Peut-on récupérer le coût de rénovation d’une passoire thermique à la revente ?

Sophie Lambert

Voici la reformulation des paragraphes demandés en français, en conservant la longueur, les sous-titres et la structure d’origine :

Une stabilisation des prix à l’échelle nationale au premier trimestre 2026

Au cours du premier trimestre 2026, le marché immobilier en France a connu une quasi-inertie en termes de tarifs, avec une baisse minime de l’ordre de -0,06 % comparé au trimestre précédent. Ce contexte confirme que la réduction de valeur liée au diagnostic de performance énergétique (DPE) continuent d’être un facteur déterminant dans la valorisation immobilière. Ce constat provient de la 11e édition du baromètre trimestriel élaboré par La Vigie de GoFlint, une plateforme spécialisée dans la diffusion d’annonces immobilières.

Une majorité de biens à vendre classés C, D ou E selon le DPE

Au premier trimestre 2026, le panel de 1 137 558 biens analysés par La Vigie en France montre que la majorité des logements mis en vente appartient aux classes C, D ou E du DPE. Ces catégories représentent ensemble environ 76 % de l’ensemble des annonces immobilières affichées sur le marché. Autrement dit, une grande partie du parc immobilier disponible à la vente se situe dans ces classes énergétiques intermédiaires ou faibles.

Répartition des logements verts et passoires thermiques

Les habitations dites performantes, classées A ou B, ainsi que celles étant qualifiées de passoires thermiques, arborant des classes F ou G, constituent toutes deux environ 12 % du marché immobilier. La majorité des propriétés demeure donc dans des catégories énergétiques peu ou pas efficaces, ce qui influence leur valeur et leur attractivité auprès des acheteurs.

Une réforme du DPE en janvier : un impact limité sur la perception des biens

Selon Mihai Gavriloiu, co-fondateur et PDG de GoFlint, la réforme du DPE opérée en janvier a permis de retirer 850 000 logements du statut de passoire thermique sans que des transformations significatives soient intervenues, et ce, sans modifications physiques. Il souligne que cette démarche a surtout contribué à diluer la rareté des logements très performants, ce qui peut avoir des répercussions sur la perception du marché.

Une décote durable de -21 % entre biens énergétiques faibles et performants

Malgré les attentes, la tendance au premier trimestre 2026 montre que la pression réglementaire n’a pas entraîné une décote plus marquée pour les passoires thermiques. En réalité, les prix moyens des propriétés classées A ou B ont diminué de 1,1 %, atteignant en moyenne 3 837 € par mètre carré sur l’ensemble du territoire, tandis que ceux propres à la classe F ou G se sont stabilisés à environ 3 027 € par mètre carré. La différence de prix entre ces deux catégories s’établit à 21 %, reflétant une baisse notable du prix des logements peu ou pas performants.

Les écarts de prix selon la taille du logement et la localisation

Pour les grands appartements, notamment ceux de type T5 et plus, la décote entre un bien performant et un logement énergivore peut atteindre jusqu’à -41 % hors Paris, tandis que pour les maisons individuelles de même catégorie, cette différence peut aller jusqu’à -39 %. En région, la décote varie encore selon les villes : à Saint-Étienne, par exemple, les logements F ou G se vendent en moyenne à 1 195 € le mètre carré, avec une décote de 43 % par rapport aux bâtiments très performants, ce qui représente un prix réduit d’un quart par rapport à Lyon, où le coût moyen du mètre carré pour ce type de biens atteint 4 669 €.

Disparités de prix en fonction des grandes métropoles

À Marseille, la différence de prix entre les logements classés A ou B et ceux classés F ou G atteint 25 %, tandis qu’à Lyon cette différence est de 18 %. Paris, quant à elle, affiche une différence plus faible de seulement 13 %, principalement en raison de l’attractivité et de la forte demande dans la capitale, où la réputation et le patrimoine immobilier prennent souvent le pas sur les considérations énergétiques.

Une tendance à la valorisation grâce aux travaux de rénovation

Selon La Vigie, près de la moitié (44 %) des projets de rénovation énergétique sur des maisons de classe F permet de générer une plus-value, alors que cette proportion chute à moins d’un cinquième pour les appartements. La différence s’explique notamment par le mode d’isolation choisi : l’isolation extérieure sur les maisons, qui ne modifie pas leur surface habitable, est plus avantageuse que l’isolation intérieure en copropriété, qui peut entraîner une perte de surface de 6 à 8 %.

Les plus-values potentielles liées à la rénovation dans certaines régions

Dans les Pyrénées-Atlantiques, la plus-value réalisée suite à des travaux dans des maisons T4 de classe F ou G, après déduction des frais de notaire, peut atteindre +414 € par mètre carré, soit environ 57 000 € de gain global. De leur côté, le Haut-Rhin et les Alpes-Maritimes enregistrent respectivement des plus-values de +281 € et +260 € par mètre carré. En revanche, dans les zones plus tendues comme Paris ou l’Île-de-France, la décote limitée sur les biens F ou G ne suffit pas à couvrir le coût des rénovations. Pour un appartement T3 de 70 m² classé F ou G, la moins-value nette, après tous frais et aides, peut atteindre 127 000 €, ce qui montre que la rentabilité des travaux reste limitée dans ces régions.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.