Un employé licencié pour avoir mangé des bonbons jetés doit être réintégré en Espagne

Sophie Lambert

Une histoire survenue en Espagne met en lumière un cas peu courant de licenciement dans le secteur du commerce. Un employé travaillant pour la chaîne de supermarchés Mercadona a été mis à la porte de son emploi après avoir consommé deux bâtonnets de réglisse à la fraise, racontent les médias locaux. Selon le récit rapporté par Noticias Trabajo, ces bonbons étaient destinés à être jetés, car ils provenaient d’un lot endommagé. La direction du magasin a considéré cette infraction comme très sérieuse, ce qui a conduit à une décision disciplinaire radicale.

Les événements se sont produits en février 2024. L’employé avait également distribué une boîte contenant des marchandises endommagées à un collègue, ce qui a été considéré comme une manœuvre inappropriée par la gestion. Le mois suivant, il a reçu une lettre de licenciement. Ce salarié était en poste chez Mercadona depuis 2021. La société a justifié cette décision en précisant qu’il ne s’agissait pas d’un incident isolé. En effet, elle a évoqué une tentative précédente, en décembre 2023, de l’employé de récupérer des sacs déchirés qui devaient être jetés, ce qui a renforcé la perception de son comportement inadmissible.

Une mesure disciplinaire qualifiée de « disproportionnée » et de « cohérente » par la justice

Cependant, l’individu concerné a fait appel en contestation de son licenciement devant le tribunal espagnol. Après une procédure longue et détaillée, la justice est arrivée à la conclusion que la sanction infligée était excessive par rapport aux faits. La cour a notamment relevé que l’entreprise n’aurait en réalité tiré aucun bénéfice de ces produits, puisqu’ils n’étaient plus destinés à la vente. La décision a également été jugée incohérente puisque, jusqu’alors, cette chaîne n’avait pas appliqué de sanctions équivalentes à d’autres employés pour des comportements similaires. De surcroît, le salarié a obtenu une excellente évaluation de ses performances juste après l’incident, ce qui revient à souligner une certaine incohérence dans la réponse de l’employeur.

Le licenciement a été considéré comme nul et non avenu. Le salarié devra donc être réintégré dans ses fonctions et percevoir les salaires qui lui ont été omis. Néanmoins, l’entreprise a la possibilité de faire appel de cette décision devant la cour suprême en Espagne, laissant une incertitude quant à la suite du dossier.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.