La paire Wemby-Gobert : un facteur clé pour les Bleus en basket, on en rêve tous

Sophie Lambert

La France en route vers la qualification mondiale : un regard sur l’évolution de la composition et des automatismes

Les équipes françaises de basketball font un pas décisif vers la qualification pour la Coupe du Monde 2027, qui se tiendra au Qatar du 27 août au 12 septembre. Lors de leur passage à Stockholm, en Suède, elles profitent de cette opportunité pour renforcer leurs combinaisons tactiques, en particulier la coordination entre les joueurs évoluant en NBA, qui ont peu d’occasions de jouer ensemble en dehors de ces rassemblements. La confrontation dans la capitale suédoise représente une étape cruciale pour l’intégration des automatismes et la mise en place de stratégies communes, notamment entre les deux vedettes françaises de la ligue américaine.

Confrontation limitée mais stratégique

Face à ces constantes contraintes de calendrier, les moments pour expérimenter et développer la cohésion restent rares. Le sélectionneur, Frédéric Fauthoux, dispose exceptionnellement de ses deux figures emblématiques, Wembanyama et Gobert, lors des quatre matchs disputés en août. Deux rencontres amicales contre la Serbie, un succès contre la Slovénie à Bercy, ainsi que le match contre la Suède, ont permis pour la première fois de voir ces deux géants évoluer côte à côte lors d’un même match. Désormais absents en 2025 et avec Wembanyama qui a exclus la sélection en juillet, c’est la dernière occasion d’affiner cette collaboration avant la préparation de la Coupe du Monde prévue l’été prochain.

Une alliance unique sous haute tension

Une expérience inédite en équipement national

Le temps étant compté, la priorité est donnée à l’expérimentation de l’association entre le prodige français, Victor Wembanyama (2,24 m), considéré comme le meilleur défenseur de la NBA la saison dernière, et Rudy Gobert (2,16 m), un quadruple lauréat du titre de meilleur défenseur. C’est cette union qui retient l’attention, car elle pourrait offrir une arme défensive redoutable pour la sélection. Leur présence simultanée, même pour quelques minutes lors du dernier match en Slovénie, a permis de tester leur complémentarité, qu’ils soient portés par une synergie naturelle ou par des consignes tactiques particulières.

>L’initiative d’une stratégie sur le long terme

L’idée initiale, imaginée par Vincent Collet pour les Jeux Olympiques de 2024, consistait à faire jouer ces deux défenseurs ensemble pour renforcer la raquette, mais ce schéma avait été abandonné dès la phase de poules, faute d’efficacité. Frédéric Fauthoux, qui a succédé à Collet, voit cette configuration comme une « arme de dissuasion » à utiliser avec précaution. La philosophie repose sur une défense efficace, en occupant la zone intérieure pour rendre la tâche de l’adversaire difficile, notamment en mettant une pression constante sur les joueurs extérieurs, ce qui peut déstabiliser toute l’organisation offensive adverse.

Une défense basée sur la pression et la complémentarité

Selon l’expérimenté Frédéric Weis, ancien pivot de l’équipe nationale, « nos extérieurs ont la capacité à bien défendre sur le ballon », ce qui donne à cette stratégie une certaine cohérence. Cependant, l’utilisation de cette alliance défensive « ne doit pas être systématique, mais plutôt comme un coup tactique » face à des adversaires dont le secteur intérieur est moins développé. Ainsi, la interaction entre ces deux grands s’inscrit dans un plan précis, destiné à renforcer la densité défensive sans pour autant négliger l’équilibre en attaque.

>Une organisation offensive encore perfectible

Sur le plan offensif, Victor Wembanyama et Rudy Gobert ont tendance à privilégier la zone, ce qui peut parfois conduire à une certaine confusion ou à une surplombée dans l’espace proche du panier. Frédéric Weis souligne que cette proximité peut parfois aboutir à des chevauchements, empêchant une exploitation optimale des capacités offensives de chacun. En effet, Victor, dont l’efficacité statistique est maximisée en restant éloigné du cercle, se retrouve fréquemment à se marcher sur les pieds avec Gobert, ce qui limite la fluidité des rotations.

>Une nécessité d’harmonie entre les joueurs et la tactique

Malgré ces défis, Fauthoux insiste sur l’importance de la collaboration autour de ces deux figures. Selon lui, ce qui fait la véritable valeur de cette association, ce n’est pas uniquement leur complémentarité défensive, mais aussi leur capacité à libérer des espaces pour leurs équipiers extérieurs. La clé réside dans une connexion fluide entre ces deux piliers et le reste de l’équipe, afin de maximiser leur impact global sur le terrain. Le sélectionneur, d’ailleurs, rappelle qu’il ne faut pas attendre que ces deux joueurs marquent tous les deux 20 points par match ; leur contribution doit avant tout permettre une cohésion collective, prenant le temps de se construire.

Conclusion : une évolution progressive pour la sélection nationale

En somme, la mise en place de cette double alliance défensive symbolise une étape importante dans la préparation des Bleus pour les compétitions internationales à venir. La stratégie, bien que encore expérimentale, s’inscrit dans une vision à long terme, visant à faire coexister talent individuel et organisation collective. Tout en étant conscient des limites tactiques et des ajustements nécessaires, le staff souhaite voir cette alliance évoluer, dans l’espoir qu’elle devienne une arme redoutable en compétition officielle. La patience, le temps et une harmonie tactique seront les maîtres-mots pour transformer cette idée en une force durable pour l’équipe de France.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.