Cédric : le célibat, la meilleure façon de vivre libre et sans courir après l’amour

Sophie Lambert

La vie de célibataire : une quête de liberté et de simplicité

Cédric, un homme de 44 ans originaire de la région Bourgogne, a vécu seul pendant près de dix-huit années. Au fil du temps, il a arrêté de chercher activement à vivre une relation amoureuse, considérant que ses expériences passées lui avaient appris à quel point il était difficile d’y accorder toute son énergie. Pour lui, chaque relation qui se termine ne fait que renforcer sa décision : un dernier échec ne fait que faire mal, et le délai nécessaire pour s’en remettre s’allonge à chaque fois. La rupture qui a marqué une étape décisive dans son parcours est celle avec la mère de son fils, alors qu’elle était enceinte de six mois. Ce départ brusque, qui lui a laissé un sentiment d’incompréhension, a finalement évolué vers un sentiment de soulagement. À partir de ce point, il a entrepris de faire un bilan intérieur : il s’est interrogé sur ce que le couple lui apportait réellement en regard de ce qu’il lui réclamait, et il en est venu à la conclusion que les compromis exigés lui coûtaient trop cher, en termes de liberté et d’authenticité.

La remise en question après une rupture

« Quand je suis sorti de ma relation, j’ai réalisé que je n’étais plus véritablement moi-même. » C’est avec cette sincérité que le technicien support informatique évoque la période qui a suivi sa séparation. Au fil du temps, il a compris qu’il avait perdu de vue ses véritables goûts, ses préférences, et même sa personnalité, en tentant de s’ajuster à une vie de couple qu’il voulait alors préserver à tout prix. Il raconte qu’il avait accepté des choses qu’il n’aurait jamais envisagé auparavant, simplement pour maintenir la paix dans son foyer. Selon lui, vouloir être en couple peut aussi conduire à une forme de trahison de soi-même. La relation amoureuse peut apporter de la joie, c’est indéniable, mais elle génère aussi son lot de tensions, de disputes, de jugements et de désaccords qui, autrefois, il préférait éviter pour ne pas troubler cette harmonie fragile. Il valorisait alors la tranquillité de la vie domestique, en évitant ces conflits.

Une vie « sans concessions » : la quête de liberté

Depuis cette prise de conscience, il revendique avant tout la liberté que lui donne le célibat, une liberté qu’il juge totale, sans avoir besoin de faire de compromis ou de renoncements. Il apprécie de pouvoir organiser son temps à sa guise, sans devoir rendre de comptes ou composer avec la famille de sa partenaire. Passionné de basketball, ce qui le fait vivre, il se lève à 4 heures du matin pour suivre un match, sans se préoccuper des contraintes d’une cohabitation. Il se permet de manger ce qu’il veut, quand il le veut, de mettre la musique à fond dans son logement, de se coucher à des heures indifférentes. « Je suis un adulte deux jours sur quatorze, quand mon fils est là, et je me sens comme un adolescent le reste du temps », plaisante-t-il. Sa philosophie, c’est que le célibat est la meilleure manière de vivre libre, sans contraintes ni compromis. Selon une étude menée par Ipsos en 2022 pour le site de rencontres Badoo, près de 28 % des Français aiment leur vie de célibataire, ce qui témoigne d’un certain engouement pour cette forme de liberté.

La difficulté de concilier coûts et indépendance

Il admet toutefois que vivre seul ne va pas sans coûts. Il constate qu’il dépense davantage en tant que célibataire qu’en tant que couple. Selon les chiffres de l’Insee, un célibataire consacre en moyenne 28 % de son budget à son logement, contre 14 % pour un couple. Les portions individuelles en supermarché, plus coûteuses que les formats familiaux, ainsi que la facture énergétique d’une maison individuelle, constituent des frais fixes difficiles à réduire. Il ironise même en disant que s’il était une femme, il serait probablement considéré comme un cliché, tant sa vie d’homme célibataire dans une maison avec trois chats est représentative de certains clichés traditionnels. Malgré tout, il insiste sur le fait que, malgré cette apparente simplicité de vie, l’indépendance financière et personnelle a ses propres défis.

En somme, pour ce Bourguignon, le célibat ne se résume pas qu’à une absence de relation amoureuse. C’est une posture volontaire qui lui permet de préserver sa liberté, son authenticité, et de vivre selon ses propres règles, même si cela implique d’assumer certains inconvénients financiers. La question de l’amour, pour lui, n’a plus la même importance qu’auparavant, et il préfère se concentrer sur cette liberté retrouvée, qu’il qualifie volontiers de « meilleure solution » pour vivre pleinement.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.