La dégénérescence maculaire liée à l’âge : une cause majeure de cécité mondiale
La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) représente la principale cause de perte de la vue dans le monde entier, touchant principalement les individus à partir de 60 ans. Cette maladie se manifeste par la destruction progressive de la macula, une zone située au centre de la rétine responsable de la perception des détails fins, cruciaux pour la lecture ou le discernement des visages. Malgré cette perte de la vision centrale, la vision périphérique demeure généralement intacte, permettant encore de percevoir les contours et les mouvements dans l’environnement.
Les différentes manifestations de la DMLA
Il existe deux formes principales de cette affection oculaire. La première, dite DMLA humide ou exsudative, résulte de la formation de nouveaux vaisseaux sanguins anormaux sous la rétine, qui peuvent fuir du sang ou du liquide. Ce phénomène entraîne souvent une détérioration rapide de la vision centrale, avec une perte soudaine ou accélérée de la capacité à distinguer les détails. La seconde forme, plus fréquente, est connue sous le nom de DMLA sèche ou atrophique. Elle évolue de façon plus lente, avec une dégradation progressive des cellules de la macula. Cette détérioration entraîne inévitablement une perte irréversible de la vision centrale, rendant la lecture ou la reconnaissance faciale de plus en plus difficile avec le temps.
Les perspectives de traitement pour la DMLA sèche
À l’heure actuelle, pour la forme sèche de la maladie, il n’existe aucun traitement efficace, surtout lorsqu’elle atteint un stade avancé. Cependant, des chercheurs du monde entier, en partenariat avec plusieurs institutions telles que l’Institut de la Vision, la Fondation Adolphe de Rothschild, l’Hôpital national des 15-20, la prestigieuse université Stanford, et la société Science Corporation, ont mis au point une innovation prometteuse. Il s’agit d’un système appelé PRIMA, qui utilise la neurostimulation pour tenter de restaurer la vision chez les personnes atteintes de cette affection.
Les premiers résultats prometteurs du dispositif PRIMA
En octobre 2025, une étude publiée dans le journal médical NEJM rapportait les résultats obtenus auprès de 38 patients originaires de 17 pays européens. Ces volontaires, dont la moyenne d’âge était de 79 ans, présentaient tous une vision très altérée. Sur les 32 participants qui ont complété l’étude, 81 % ont connu une amélioration notable de leur capacité visuelle. Un an après le début de l’expérimentation, plus de 84 % des patients affirmaient pouvoir lire des lettres, des chiffres, ou des mots grâce au dispositif, ce qui constituait une avancée importante dans ce domaine.
Une méthode qui nécessite un apprentissage
L’usage de PRIMA demande une période de formation et d’adaptation. L’implant ne permet pas de retrouver une vision normale, mais offre néanmoins une vision centrale artificielle captable par le cerveau. Grâce à cette technologie, certains patients ont même pu relire des textes, un exploit qui suscite l’admiration. Serge Picaud, directeur de l’Institut de la Vision, expliquait alors que « certains patients ont réussi à relire des textes. On peut aisément imaginer la joie qu’éprouverait une personne aveugle en retrouvant un tel niveau de performance visuelle ».
Comment fonctionnent ces dispositifs innovants ?
Le système PRIMA contourne les cellules de la rétine définitivement détruites par la maladie en stimulant directement les cellules nerveuses encore fonctionnelles, afin de transmettre des signaux au cerveau. Il se compose de lunettes équipées d’une caméra miniature qui filme l’environnement environnant. Ces images sont transmises à un petit ordinateur portable où un algorithme les améliore en temps réel. Ensuite, le flux vidéo est converti en faisceaux infrarouges, qui sont projetés sur un implant placé sous la rétine. Cet implant, une micropuce photovoltaic de 2 millimètres par 2 millimètres, dotée de 378 électrodes, fonctionne sans fil et remplace, partiellement, les cellules photoréceptrices défaillantes. Elle capte l’énergie infrarouge et stimule les cellules nerveuses voisines pour envoyer un message au cerveau, permettant ainsi au patient de percevoir des images et de distinguer certains détails, même si la vision reste artificielle.
Une avancée disponible en Europe malgré quelques risques
Bien que la technologie montre des résultats encourageants, son utilisation n’est pas dénuée de risques. Certains patients ont présenté des effets indésirables graves, tels qu’une hypertension oculaire, un décollement de la rétine ou un trou dans la macula. Cependant, ces complications étaient attendues, et elles ont pu être traitées rapidement. Selon José-Alain Sahel, expérimenté dans ce domaine, « le bénéfice apporté par cette technologie dépasse largement les risques encourus. C’est la première fois qu’un dispositif permet à des personnes ayant perdu leur vision centrale de retrouver la capacité de lire des petits mots ou des phrases, tout en conservant leur vision périphérique ».
Une commercialisation en cours sur le continent européen
Le 22 juillet 2026, la société Science Corporation annonçait la mise sur le marché de PRIMA en Europe, après que le dispositif a reçu le marquage CE conforme aux réglementations européennes sur les dispositifs médicaux. Par la suite, le 22 septembre, l’entreprise précisa que les médecins pouvaient désormais prescrire et implanter le système chez les patients éligibles. Cependant, aucune date précise n’a encore été fixée pour une disponibilité en France, ce qui laisse entendre que la procédure d’accès reste encore à définir dans ce pays.






