Les proches d’Aramburu évoquent la personnalité chaleureuse de « On était bien autour de lui »

Sophie Lambert

Témoignages poignants lors du sixième jour du procès Aramburu

Les proches d’Aramburu en retraçant sa vie

L’avant-dernière journée du procès intenté pour l’assassinat de Federico Martin Aramburu a été principalement consacrée aux témoignages des proches de l’ancien rugbyman. Leur récit a été empreint d’émotions et de profondes louanges à l’égard du défunt, dont la mémoire reste vivante dans les témoignages qu’ils ont partagés.

La douleur maternelle face à la tragédie

Sous le regard impassible de Maria Codino Aramburu, la veuve de la victime, deux individus, Loïk Le Priol, âgé de 32 ans, et Romain Bouvier, 35 ans, sont restés silencieux, la tête inclinée. Leur attitude contrastait fortement avec celui de Cecilia Aramburu, la mère de Federico, qui s’est exprimée devant les juges de la cour d’assises de Paris pour évoquer la vie de son fils, décédé à 42 ans. Selon elle, son fils aurait été victime de circonstances malheureuses, étant tombé dans le collision avec des personnes qu’elle décrit comme étant exceptionnellement agressives, armées de haine, de violence et, apparemment, d’un sentiment d’impunité. Elle met en évidence la cruauté de cette rencontre fatale dans un contexte de violence inacceptable.

La réaction émotionnelle face à la perte

L’émotion de Cecilia Aramburu était palpable lorsqu’elle racontait comment elle a appris la mort de son fils. La révélation lui est arrivée à domicile, près de Buenos Aires, lorsqu’elle dormait avec l’une de ses petites-filles. Son mari, pénétrant dans la pièce, lui a annoncé la nouvelle après plusieurs tentatives pour comprendre ce qui était arrivé. Son récit dépeint une scène où la douleur et le chagrin se mêlaient à l’incompréhension : il a quitté la chambre en lui faisant signe de sortir pour préserver le sommeil de leur enfant, puis lui a confié la vérité dans le salon, un geste chargé de tristesse.

La réflexion d’Aramburu sur la violence et la réhabilitation

Cecilia Aramburu a insisté sur le fait qu’elle ne cherchait pas à réclamer une vengeance contre les individus impliqués, qui restent paradoxalement des êtres humains malgré leur acte. Cependant, elle considère qu’une véritable réinsertion n’est envisageable qu’après une prise de conscience sincère de ce que signifie la condition humaine et la nécessité de respecter autrui. Elle souligne que ces délinquants doivent être placés dans un environnement qui ne continue pas de les rendre dangereux pour la société.

La personnalité en contradiction vue par l’enquête

L’un des grands défis du procès est de faire concorder le portrait idéalisé d’Aramburu, décrit comme « solaire » et joyeux par certains témoins, avec la réalité de son comportement lorsqu’il a été confronté à la violence. Bien que Bouvier et Le Priol tentent de justifier leur tir comme étant une réponse défensive, le rapport de l’enquête présente Federico comme quelqu’un de naturellement chaleureux, calme et sympathique. Ces éléments suggèrent une disparité frappante entre la réputation de la victime et le contexte de l’incident.

La dépendance à l’alcool et la convivialité

Gonzalo Quesada, ancien joueur et entraîneur de rugby, témoigne avec douceur en évoquant son ami. Selon lui, Federico Aramburu, lorsqu’il consommait de l’alcool, devenait encore plus enjoué, voire carrément facétieux. Il raconte qu’il avait partagé un repas avec Federico quelques heures avant le drame, une journée qui illustrait leur relation chaleureuse et amicale. Quesada insiste sur le fait que leur groupe passait un bon moment en la compagnie de Federico, « personne de bien, accueillant et positif ».

Le souvenir d’un homme apprécié

Thomas Lièvremont, autre ancien joueur de rugby, témoigne avec tristesse de l’impact de cette perte. Il décrit Federico comme une personne qui apportait du bonheur à ceux qui l’entouraient, un véritable facilitateur de vie. Son ami était considéré comme fiable, calme, généreux, respectueux, incarnant la gentillesse dans sa forme la plus pure. Lièvremont se remémore une expression favorite de Federico en période de stress : « No pasa nada » (« Ce n’est pas grave »), qui symbolise son attitude positive face aux difficultés.

Le contexte trouble à la terrasse de la brasserie

Ce jour fatidique du 19 mars 2022, la confrontation entre ces individus a débuté dans une ambiance tendue. La violence surgit après un repas où Federico a été perçu comme arrogant et menaçant par ses interlocuteurs. Cecilia Aramburu raconte que la dispute a dégénéré lors de cette épreuve, Federico ayant été asséné au sol lors d’une altercation qui a éclaté sur la terrasse d’une brasserie parisienne du 6e arrondissement.

La douleur d’une mère et l’absence persistante

La douleur de Cecilia ne se limite pas à la perte de son enfant ; elle est aussi profonde d’en apprendre davantage sur les circonstances qui auraient pu empêcher cette tragédie. Elle explique avoir choisi de partir en France avec sa famille pour assurer un avenir serein, mais son mari lui-même a craint de ne plus jamais revoir la mère de ses petits-enfants lorsqu’elle est partie pour l’enquête. La perte de Federico reste une blessure ouverte, difficile à apaiser, comme le confie Thomas Lièvremont avec émotion : « Fede, mon ami, il me manque », dit-il avec la voix tremblante, soulignant que ce vide ne pourra jamais être comblé.

Ce récit poignant illustre la complexité de cette affaire, mêlant douleur humaine, rédemption et réflexion sur la violence et la justice.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.