou s’aider mutuellement apporte une sensation de convivialité et de sécurité. Dans sa demeure située à la campagne, Sandrine ne se sent pas isolée ; elle vit entourée de ses douze chats, qu’elle considère comme sa famille. Elle leur consacre toutes ses attentions, en leur achetant de bonnes nourritures et en leur témoignant beaucoup d’affection.
Garder le moral et lutter contre l’isolement
Pour maintenir son esprit positif, Sandrine a adopté un mantra simple : rire chaque jour. Elle regarde des sketchs humoristiques sur YouTube, et s’efforce de rester joyeuse autant que possible. Elle souhaite continuer à profiter de la vie sans se laisser gagner par la tristesse qui guette certains seniors. En effet, selon un baromètre réalisé par l’association Les Petits Frères des Pauvres, environ 750 000 personnes vivent une forme de « mort sociale », terme désignant l’isolement profond. Les plus de 80 ans, ainsi que ceux aux ressources plus précaires, sont particulièrement vulnérables à cette solitude pesante, soulignent les experts.
La solitude, un défi à relever en vieillissant
Malgré tout, Sandrine reste persuadée qu’il est encore possible de vivre de belles choses en avançant en âge. Cependant, elle admet aussi que ses préoccupations principales concernent sa santé. La perte de plusieurs membres de sa famille ces dernières années l’a également fragilisée — une expérience difficile à surmonter. Elle souhaite continuer à vivre dans sa maison, persuadée que cet endroit lui offre la paix et la stabilité qu’elle recherche. Elle espère que les autorités à venir sauront valoriser ce mode de vie, plutôt que de pousser vers des structures collectives comme les maisons de retraite, qu’elle souhaite éviter à tout prix. Même si elle reste ouverte à toutes options, elle affirme que seuls les imbéciles refusent d’évoluer et de changer d’avis face à de nouvelles solutions.
Un regard lucide et positif sur le vieillissement
Sandrine termine en soulignant que, malgré tout, elle voit la vieillesse comme une étape de la vie où il est encore possible d’apprécier de belles choses. Elle garde un regard positif sur l’avenir, tout en étant consciente des difficultés que cela peut comporter, notamment face à la santé et à la perte. Sa philosophie repose sur l’amour de la simplicité, la convivialité et la nécessité de rester connecté aux autres, même si la solitude n’est pas pour elle une ennemie.
(Le prénom a été modifié pour préserver l’anonymat de la personne évoquée.)






