Tout savoir sur la tuberculose en France, une maladie contagieuse à connaître

Sophie Lambert

Un nouveau cas de tuberculose détecté à Ivry-sur-Seine : début d’une procédure de dépistage

Fin juillet, les autorités sanitaires ont confirmé la présence d’un patient atteint de tuberculose dans la ville d’Ivry-sur-Seine, située dans le département du Val-de-Marne. La personne concernée avait fréquenté, récemment, une école primaire ainsi qu’un centre de loisirs local. Suite à cette découverte, une investigation a été lancée pour identifier les individus ayant été en contact étroit avec le patient. L’objectif principal consiste à leur proposer un dépistage afin de limiter la propagation de la maladie et de prévenir d’éventuelles nouvelles infections.

Deux autres personnes infectées, mais présentant une forme peu contagieuse

Le mardi 11 août, l’Agence régionale de Santé d’Île-de-France a publié une mise à jour sur la situation. D’après eux, deux autres individus ont été diagnostiqués avec une forme de tuberculose considérée comme peu transmissible. La démarche de recensement des personnes qui ont partagé un risque d’exposition avec ces patients est déjà en cours. La détection précoce de ces cas permet d’anticiper la mise en place de mesures adaptées afin d’éviter toute nouvelle contamination.

La tuberculose : une maladie encore largement répandue dans le monde

Malgré les progrès réalisés dans la lutte contre cette maladie, la tuberculose demeure une pathologie très présente à l’échelle mondiale. Selon les statistiques de l’Organisation mondiale de la Santé, chaque année, environ 10 millions de nouveaux cas sont recensés. En 2023, cette maladie a causé la mort de près de 1,25 million de personnes à travers la planète, illustrant son impact sanitaire majeur.

Une tendance à la baisse en France, mais une réalité régionale préoccupante

Le nombre de cas de tuberculose en France a connu une diminution notable en 2024, avec une baisse estimée à environ 8 % par rapport à 2023. La dernière année a compté 4 491 cas déclarés, contre 7,1 pour 100 000 habitants en 2023, et 6,6 en 2024. Cette tendance positive est observée dans la majorité des pays membres de l’Union européenne, signifiant une amélioration globale des conditions et des efforts de prévention.

Concernant la répartition géographique en France, c’est principalement en Île-de-France, en Guyane et à Mayotte que la tuberculose est la plus présente. En 2023, cette région comptabilisait 1 769 cas, représentant plus de 36 % du total national, qui s’élevait à 4 866 déclarations de la maladie cette année-là.

Comprendre la tuberculose : une infection bactérienne complexe

La tuberculose est une infection causée par une bactérie du nom de Mycobacterium tuberculosis, également connue sous le nom de Bacille de Koch. Il s’agit d’une maladie principalement pulmonaire, mais pouvant également toucher d’autres organes. Selon l’Institut Pasteur, seules 5 à 10 % des personnes infectées finiront par développer une forme active de la maladie au cours de leur vie, ce qui montre que la majorité des individus peuvent héberger la bactérie sans en souffrir.

Une infection pouvant rester latente durant de longues années

Une particularité de cette bactérie, c’est sa capacité à rester inactive dans l’organisme pendant de nombreuses années, souvent sans provoquer de symptômes. Cependant, le risque de voir la maladie se déclarer est accru chez les personnes dont le système immunitaire est affaibli, comme c’est le cas chez certains patients immunodéprimés ou chez les jeunes enfants. Dans ces conditions, la bactérie peut se réveiller et entraîner une tuberculose active.

Les symptômes et la contagiosité : une maladie dont il faut se méfier

Lorsqu’elle ne reste pas en phase dormante, la tuberculose se manifeste par des symptômes caractéristiques, notamment une toux persistante, une grande fatigue, de la fièvre, des sueurs nocturnes, une perte de poids progressive et des douleurs dans la poitrine. La maladie touche généralement les poumons, mais les autres organes tels que les reins, la colonne vertébrale, la peau ou le cerveau peuvent également être affectés, comme le précise l’Institut Pasteur.

Mode de transmission : la voie aérienne principalement

La tuberculose se transmet essentiellement par voie aérienne. Lorsqu’un patient infecté tousse, il libère dans l’air des gouttelettes contenant la bactérie. Une personne non traitée peut contaminer en moyenne de cinq à quinze autres individus chaque année, surtout dans des conditions sanitaires ou sociales difficiles où les mesures d’hygiène sont compromises. Cela explique pourquoi certaines zones à forte précarité sont davantage exposées à cette maladie.

Le diagnostic : des tests rapides et précis

Pour détecter la tuberculose, différents examens sont aujourd’hui disponibles. Parmi eux, les tests moléculaires permettent une identification rapide de la bactérie. En complément, des examens comme la radiographie pulmonaire, un test cutané ou un test sanguin peuvent également être réalisés. Dans le contexte des contacts d’Ivry-sur-Seine, une radiographie des poumons a été effectuée pour détecter d’éventuels signes de la maladie.

Le vaccin BCG : une protection partielle, pas systématique

En France, la vaccination contre la tuberculose n’est pas obligatoire pour tous les enfants. Le BCG, un vaccin vivants atténué, est principalement recommandé en cas de risque accru. Cela concerne notamment les enfants vivant en Île-de-France, en Guyane ou à Mayotte, où la vaccination est systématiquement conseillée. Bien que cette immunisation ne garantisse pas une protection totale contre la maladie, elle contribue à limiter la gravité des formes les plus sévères, notamment chez les jeunes.

Traitement et enjeux de la résistance aux antibiotiques

Le traitement de la tuberculose consiste en une cure combinée d’antibiotiques, prolongée généralement sur une période d’au moins six mois, qui peut aller jusqu’à deux ans dans le cas des souches multirésistantes. La problématique majeure réside dans l’émergence de souches résistantes, ce qui complique considérablement la prise en charge. Un traitement mal ou incomplet favorise la résistance bactérienne, qui peut ensuite être transférée à d’autres patients. La lutte contre ces formes résistantes demande des efforts spécifiques et coûteux, car leur traitement coûte en moyenne cent fois plus cher que celui des cas classiques, comme l’indique l’Institut Pasteur.

Sources et références

Les informations présentées proviennent des données de l’Agence régionale de Santé Île-de-France, de l’Institut Pasteur, ainsi que de Santé publique France, qui assurent une veille constante sur cette maladie.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.