Une histoire de résilience, d’amour et de paternité face à la maladie
Chaque jour, Mathieu partage avec ses followers la joie profonde qu’il ressent lorsqu’il voit son fils Ezio grandir. Sur ses réseaux sociaux, il exhibe fièrement cette image d’un bonheur qu’il pensait impossiblement vivre un jour. Enfant, Mathieu nourrissait déjà un désir ardent de devenir père, un rêve qu’il portait en lui avec insistance. Pourtant, la vie en a décidé autrement : il a été contraint de faire une croix sur cette envie, en raison d’un ennemi invisible et impitoyable. Mathieu souffre en effet de la maladie de Cadasil, une pathologie génétique rare qui affecte le cerveau, provoque des infarctus à répétition et compromet gravement son espérance de vie. Incurable et progressive, cette maladie dégrade irréversiblement ses fonctions cérébrales, le poussant inexorablement vers la fin. Mais c’est sans compter sur une rencontre qui va bouleverser son destin : celle d’Alexandre. Leur union, leur amour fusionnel et leur mariage sous-tendent une nouvelle perspective sur la vie, sur l’amour et sur le fait de vouloir être père.
Une passion retrouvée grâce à une rencontre inattendue
Il n’est pas rare que cette épopée sentimentale vous évoque quelque chose. Mathieu a notamment été révélée par sa participation à la saison 15 de l’émission "L’Amour est dans le pré". C’est lors de cette expérience télévisée qu’il a trouvé son compagnon, son âme sœur. La perspective d’avoir un enfant à deux, avec Alexandre, a transformé son regard sur l’avenir. "Faire un enfant à deux, c’est comme créer notre propre histoire de famille, une vie à nous. C’est aussi une façon de sécuriser l’avenir, de pouvoir confier la responsabilité à Alex en cas de problème, et de pouvoir continuer à vivre sa vie sereinement", confie-t-il. Leur projet commun s’est porté vers une procédure de gestation pour autrui, une démarche interdite en France. En conséquence, ils ont cherché des solutions à l’étranger, en Ukraine principalement, car à l’époque, seules des options comme les États-Unis ou le Canada s’offraient à eux, mais à des coûts très élevés. Cependant, cette voie, motivée par un aspect commercial difficile à accepter, pesait lourd dans le cœur de Mathieu. La progression de la guerre en Ukraine, notamment l’envahissement russe du territoire, a mis un terme définitif à cette option.
Une nouvelle étape vers la parentalité
Plus tard, lors d’un colloque consacré à l’homoparentalité, Mathieu a fait la rencontre d’Arnaud, un autre homme engagé dans une procédure de GPA en Colombie. La démarche y était différente ; le coût, légèrement supérieur, s’élevait à 65 000 euros, mais plus respectueuse de l’éthique, car la mère porteuse était valorisée comme un acteur essentiel dans la processus. Ce contact a été une révélation pour Mathieu, qui a décidé de se lancer à nouveau dans les démarches. Tout semblait en bonne voie, mais une rupture soudaine avec Alexandre a tout bouleversé. La fin de leur relation, douloureuse à vivre, l’a toutefois poussé à faire un choix courageux : poursuivre seul cette aventure vers la paternité. Il se sent désormais prêt à accueillir cet enfant, avec ou sans partenaire. Sa santé, pour l’instant, lui permet de garder espoir. "Même si mon enfant devait perdre son père à 20 ans, je pense qu’il serait tout de même heureux d’être en vie", confie-t-il.
Le chemin difficile mais enrichissant de la parentalité
Les premières semaines passées à Bogota ont été éprouvantes pour ce nouveau père isolé. Même si le bonheur d’avoir son fils dans ses bras compense largement, il n’en demeure pas moins que la distance, la nouveauté, la fatigue et l’éloignement du pays natal ont rendu cette étape compliquée. "C’est vrai qu’on se retrouve à plus de 8 500 kilomètres, dans un pays qui n’est pas le sien, avec un bébé qui se réveille tout le temps… On doute, on se demande si on va y arriver", témoigne Mathieu. Mais avec patience et ténacité, il a trouvé ses repères, construit son propre rythme, et il affirme fièrement : "Je suis très fier de l’avoir fait tout seul."
Une liberté qui a tout changé
Depuis son retour en France, Mathieu continue d’élever Ezio en étant souvent seul. Son activité principale lui permet de travailler depuis chez lui, ce qui lui donne une liberté qu’il valorise énormément. "Être seul, c’est pouvoir décider de tout, de l’éducation, du prénom, du rythme… C’est une autonomie totale", explique-t-il. La solitude n’a pas été un obstacle insurmontable dans son parcours. Bien entendu, la fin de grossesse d’Ame, la mère porteuse, fut ponctuée de nuits blanches et d’angoisses, mais cette expérience l’a renforcé dans sa conviction : cette aventure, qui a complètement bouleversé sa vie, lui donne un sentiment de plénitude qu’il n’aurait jamais pu imaginer.
Un combat pour une filiation responsable
Au-delà de l’aspect émotionnel, Mathieu insiste sur les principes fondamentaux de ce parcours. Il affirme que "L’enfant a besoin d’un père présent, d’un lien rassurant, d’un attachement solide". Par cette démarche, il espère faire évoluer la perception de la GPA, souvent stigmatisée ou mal comprise. Il a choisi d’en parler sur ses réseaux sociaux pour sensibiliser et défendre une vision responsable, mais cette ouverture lui a aussi valut une pluie de critiques, voire d’insultes. On l’accuse d’égoïsme, de négliger son rôle de père ou même de pratiques pédophiles… peu importe : pour lui, cette lutte pour une GPA éthique, plus respectueuse des acteurs, reste essentielle. Il se dévoue également pour accompagner d’autres futurs pères, seul ou en couple, dans cette quête si particulière.
Une vie nouvelle, une liberté retrouvée
Paru sous le titre « Mon combat pour devenir père », le récit de Mathieu Ceschin, publié chez Leduc, à 7,90 euros, témoigne de cette larga et souvent complexe épopée vers le bonheur familial. La paternité pour Mathieu est devenue une véritable libération, une forme d’émancipation personnelle face aux obstacles rencontrés. Il met en avant cette idée fondamentale : “Un enfant a surtout besoin d’un père qui est là, qui aime et qui crée un lien d’attachement solide”. Son parcours témoigne qu’il est possible de construire une famille atypique, malgré les préjugés et les difficultés.
Un regard sans concession sur la société et ses jugements
Malgré les détracteurs et les commentaires parfois acerbes qu’il reçoit, Mathieu ne se laisse pas décourager. Il continue à porter haut ses valeurs, à faire entendre sa voix et à faire évoluer la société dans sa conception de la parentalité. Son expérience démontre qu’avec du courage, de la détermination et beaucoup d’amour, il est possible de dépasser tous les obstacles pour réaliser ses rêves de famille. Aujourd’hui, il confie que chaque étape, même difficile, contribue à sa fidélité à ses convictions, et que ce qui compte, c’est l’amour qu’il porte à son fils et aux choix qu’il a fait pour lui offrir une vie pleine et authentique.






