Une programmation éclectique et audacieuse pour le festival Météo de Mulhouse
Le festival Météo, qui se tient à Mulhouse, se distingue par sa programmation résolument diversifiée, mêlant des styles et des talents qui repoussent parfois les limites de la musique contemporaine. Selon Mathieu Schoenahl, son directeur, cet événement peut être défini comme « un festival de musiques actuelles mais aventureuses ». Cette expression reflète bien l’état d’esprit de la manifestation, qui ne cesse d’évoluer doucement d’année en année, peaufinateur ses orientations et ses choix artistiques au fil des éditions. L’identité du festival est ainsi façonnée par cette volonté de proposer une programmation toujours plus riche et innovante, avec une attention particulière portée à la qualité et à la diversité musicale.
Le programme de l’édition 2026 a débuté le mardi 18 août avec un franc succès, laissant entrevoir la position de plus en plus importante qu’occupe cet événement dans la scène culturelle locale. La première soirée a été notamment marquée par la performance du percussionniste iranien Mohammad Reza Mortazavi, installé à Berlin, qui a su captiver un public conquis par la virtuosité de son jeu. Le festival s’est terminé dans la nuit du samedi au dimanche, vers 3 heures du matin, avec une représentation explosive de Mariam Rezaei, une musicienne française aux talents expérimentaux, qui a fait vibrer la scène avec un set intense de drum’n’bass. La diversité musicale est une caractéristique affirmée de Météo, ses organisateurs n’hésitant pas à faire la part belle à des horizons très variés, témoignant d’une ouverture d’esprit qui place la musique comme un vecteur d’exploration et de rencontres.
Un aspect marquant de cette édition réside dans la variété des artistes invités. On retrouve ainsi des virtuoses comme DJ Sniff, un Japonais qui a impressionné avec une performance entièrement conçue et assemblée par ses soins sur un instrument électronique innovant. Sa prestation a été illustrée dans un des moments forts du festival, lors d’une masterclass où il a raconté certains faits marquants de l’histoire du DJing et partagé ses techniques avec un public curieux. Au fil des soirées, le festival a également accueilli des groupes aux influences très différentes, comme le trio Musungu, qui a débuté la soirée en plein air devant les murs de Motoco, mêlant rock et rythmes africains pour créer une ambiance chaleureuse et rythmée. La convivialité et l’atmosphère festive s’installent chaque soir sur la terrasse Météo, où les spectateurs peuvent profiter jusqu’aux petites heures dans une ambiance de guinguette, dans un lieu qui devient au fil des éditions un véritable lieu de vie et de partage.
Les lieux de concerts, souvent atypiques, participent à l’esprit aventureux du festival. Le festival ne se limite pas uniquement à des salles de spectacles classiques : il investit aussi des endroits inhabituels et innovants. Ainsi, on a pu assister à une grande diversité d’expériences, allant d’un concert en plein air à côté de l’ancien magasin Les Artisans du Son, jusqu’à une performance dans un espace radio ou une salle de l’histoire locale comme la Fonderie, en partenariat avec la Kunsthalle de Mulhouse. Ces choix de lieux participent à enrichir la démarche artistique du festival, en offrant un cadre original qui contribue à renforcer la dimension expérimentale et surprenante de la programmation.
Les temps forts de cette édition ont également inclut une prestation singulière donnée à la Voix et au Mégaphone, dans un espace dédié à la radio et aux expositions. C’est là que Claire Bergerault a présenté sa première performance, utilisant sa voix et un mégaphone dans une sorte d’installation sonore et visuelle. L’un des moments particulièrement marquants a été le concert « Lungless » par Mazen Kerbaj, joué dans le hall de la Fonderie. Ce musicien libanais, connu pour ses expérimentations sur le son, a présenté une performance en partenariat avec la Kunsthalle, témoignant de la volonté du festival d’intégrer l’art contemporain dans sa ligne artistique.
Le caractère collectif et conviviale du festival se manifeste également par la qualité de l’accueil. Le public a répondu présent en nombre : dans la grande salle du samedi soir, environ 300 spectateurs ont assisté à la soirée, ce qui a conforté l’équipe dans l’idée que Météo est aujourd’hui l’un des festivals les plus appréciés des dernières années. La variété des profils et des âges n’est pas en reste : les organisateurs remarquaient que le public de cette année était constitué aussi bien d’enfants – qui ont été nombreux – que de jeunes actifs ou encore de personnes fidèles, qui suivent la manifestation depuis ses débuts.
L’équipe voit dans cette diversité la preuve que le festival joue un rôle important dans le paysage culturel local et régional. La volonté est de continuer à faire vivre cet esprit d’aujourd’hui tout en conservant l’héritage et la philosophie qui ont nourri son développement. La présidente de l’association organisatrice, Audrey Pouliquen, souligne que « le festival affiche complet, avec un public qui mixe les Haut-Rhinois et des visiteurs venus de plus loin, avec une large palette d’âges. » Quant à Mathieu Schoenahl, il insiste que « nous restons respectueux de l’histoire du festival, mais nous lui insufflons une nouvelle énergie, celle d’aujourd’hui. »
L’un des grands moments de cette année fut le concert du groupe japonais-américain, formé de Darius Jones et Otomo Yoshihide, qui a électrisé une partie du public jeudi soir, avec un jazz à la fois planant et rugueux, rendant hommage à Sun Ra. Ce genre de prestation illustre la volonté du festival d’aborder différents univers musicaux, y compris ceux qui sortent des sentiers battus, pour interpeller et faire vibrer un public exigeant et curieux.
En somme, le festival Météo continue de s’affirmer comme un rendez-vous incontournable dans la région, fusionnant une programmation audacieuse avec un espace d’expérimentation, de convivialité et de rencontres. Les choix artistiques originaux et la diversité des lieux investis participent à créer un environnement où la musique n’a pas de frontières, où chaque édition devient un moment unique d’expression artistique et de partage collectif. La dynamique engagée depuis plusieurs années semble confirmer que, tout en respectant ses racines, le festival reste tourné vers l’avenir, prêt à surprendre et à continuer de faire vibrer tous les publics dans un état d’esprit résolument actuel.






