Qu’est-ce que la maladie du foie MASH qui touche 8 millions de Français ?

Sophie Lambert

Une affection hépatique métabolique en pleine expansion chez les Français

Près de huit millions de personnes en France seraient affectées par une accumulation de graisse dans le foie, une pathologie souvent liée à des troubles métaboliques. Pour certains, cette accumulation ne reste pas limitée à une simple stéatose ; elle peut évoluer vers une forme plus sévère nommée MASH, ou stéatohépatite liée à un dysfonctionnement métabolique, un terme qui remplace désormais celui de NASH. La MASH dans sa forme chronique se manifeste par une inflammation persistante du foie, pouvant entraîner la formation de tissu cicatriciel ou fibrose, une étape critique dans la progression de la maladie qui peut conduire à des complications graves.

Une maladie silencieuse durant de longues années

Souvent, la MASH passe inaperçue pendant de nombreuses années, car elle ne provoque pas de signes cliniques évidents. La fatigue ou une sensation de malaise diffuse peuvent apparaître, mais ces symptômes restent très peu spécifiques et difficiles à associer à une problématique hépatique. Les examens sanguins, eux, restent fréquemment normaux ou peu perturbés, ce qui fait que de nombreux patients ignorent leur état jusqu’à ce qu’une complication majeure se manifeste. Cela souligne la difficulté de diagnostiquer précocement cette maladie, malgré sa présence silencieuse dans l’organisme.

Les risques croissants avec la progression de la fibrose

À mesure que la fibrose s’aggrave, les risques pour la santé deviennent considérablement plus importants. La cirrhose, une étape avancée de la fibrose, peut entraîner une insuffisance hépatique, voire un développement de cancer du foie. Environ une personne sur cinq ayant une fibrose avancée ou une cirrhose développe, dans les années qui suivent, des complications potentiellement fatales, ce qui rend essentiel un dépistage et une prise en charge précoce pour limiter ces risques.

Une problématique qui concerne des millions de Français

La montée en puissance de la MASH est étroitement liée à la recrudescence des maladies métaboliques. Les populations souffrant d’obésité, de diabète de type 2 ou de dyslipidémies sont particulièrement vulnérables. Selon des études françaises, près de 18,2 % des adultes seraient touchés par la stéatose hépatique, soit presque 7,8 millions de personnes. Il faut également noter que jusqu’à 70 ou 80 % des individus obèses et plus de 60 % des diabétiques présentent une accumulation de graisse dans le foie. Toutefois, la majorité de ces cas ne sont pas encore diagnostiqués, ce qui complique la prise en charge globale de cette maladie.

Un enjeu de santé qui dépasse la santé hépatique

Les implications de la MASH ne se limitent pas à la santé du foie. La maladie multiplie également le risque de maladies cardiovasculaires, qui restent la principale cause de mortalité chez ces patients. Elle est aussi associée à un risque supérieur pour certains cancers, dont ceux du côlon, du sein, des poumons ou de la prostate, surtout lorsque la fibrose devient avancée. En outre, la MASH peut altérer significativement la qualité de vie, en provoquant une fatigue chronique et un retentissement psychologique qui peuvent être lourds à supporter au quotidien.

Une mobilisation pour mieux connaître et lutter contre ce fléau

Face à la gravité de cette pathologie, plusieurs acteurs ont uni leurs efforts pour promouvoir la santé du foie, en lançant l’Initiative Santé du Foie & MASH. Ce collectif réunit notamment l’association SOS Hépatites & Maladies du foie, la société française Echosens, spécialisée dans l’évaluation non invasive de la santé hépatique, ainsi que le laboratoire Madrigal Pharmaceuticals, engagé dans la recherche de traitements contre la MASH. Leur objectif est clair : faire de la santé du foie une priorité de santé publique, mieux informer les professionnels et le grand public, et encourager le dépistage des populations à risque afin de réduire l’impact de cette maladie.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.