Une exploration de la destinée de Léon Mangeney lors du Café philo du Sundgau
Le lundi 18 mai, le Café philo du Sundgau, qui se tient à Spechbach-le-Bas, portera son attention sur la vie et l’œuvre de Léon Mangeney, un médecin mulhousien dont l’engagement dans le domaine médical et la résistance pendant la Seconde Guerre mondiale ont laissé une empreinte notable. C’est son propre fils, Daniel Mangeney, qui sera chargé de retracer le parcours exceptionnel de son père. Lors de cette rencontre, il évoquera également les sujets qui ont transcendé la vie de Léon Mangeney, notamment les avancées en transfusion sanguine, l’émergence des antibiotiques ou encore la prise en charge des maladies psychosomatiques. La présentation sera donc l’occasion d’un regard intérieur sur un homme qui a su conjuguer sa passion pour la médecine avec une forte implication dans la lutte contre l’occupant nazi.
Le lundi 18 mai, le Café philo du Sundgau, un rendez-vous mensuel à Spechbach-le-Bas, s’articulera autour de la vie de Léon Mangeney (1908-1965), un médecin engagé de Mulhouse. La parole sera donnée à son fils, Daniel Mangeney, pour qu’il détaille le parcours de son père ainsi que les thèmes qui lui tenaient à cœur, comme la transfusion sanguine, l’introduction des antibiotiques ou encore la façon dont il abordait la médecine psychosomatique.
Les prémices d’un médecin dévoué et ses années d’études
Après avoir brillé durant ses études médicales à la faculté de Strasbourg, Léon Mangeney prit rapidement ses fonctions dans les établissements de santé civils de Mulhouse, dès novembre 1938. La guerre allait marquer un tournant important dans sa carrière et dans sa vie. Au début, il portait l’uniforme français dans les hôpitaux, mais ses qualités ne tardèrent pas à se faire remarquer. Ayant suivi une formation en école d’officiers de réserve, il fut mobilisé pour assurer le service de santé des armées, où il obtint le grade de lieutenant. Son engagement militaire fut interrompu lorsqu’il fut capturé par l’ennemi allemand, avant d’être libéré et renvoyé en Alsace, précisément le 10 juillet 1940.
Une résistance discrète dans la blancheur de la blouse
Reconnu pour son courage, notamment par la Croix de guerre qu’il reçut, Léon Mangeney reprit ses fonctions à l’hôpital de Mulhouse. Mais en plus de ses activités hospitalières, il prit part à la résistance contre l’occupant nazi, dissimulant ses actions derrière l’uniforme de praticien. En inventant de fausses maladies et en dispensant des soins fictifs ou simulés, il a permis à de nombreux jeunes Alsaciens d’échapper à la conscription forcée. Son courage et sa détermination ont ainsi contribué à sauver plusieurs vies, tout en s’opposant clandestinement aux forces d’occupation. Cette implication dans la résistance lui valut une reconnaissance officielle pour son engagement audacieux et désintéressé.

Daniel Mangeney, le quatrième enfant de Léon Mangeney, lui aussi médecin. Photo archives Hélène Poizat
Carrière après la guerre et ses innovations médicales
Une fois la paix rétablie, Léon Mangeney opta pour la spécialisation en médecine interne, en hématologie ainsi qu’en phtisiologie. En 1956, il fut nommé chef de service du centre hospitalier de Mulhouse, où il créa entre autres un service de réanimation médicale, un service d’endoscopie digestive, ainsi qu’un service dédié à la phtisiologie. En plus de ses activités hospitalières, il exerça comme médecin légiste, fut assigné au centre antituberculeux d’Altkirch, et assuma des fonctions de chargé de cours à l’école d’infirmières de la rue Thénard. Son sens de l’innovation lui permit également de diriger le centre de transfusion sanguine, dont il fut à l’origine de la mise en place d’une banque du sang. Son œuvre se distingua également par sa capacité à suivre les avancées thérapeutiques majeures, notamment l’arrivée de la pénicilline et des médicaments antituberculeux dans les années 1950. Très tôt, il sensibilisa également à l’impact négatif du cholestérol sur la santé cardiovasculaire. Léon Mangeney mourut prématurément le 7 mai 1965 des suites d’un accident de voiture. Son héritage est reconnu dans plusieurs lieux : deux rues, à Mulhouse et Huningue, ainsi qu’une cité à Saint-Louis, portent aujourd’hui son nom.
Une vie dédiée à la médecine et à la société
Après sa disparition, Léon Mangeney a laissé un héritage durable à la communauté médicale et à la société locale. Sa capacité à évoluer avec les progrès scientifiques, tout en restant fidèle à ses valeurs d’engagement et de service, illustre la vie d’un médecin profondément dévoué. Son action durant la Seconde Guerre mondiale, en particulier son rôle dans la résistance, complète la figure d’un homme qui, par son militantisme discret, a su conjuguer devoir professionnel et conscience citoyenne. Son nom continue d’inciter à la réflexion lors du prochain Rendez-vous du Café philo, prévu pour le lundi 18 mai au café-restaurant Au Bon Accueil, à Spechbach-le-Bas, à partir de 20 heures. La soirée, gratuite, se tiendra dans un cadre convivial où le grand parking de l’église, accessible à une cinquantaine de mètres, facilitera l’accès aux participants.
Ce rassemblement mensuel, qui se tient généralement le troisième lundi du mois, à l’exception de janvier, juillet et août, offre chaque fois une occasion unique de s’interroger sur des figures majeures telles que Léon Mangeney, et de partager une réflexion sur la médecine, l’engagement et l’histoire locale.






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