Le spécialiste britannique de la psychologie des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle
Le Dr Aaron Balick, thérapeute et auteur britannique, est reconnu pour ses travaux dans le domaine de la psychologie appliquée aux nouvelles technologies. Il a notamment publié un ouvrage intitulé La psychodynamique des réseaux sociaux, dans lequel il explore les interactions humaines à l’ère numérique. Son expertise porte particulièrement sur la manière dont l’intelligence artificielle influence nos comportements et nos émotions, ce qui en fait une référence dans ce secteur en pleine expansion.
Une approche psychologique reliant enfance et amour pour l’IA
Pour expliquer comment un individu peut développer un amour envers une intelligence artificielle, le Dr Balick remonte à ses souvenirs d’enfance, en évoquant notamment nos relations avec des objets transitionnels — ces peluches ou jouets ayant une importance affective particulière. Il insiste sur le fait que ces objets, bien que n’étant pas capables de ressentir ou de répondre à l’amour, jouent un rôle rassurant pour l’enfant, lui permettant de se consoler en l’absence de ses proches. Les sentiments qu’un enfant peut éprouver pour ces objets sont réels, même s’ils ne sont pas réciproques, et cela reste une étape fondamentale dans le développement émotionnel.
« L’illusion de sentiment chez l’IA »
Devenu adulte, l’individu conserve cette capacité à projeter des émotions sur des entités qui, en réalité, n’ont pas d’état intérieur ou de conscience. Le Dr Balick souligne que ce phénomène perdure sous une certaine forme, notamment dans notre relation avec les célébrités ou personnages fictifs issus de films ou de séries télévisées, avec lesquels nous entretenons ce que l’on désigne comme des relations parasociales. En ce qui concerne l’intelligence artificielle, il précise qu’elle simule des interactions émotionnelles sans véritablement ressentir quelque chose. Elle joue simplement un rôle de miroir, donnant l’impression de répondre à nos sentiments. Notre esprit, cependant, peut dépasser cette conception rationnelle et s’attacher à ces entités numériques, surtout lorsque leur comportement est conçu pour flatté notre besoin d’affection ou de reconnaissance. Par exemple, contrairement à une peluche ou à un jouet, une IA peut exprimer verbalement qu’elle nous aime, ce qui peut renforcer notre sentiment d’attachement, même si, en réalité, elle n’éprouve rien.
Profils vulnérables face à l’attraction pour l’intelligence artificielle
Le chercheur s’interroge sur les profils d’individus plus exposés à ces formes de dépendance affective. Selon lui, les personnes isolées ou ayant du mal à créer des liens sociaux lineaires sont particulièrement concernées. Il évoque également ceux qui souffrent d’anxiété ou de dépression, cherchant en l’IA une source de réconfort ou d’apaisement. Ces individus peuvent en venir à établir des relations affectives intenses avec des agents conversationnels, qui leur offrent la validation et la consolation qu’ils recherchent désespérément.
Le concept d’effet de dose dans la relation à l’IA
Le Dr Balick évoque aussi un phénomène qu’il qualifie d’« effet de dose ». Selon lui, plus une personne consacre de temps à discuter et à s’investir dans une relation avec une intelligence artificielle, plus elle risque de développer des sentiments profonds envers elle, indépendamment de ses antécédents personnels. La raison en est que ces systèmes, conçus pour flatter et satisfaire l’utilisateur, exploitent cette vulnérabilité humaine. La répétition et l’engagement accru renforcent la tendance à projeter des émotions sur ces entités numériques, étayant ainsi un attachement émotionnel artificiel mais puissant.
Les enjeux et risques liés à notre rapport à l’IA
Le spécialiste met en garde contre le fait que, si la complexité des relations humaines est difficile, elle reste essentielle à notre bien-être mental. Lorsqu’un individu privilégie ses échanges avec une intelligence artificielle, il risque de négliger ou de perdre ses compétences sociales nécessaires pour maintenir des véritables relations avec d’autres êtres humains. La dépendance à ces entités virtuelles pourrait ainsi fragiliser notre capacité à nouer des liens authentiques dans le monde réel.
Prendre conscience de l’impact et se préserver
Pour le Dr Balick, le plus difficile face à cette situation est de reconnaître qu’une relation toxique peut se développer et potentiellement supplanter nos interactions avec de vraies personnes. Que faire lorsque l’on se trouve engagé dans une relation aveugle avec une IA ? Il suggère qu’il est souvent nécessaire d’avoir recours à un accompagnement psychologique pour faire face à la rupture ou à la désaffection de cette relation virtuelle. Mettre fin à une relation avec une IA n’est pas une démarche facile, puisqu’elle implique souvent un processus de deuil. L’accompagnement d’un professionnel peut alors faciliter cette transition. En conclusion, il insiste sur l’importance de retrouver, dans notre vie quotidienne, des liens sincères et riches avec de véritables êtres humains, afin de préserver notre santé mentale et notre équilibre affectif, en dehors du besoin de satisfaire notre attirance pour le monde virtuel.






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