Sébastien Lecornu a clairement répété qu’il ne comptait pas briguer la présidence lors du scrutin prévu au printemps prochain. Lors d’un entretien publié samedi par Le Parisien, il a également évoqué différentes pistes concernant le budget pour l’année 2027, en mettant en garde contre la gravité de la situation financière du pays si aucune loi de finances n’était adoptée, soulignant que cela pourrait conduire à une crise économique majeure.

En réponse, il a ajouté : « Je demande donc aux candidats à la présidence de ne pas gêner davantage l’action du gouvernement, qui vise l’intérêt général. »
Malgré qu’il ait admis s’être « préparé dès le premier jour à la possibilité d’être censuré » par une Assemblée nationale dépourvue de majorité, le chef du gouvernement laisse entendre qu’il retrouvera sa « liberté » si jamais il doit faire face à un rejet du budget.
Selon Sébastien Lecornu, le fait de ne pas avoir de budget serait « ajouter une crise intérieure à une situation internationale déjà difficile » et pourrait conduire à une crise économique d’une gravité extrême.
Pas de suspension du RSA ni des petites retraites
Face à la manque de majorité et à moins de huit mois du premier tour de la présidentielle, le Premier ministre annonce qu’il prévoit « un budget différent, avec des mesures, pour la majorité, qui pourront être modifiées lors de l’arrivée de la nouvelle majorité issue des urnes ». Il indique qu’il s’agit d’un « budget pour le premier semestre. »
Ce dernier comprendra des « mesures difficiles », mais pas « brutales » : « L’État assumera la majorité de l’effort. Les dépenses de l’État continueront d’augmenter, mais à un rythme inférieur à celui de l’inflation. En ce qui concerne les collectivités territoriales, je proposerai que leur dépense de fonctionnement évolue au rythme de l’inflation, ni plus, ni moins », a-t-il précisé. Les dépenses sociales, en revanche, « continueront de croître au-delà de l’inflation, en partie à cause du vieillissement de la population. »
Il n’est pas prévu de geler le RSA ni les petites pensions, mais une possible désindexation des pensions les plus élevées par rapport à l’inflation figure parmi les propositions en discussion. La lutte contre les abus liés aux arrêts maladie est aussi à l’ordre du jour, avec l’intention de lancer une réforme en collaboration avec les partenaires sociaux.
Concernant le déremboursement de certains médicaments, il souhaite « examiner la question » lorsque leur efficacité thérapeutique est faible. Par ailleurs, Sébastien Lecornu a indiqué que la création d’une surtaxe pour les très grandes entreprises pourrait avoir un impact négatif sur la confiance des investisseurs étrangers, et qu’il faudrait donc poursuivre le dialogue à ce sujet.
Un plan pour soutenir et dynamiser le secteur agricole
Séparément, le ministre de l’Agriculture assure élaborer « un plan d’aide et de sauvetage » pour soutenir les agriculteurs, afin de leur permettre de traverser l’hiver après un été marqué par la sécheresse. Il précise aussi qu’un plan de relance sera mis en œuvre pour 2027, ciblant spécifiquement le secteur agricole.






