Comprendre l’endométriose : une maladie chronique et ses enjeux
L’endométriose est une affection persistante qui se manifeste lorsque des cellules, ressemblant à celles qui tapissent normalement la paroi interne de l’utérus, se forment en dehors de cet organe. Cette croissance anormale de tissus peut entraîner une grande variété de douleurs, souvent décrites comme très sévères, qui peuvent devenir particulièrement inconfortables durant les périodes menstruelles, mais aussi lors des relations sexuelles ou d’autres activités quotidiennes. La maladie est complexe, touchant de nombreuses femmes à divers degrés, et peut sérieusement impacter leur qualité de vie.
Une localisation pouvant entraîner des troubles intestinaux
Dans environ 20 % des cas, cette maladie s’étend à d’autres organes, notamment le système digestif. Lorsque les cellules endométriales envahissent les intestins, le côlon ou le rectum, cela donne lieu à des symptômes tels que des épisodes de diarrhée, de constipation ou des nécessités impérieuses de se rendre à la selle. Ces manifestations peuvent compliquer considérablement le quotidien des personnes atteintes, ajoutant une dimension supplémentaire à leur souffrance. La proximité de ces tissus avec le système digestif accentue souvent la douleur et peut faire naître de nombreux désagréments, tout en rendant parfois le diagnostic difficile à établir.
Les interventions chirurgicales : des traitements lourds et risqués
Pendant longtemps, la prise en charge de l’endométriose digestive a principalement reposé sur des opérations chirurgicales. Ces interventions, qui peuvent durer entre quatre et six heures, consistent en l’excision ou le rasage spécifique des lésions endométriosiques. Cependant, ces opérations présentent des risques considérables. Elles peuvent occasionner des complications telles que des troubles urinaires ou la formation de fistules, des passages anormaux entre différents organes. Dans près de la moitié des cas, il est nécessaire de poser temporairement une stomie, c’est-à-dire un anus artificiel, pour plusieurs mois, afin de permettre la cicatrisation ou la gestion des lésions. Ces démarches chirurgicales représentent un véritable défi physique et psychologique pour les patientes, qui doivent souvent faire face à des suites opératoires longues et éprouvantes.
Une nouvelle approche innovante : l’utilisation des ultrasons focalisés
Récemment, une avancée majeure dans le traitement de l’endométriose a été mise au point à Lyon, dans la région du Rhône. L’initiative revient au Dr Gil Dubernard, un gynécologue travaillant à l’hôpital de la Croix-Rousse, qui a eu l’idée de détourner un appareil conçu à l’origine pour traiter le cancer de la prostate. Son projet s’appuie sur le dispositif Focal One®, développé en partenariat avec l’INSERM et la société EDAP-TMS, pour en faire un traitement destiné à cibler précisément les lésions endométriales.
Une technique rapide et sans chirurgie
Ce traitement repose sur le principe des ultrasons focalisés de haute intensité, ou HIFU (High Intensity Focused Ultrasound). L’appareil diffuse des ondes ultrasonores à travers le rectum directement vers les zones affectées, permettant ainsi de détruire les lésions internes sans nécessiter d’incision. Grâce à cette méthode, il n’est pas besoin de pratiquer un scalpel, ce qui évite les cicatrices visibles ou la nécessité de recourir à une stomie. La précision de l’appareil permet de cibler uniquement les tissus endométriaux anormaux, minimisant ainsi les risques pour les tissus environnants.
Une procédure courte et efficace
Selon le Dr Gil Dubernard, la durée du traitement ne dépasse généralement pas quelques minutes. Son objectif est de dévitaliser la lésion endométriosique, ce qui entraîne une réduction rapide de la douleur. Les patientes peuvent souvent quitter l’hôpital quelques heures après la séance, avec un confort accru et une récupération facilitée. La technique permet aussi de préserver la fertilité, ce qui est un aspect essentiel pour les femmes concernées par cette maladie.
Une reconnaissance internationale et une innovation validée
Après avoir testé cette approche sur plus de 140 patientes entre 2015 et 2024, et avoir obtenu des résultats très encourageants en termes d’efficacité et de tolérance, le traitement par HIFU a reçu la norme CE en mars 2025. Aujourd’hui, l’hôpital des Hospices civils de Lyon se distingue comme le premier établissement au monde à proposer cette technique en routine. Cette avancée offre une nouvelle lueur d’espoir pour toutes celles qui souffrent de cette maladie, en proposant une alternative moins invasive, plus rapide et présentant moins de risques que les interventions chirurgicales classiques.






