Témoignage : comment Christine a retrouvé des nuits paisibles malgré ses grandes fatigues

Sophie Lambert

Une fatigue exceptionnelle qui devient insupportable

Au sortir de l’année 2022, Christine, une femme originaire des Vosges proche de la soixantaine, se sentait complètement épuisée, au point de ne plus saisir ce qui alimentait ce besoin constant de sommeil. Pourtant, elle avait toujours été une personne qui dormait bien, mais récemment, une fatigue persistante s’était immiscée dans sa vie, la rôdant jour et nuit. En un laps de temps relativement bref, cette somnolence incontrôlable s’était installée, résistant même à de longues nuits de sommeil et à de multiples siestes répétées. La fatigue, insidieuse dans ses débuts, avait fini par prendre le dessus. Christine raconte que ce processus s’était déroulé de manière progressive, donnant l’impression d’un lent déclin. Elle se souvient qu’à l’approche du week-end, notamment le vendredi soir, en rentrant du travail, elle sombrerait dans un sommeil profond dès 18 heures, dormant jusqu’à 23 heures, puis se réveillant brièvement pour déjeuner avant de se remettre au lit jusqu’à 10 ou 11 heures le lendemain matin. La sieste était devenue une nécessité incontournable, une étape obligatoire de son quotidien, s’étendant de 14 heures à 18 heures le samedi après-midi, car elle ne supportait plus la fatigue. Même en dormant jusqu’à 14 heures en semaine, l’énergie lui manquait toujours, elle peinait à se relever, même avec un réveil. La fatigue qu’elle ressentait, paradoxalement, ne semblait même pas dépendre de la quantité de sommeil. « Même en dormant très longtemps, je restais épuisée », se rappelle-t-elle. Malgré ces heures de repos, la lassitude persistait, l’épuisement s’était enraciné en elle. Christine exprime qu’elle en avait assez d’être constamment fatiguée, un épuisement qu’elle qualifie de total, envahissant tout son corps et sa vie.

Une rupture progressive de la vie sociale

Cette tendance à la somnolence incessante devenait de plus en plus difficile à supporter dans le contexte de ses responsabilités professionnelles. En tant que responsable commerciale, Christine a dû réduire considérablement ses déplacements, car même les trajets en voiture devenaient incompatibles avec cette fatigue extrême. Elle raconte qu’elle mangeait parfois à toute vitesse pendant sa pause de midi, afin de pouvoir s’accorder une sieste de deux heures. Elle tentait de se concentrer sur ses tâches, mais les semaines étaient alors particulièrement éprouvantes. La fatigue affectait également ses relations sociales : ses sorties entre amis et son engagement dans diverses associations étaient devenus presque impossibles à maintenir. La perspective d’organiser des activités était devenue incertaine, car elle savait qu’elle allait finir par succomber au sommeil tout le week-end. « Quand je sortais quelque part, je me battais pour ne pas dormir, ce qui était très difficile. Tout le monde pouvait voir que j’étais épuisée, mais pour moi, cela restait incompréhensible compte tenu de tout le sommeil que je pouvais accumuler », témoigne la Vosgienne.

Le diagnostic : un trouble du sommeil identifié

Perdue dans cette fatigue chronique, Christine s’est finalement tournée vers son médecin traitant. Après avoir expliqué ses symptômes, elle a été orientée vers un centre spécialisé du sommeil situé à Épinal. Là, durant deux journées complètes, elle a subi une série de tests, tout en étant équipée d’électrodes placées sur le crâne afin de surveiller son sommeil. Les résultats ont révélé qu’elle souffrait d’apnée du sommeil, une affection caractérisée par des micro-réveils durant la nuit, souvent de quelques secondes, qui empêchent un sommeil réparateur. Ces micro-interruptions sont si fréquentes qu’elles fragmentent la qualité de l’incroyable sommeil profond de la personne concernée. La détection a aussi mis en évidence ses puissants ronflements, pouvant atteindre, selon les observations, jusqu’à 80 décibels, ce qui correspond au bruit d’une tondeuse à gazon. La gravité de cette condition n’est pas à sous-estimer, car si elle n’est pas traitée, elle peut entraîner de graves complications comme une hypertension artérielle, une insuffisance cardiaque ou un risque accru d’accidents vasculaires cérébraux.

Le traitement efficace : dormir avec un appareil

Face à cette problématique, la seule solution proposée par les spécialistes consiste à recourir à un traitement à l’aide d’un appareil. Depuis mars 2023, Christine utilise un masque facial qu’elle porte chaque nuit. Ce dispositif lui délivre un courant d’air permettant de maintenir ses voies respiratoires ouvertes durant le sommeil. En quelques mois seulement, elle a retrouvé des nuits complètes allant de 7 à 9 heures, ce qui a transformé son état général. Elle confie qu’elle se sent désormais en pleine forme dès le matin, capable de tenir toute une journée sans ressentir de somnolence. Elle décrit cette nouvelle situation comme une véritable renaissance, une métamorphose qui a changé sa vie. Depuis qu’elle utilise cet appareil, Christine a retrouvé non seulement son énergie mais aussi un peu de temps pour elle, la somnolence ayant cessé de dominer son quotidien. Le sommeil n’est plus une contrainte mais une étape réparatrice. Elle encourage vivement toute personne souffrant de troubles du sommeil à se faire diagnostiquer, évoquant surtout l’expérience de son mari, qui souffrait d’insomnies sévères. Même en prenant des somnifères, il n’arrivait à dormir que quelques heures par nuit. Après avoir été testé, il a également découvert qu’il souffrait d’apnée du sommeil et a depuis amélioré considérablement la qualité de son sommeil grâce à un traitement adapté. Le couple, confronté à cette contrainte, a appris à vivre avec cette solution qu’ils jugent indispensable. « Avec les résultats et la nouvelle qualité de vie que cela m’apporte, je peux dire que ça vaut vraiment le coup », conclut Christine avec satisfaction.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.