Les gardiens discrets du refuge du Treh : indispensables mais invisibles

Sophie Lambert

Le refuge du Treh : un refuge enchanteur à flanc de montagne accessible par deux routes

Que l’on choisisse de s’y rendre par la ferme-auberge du Treh située un peu plus bas ou par la départementale 27 qui domine la région, le refuge du Treh se présente comme un véritable havre de quiétude et d’authenticité. Installé sur la pente d’une montagne culminant à 1 153 mètres d’altitude, il offre un panorama exceptionnel et est survolé en été par des parapentistes qui décollent à quelques mètres plus haut, ajoutant une touche de dynamisme à ce lieu paisible.

Un bâtiment chargé d’histoire et de charme, pouvant accueillir jusqu’à 40 personnes

Ce refuge, avec sa toile cirée tendue sur ses nappes, ses dortoirs séparés pour hommes et femmes, et sa cuisine équipée d’un fourneau capable de cuisiner un cochon de lait entier, dégage un charme ancien très apprécié. Son ambiance d’époque accueille régulièrement des groupes jusqu’à 40 individus. À cela s’ajoutent la présence d’un gardien et une vingtaine de bénévoles du Ski-club Treh, basé à Mulhouse, qui veillent sur cette structure construite en 1927 par les pionniers de leur association, toujours également appelée SCT.

Une photographie historique du refuge en hiver, illustrant ses paysages d’antan

Une photo d’archives montre le refuge durant la saison hivernale, un témoignage visuel de son passé. La façade enneigée évoque immédiatement l’atmosphère montagnarde que ce lieu a su préserver au fil des décennies, offrant un décor typique et pittoresque à ses visiteurs.

Une équipe de bénévoles dévoués pour maintenir le refuge en parfait état toute l’année

L’entretien et la préservation de cette précieuse infrastructure reposent sur une dizaine de bénévoles actifs, présents tout au long de l’année. Leur travail consiste à repeindre, désherber, nettoyer, et répondre aux diverses exigences du maintien en bon état d’un hébergement de cette capacité. Lors des week-ends, ou presque, ce sont les 11 gardiens, composés de huit hommes et de trois femmes, qui prennent le relais pour accueillir les sportifs ou les groupes d’amateurs, tout en assurant une présence discrète mais efficace.

Les routines quotidiennes du gardien : entre accueil, vérification et gestion des ressources

Le rôle du gardien oscille entre organisation et service. Son matin commence avant même l’arrivée des vacanciers, en ouvrant le chalet, en vérifiant que tout est en ordre ou en allumant le feu en hiver. Il accueille puis s’occupe du groupe, puis, après leur départ, il range, remet en place et nettoie le lieu. La tâche essentielle consiste à surveiller la source d’eau qui alimente le refuge, un élément vital sans lequel le chalet ne pourrait fonctionner. Il contrôle notamment le débit pour décider si les douches peuvent être prises ou non, soulignant la nécessité d’une grande rigueur et d’une capacité d’adaptation constante.

Le gardien : un rôle d’équilibriste, entre discrétion et disponibilité

L’attitude de celui qui veille sur le refuge doit concilier présence rassurante et discrétion. Il doit savoir se faire tout simplement oublier tout en étant prêt à intervenir en cas de besoin. Cela suppose de garder une certaine distance, à l’image d’un aubergiste accueillant ses clients sans empiéter sur leur intimité. Une harmonie délicate qu’il doit maintenir pour que chaque séjour reste agréable dans ce cadre montagnard.

Une histoire de partage à travers les activités et les anecdotes mémorables

La diversité des groupes accueillis révèle l’esprit ouvert et convivial qui règne dans ce lieu. Les profils varient allant des skieurs aux amateurs de fêtes, en passant par des associations ou des entreprises organisant des séminaires. Parmi les souvenirs des membres du SCT, Henri Schott évoque notamment un moment amusant où des scouts ont organisé un Cluedo géant dans les dortoirs, utilisant le chalet comme décor pour reconstituer des scènes de crimes. Ce type d’activités illustre la richesse des expériences que l’on peut vivre dans cet environnement inattendu et authentique.

Un patrimoine familial et historique, témoin de plusieurs décennies d’existence

Depuis sa création, le refuge a connu de nombreuses évolutions. Jusqu’en 1967, l’électricité était fournie par un moteur manuel, que le gardien devait faire tourner chaque jour pour alimenter le chalet. Aujourd’hui, ce lieu chargé d’histoire continue de faire vivre l’esprit de ses pionniers, tout en s’adaptant aux exigences modernes. La longévité du Ski-club du Treh, fondé en 1906, témoigne d’un lien fort entre la montagne, le sport et la communauté, un héritage que la célébration de ses 120 ans, en juin, vient souligner avec fierté.

Ce refuge, vestige d’un passé riche, reste un exemple emblématique de l’amitié et du dévouement qui se transmettent au fil des générations dans cette région montagnarde. Son histoire, ses bénévoles et ses activités en font un lieu unique, où chaque visite devient une expérience partagée empreinte de tradition et de convivialité.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.