Votre voiture électrique pourrait perdre jusqu’à 65 % de sa valeur, êtes-vous prêt ?

Sophie Lambert

Les véhicules électriques d’occasion gagnent en attractivité face à la flambée des prix du carburant

Avec la hausse significative des prix de l’essence et du diesel, l’intérêt pour l’acquisition de véhicules électriques d’occasion a connu un engouement remarquable. En effet, depuis le mois d’avril, les recherches pour ces modèles ont enregistré une progression de l’ordre de 80 %, témoignant d’un regain d’intérêt chez les consommateurs. Par ailleurs, certains modèles électriques, autrefois difficiles d’accès en raison de leur coût ou de leur marché limité, ont aujourd’hui vu leur prix de vente en seconde main diminuer, rendant leur acquisition plus accessible que jamais.

La forte décote des voitures électriques après cinq années d’utilisation

Une étude menée par Leboncoin auto a mis en évidence la chute de valeur des dix modèles électriques les plus populaires sur le marché de l’occasion après une période de cinq ans. Les résultats sont frappants : la dépréciation moyenne est de 59 %, ce qui signifie que, au bout de cinq années, ces véhicules ne conservent qu’environ la moitié de leur valeur initiale. Cette forte décote peut s’expliquer par plusieurs facteurs propres à ce segment de véhicules.

Parmi les dix véhicules électriques les plus vendus à l’occasion, la dépréciation varie de 53 % pour la Dacia Spring à 65 % pour la Renault Zoé, illustrant une tendance claire à la baisse rapide de leur valeur commerciale.

Une moyenne de perte de valeur comprise entre 53 et 65%

En détaillant davantage, il apparaît que la Renault Zoé, un modèle emblématique apprécié pour son autonomie et sa praticité, perd environ 65 % de sa valeur initiale après cinq ans. La Dacia Spring, pour sa part, affiche une décote plus contenue, à hauteur de 53 %. Quant à la Tesla Model 3, qui a été la voiture électrique la plus vendue en 2020, elle subit une dépréciation d’environ 56 %. Ces chiffres illustrent la grande variation du taux de décote selon les modèles, mais également la tendance générale à une forte perte de valeur pour les véhicules électriques dans le marché de l’occasion.

Il est essentiel de noter que cette décote prononcée s’explique notamment par le fait que les véhicules électriques bénéficiaient à l’origine d’un bonus à l’achat en neuf, ce qui influence leur valeur lors de leur revente, souvent moins favorable, au fil des ans.

Le phénomène de décote : une opportunité pour les premiers acquéreurs

Selon Olivier Flavier, directeur général du marché automobile chez Leboncoin, « les voitures électriques affichent souvent les plus fortes décotes durant leurs premières années, en partie parce qu’elles ont bénéficié d’un bonus lors de l’achat neuf. » Ce constat permet d’envisager ces véhicules comme de bonnes affaires lors de leur revente après quelques années d’utilisation. De plus, plusieurs études montrent que la durée de vie des batteries reste longue, la capacité se dégradant en moyenne de seulement 1 à 2 % par an. Par conséquent, leur performance initiale se maintient généralement, offrant aux acheteurs de seconde main une fiabilité comparable à celle du neuf.

Est-il possible de trouver une voiture électrique à moins de 10 000 euros ?

Depuis 2020, la Dacia Spring détient la palme du modèle électrique neuf le plus abordable. Avec sa décote, il devient désormais envisageable de l’acquérir en occasion pour une moyenne d’environ 8 347 euros. Dans la même tranche de budget, la Renault Twingo électrique constitue également un choix avantageux : son prix de départ neuf frôlait les 25 000 euros, ce qui équivaut à une décote d’environ 62 % après quelques années d’utilisation. Ces chiffres prouvent qu’il est parfaitement possible de devenir propriétaire d’un véhicule électrique récent ou quasi-neuf avec un budget inférieur à 10 000 euros.

Plus grande et plus polyvalente, la Renault Zoé offre également une option intéressante pour les petits budgets, avec des modèles d’occasion accessibles autour de cette somme.

Les véhicules électriques à éviter ou à considérer avec prudence

Si la Tesla Model 3 conserve une cote relativement élevée, il faut noter qu’après cinq ans, elle se négocie tout de même en dessous de 25 000 euros, en perdant environ 56 % de sa valeur originale. Parmi les véhicules qui subissent les plus fortes décotes, on retrouve également des citadines populaires comme la Fiat 500 ou la Mini, qui peuvent perdre entre 56 % et 60 % de leur valeur d’origine en cinq ans. Dans le cas de modèles plus puissants ou plus volumineux, comme l’iD3 de Volkswagen ou le Kia Niro, la dépréciation est également significative, dépassant parfois 57-58 %.

Les véhicules les plus touchés par cette dépréciation importante sont principalement des modèles de segments compacts ou citadins, notamment la Peugeot 208 et la 2008, toutes deux voyant leur valeur diminuer de 60 à 62 % en cinq ans. Les Renault Zoé et Twingo, quant à elles, enregistrent respectivement des pertes de 65 % et 62 %, témoignant d’une forte volatilité sur ce marché.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.