Eva Lorenz souhaite faire découvrir l’Hexatrek à Schweigen-Rechtenbach et Wissembourg

Sophie Lambert

Une passion inattendue : le destin exceptionnel d’Eva Lorenz

Ce qui aurait pu sembler improbable a fini par devenir une réalité inattendue pour Eva Lorenz. Résidant à Schweigen-Rechtenbach depuis plus de quatorze ans, après un séjour à Seebach et une expérience en tant que guide pour les visites du Fort de Schoenenbourg, elle s’apprête à endosser, en 2024, le rôle d’Hexatrek trail angel, ou “ange du sentier Hexatrek”. Très étonnant, lorsqu’on connaît ses préférences : Eva privilégie habituellement les marches sur terrain plat et se dit même plus attirée par la mer que par la montagne. Pourtant, son parcours a pris une tournure complètement différente, guidée par des rencontres et une passion naissante pour cette aventure hors du commun. Ce changement de cap surprend, mais illustre aussi la capacité à suivre des chemins inattendus, motivée par la curiosité et l’envie de partager.»

Les rencontres humaines : un enrichissement précieux

Ce n’est que par hasard, lors d’une réservation Airbnb d’une de ses hôtes, qu’Eva Lorenz a découvert l’existence du sentier de randonnée créé en 2022 par Kevin Ginisty. Originaire de Haute-Savoie, ce parcours s’appuie sur des sentiers balisés, conçus pour favoriser la marche à pied. Depuis cette rencontre fortuite, la bénévole s’est engagée dans la communauté Hexatrek. Elle accueille sans frais ceux et celles qui parcourent le sentier, en leur proposant de dormir dans sa chambre d’amis ou même de planter la tente dans son jardin. Elle aime discuter avec eux autour d’un verre, partageant ainsi bien plus que de simples échanges. »

Une expérience humaine touchante

« L’an dernier, pour la toute première fois, j’ai reçu un message d’une Américaine de 25 ans qui souhaitait que je l’accompagne de la gare de Wissembourg jusqu’au début du chemin, situé derrière l’atelier B de Bernard Douay, identifié par une boîte aux lettres contenant le livre d’or de l’Hexatrek. Au départ, je me suis demandé : “Elle va marcher 3 000 km, et m’appelle pour 2 km, entre la gare et le point de départ ?” », raconte Eva Lorenz. Depuis, elle a régulièrement effectué la navette pour accompagner d’autres marcheurs. La voyageuse avait déjà traversé le PCT en Amérique, mais c’était sa première expérience de départ depuis les États-Unis. Elle avait pleuré dans le train, émue par l’aventure qui s’annonçait. Eva, alors, l’a embrassée chaleureusement, lui permettant de partir avec un poids en moins, plus légère dans sa démarche. »

Une vidéo pour saisir l’instant

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Un engagement pour encourager d’autres passionnés

Les motivations derrière chaque marcheur sont variées. Certains viennent pour relever un défi personnel, d’autres pour vivre une expérience proche de chez eux ou pour explorer la liberté à chaque étape. Eva Lorenz, de son côté, rassemble ces rencontres dans un carnet illustré de photos et de petits mots. Elle témoigne : « Ce sont des personnes souriantes, conscientes de l’enjeu climatique, qui partagent leur joie et leur émotion avant de se lancer. Parfois, la peur se fait sentir, et j’essaie d’apaiser ces petites inquiétudes. »

Une multitude de rencontres enrichissantes

Passionnée par les gens qu’elle croise, Eva Lorenz a accompagné près de 100 voyageurs venant de 14 pays différents, en 2025. Parmi eux, un couple belge parti avec ses quatre enfants, dont le plus jeune, âgé de seulement 8 mois, a fait ses premiers pas durant le voyage. Eva aime accueillir ces rencontres, considérant que cela va bien au-delà d’une simple organisation. Elle explique : « Je prends plaisir à recevoir les gens. Ce qui rend cela encore plus merveilleux, c’est qu’ils viennent pour l’Hexatrek. Mais, en réalité, cela apporte tellement plus. J’ai appris à accepter les petits cadeaux qu’ils me donnent, car un participant m’a dit une fois que je ne pouvais pas leur gâcher leur joie de donner. »

Une reconnaissance inattendue, source d’élan

En partageant régulièrement l’état d’avancement de l’Hexatrek sur Facebook, Eva a été surprise par un message de remerciement d’un restaurant créole à Wingen ou d’une auberge dans les Alpes, prêts à accueillir ces voyageurs. « La portée de tout cela dépasse mes espérances. C’est incroyable », confie-t-elle, avec un sourire. Elle aimerait voir d’autres habitants s’impliquer eux aussi dans cette aventure humaine, pour continuer à faire rayonner cette expérience de partage et de solidarité. »

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.