Leasing social des véhicules électriques en 2026 : des coûts réels en hausse de 85 %!

Sophie Lambert

Le leasing social : une initiative pour démocratiser la mobilité électrique en 2024

Depuis son lancement en 2024, le dispositif de leasing social a pour objectif de faciliter l’accès aux véhicules électriques pour un plus large public. Lors de ses deux premières éditions, il a permis à 100 000 citoyens français de bénéficier de cette aide. La campagne qui sera de nouveau lancée le 16 juillet prochain se voit dotée d’un budget de 401 millions d’euros. Elle vise à accompagner à nouveau 50 000 bénéficiaires, renforçant ainsi la volonté de rendre la mobilité électrique plus accessible aux ménages modestes.

Un public ciblé : les ménages aux revenus modestes et leurs critères d’éligibilité

Conçu pour les foyers aux ressources limitées, le programme s’adresse principalement aux ménages dont le revenu fiscal maximal par part ne dépasse pas 16 880 euros. Par ailleurs, ce dispositif concerne également les actifs domiciliés à plus de 10 kilomètres de leur lieu de travail ou qui parcourent une distance annuelle supérieure à 8 000 km pour leurs déplacements professionnels ou quotidiens. Une nouvelle règle de candidature s’applique cependant : ceux qui ont déjà bénéficié des éditions 2024 ou 2025 ne sont pas éligibles pour cette troisième campagne, afin d’assurer une rotation équitable des aides.

Ce que signifie concrètement l’aide financière : un loyer réduit, mais des coûts totaux élevés en pratique

Sur le papier, la promesse paraît simple : une voiture électrique disponible à un prix mensuel entre 95 et 199 euros, sur une période de trois ans, sans apport initial. Cependant, cette aide publique ne couvre que le tarif de location du véhicule. Assurances, entretien, frais de recharge, et tous les autres coûts liés restent à la charge du conducteur. En réalité, cela peut faire doubler, voire tripler, le coût réel du véhicule par rapport à l’offre initiale. La différence entre le prix affiché et le montant final payé par le bénéficiaire peut ainsi devenir considérable.

Comment se compare le coût réel d’un leasing électrique ? Analyse par Leocare

Pour mettre en évidence l’écart entre le coût annoncé et la dépense réelle, Leocare a analysé 37 modèles de voitures éligibles en intégrant le tarif annuel moyen de l’assurance tous risques. Selon Christophe Dandois, co-fondateur de Leocare, « Avec l’estimation d’un loyer compris entre 95 et 199 euros, les dépenses supplémentaires liées à l’usage du véhicule font rapidement grimper le coût annuel. Par exemple, une Opel Frontera proposée à 99 euros par mois voit ses coûts cumulés atteindre 2 197 euros par an une fois qu’on ajoute l’assurance, l’entretien annuel d’environ 108 euros, et la charge de recharge d’environ 350 euros. »

Une aide insuffisante sans transparence sur les coûts cachés

L’enjeu principal réside dans la nécessité de garantir une information claire et précise dès le départ. « L’objectif n’est pas seulement de rendre les véhicules électriques accessibles, mais aussi d’assurer un cadre de référence transparent, sans imprévus ni coûts non anticipés. Un surcoût non dévoilé peut mettre en difficulté financière certains ménages, ce qui compromet la pérennité du programme de leasing social sur la durée » insiste Christophe Dandois. La transparence est essentielle afin d’éviter que des coûts additionnels inattendus ne mettent en péril la stabilité financière des bénéficiaires.

Les modèles de véhicules principalement concernés par le dispositif

Plusieurs modèles de voitures électriques sont fortement sollicités dans le cadre de cette opération. Parmi eux, on trouve des modèles de différentes marques, avec des coûts et des spécificités variés. Par exemple, l’Opel Frontera, proposé à environ 99 euros par mois, s’accompagne de coûts annuels totaux pouvant atteindre plus de 2 197 euros, incluant le prix de la recharge et l’entretien. D’autres modèles, comme la Fiat Grande Panda, la Hyundai Ioniq, ou encore la Citroën ë-C3 Aircross, présentent également des coûts totaux annuels qui dépassent le simple montant du loyer mensuel.

Une analyse précise de ces véhicules montre que le coût total annuel, en incluant assurance, entretien et recharge, peut représenter plus de 80 % du prix initial du contrat de leasing. La disparité entre le prix affiché et les coûts réels s’élève souvent à plus de 50 %, renforçant la nécessité d’une gestion rigoureuse et transparente des dépenses pour éviter toute mauvaise surprise.

L’assurance : une dépense souvent sous-estimée mais cruciale

Parmi les coûts additionnels, l’assurance constitue un poste de dépense qui peut s’averer significatif. Elle est obligatoire pour pouvoir prendre la route et son tarif dépend de plusieurs facteurs, notamment le profil du conducteur, sa localisation, et le nombre de sinistres antérieurs. Pour cette étude, Leocare a considéré une formule tous risques, généralement recommandée pour les véhicules neufs en leasing, et élaborée à partir d’un profil type : un conducteur de 40 ans, résident à Poitiers, bénéficiant d’un bonus de 50 %, assuré depuis plus de trois ans et sans sinistre responsable.

Selon cette étude, le coût de l’assurance pour ces véhicules varie entre 400 et 700 euros par an, en fonction du modèle. Christophe Dandois précise toutefois que « cette estimation est très favorable : si vous habitez en centre-ville, dans une zone urbaine dense ou si vous avez déjà eu un sinistre, le montant de la prime d’assurance peut grimper de façon importante, voire devenir un obstacle pour certains ménages. »

Ce poste de dépense reste une part souvent négligée lors de l’évaluation totale d’un coût de location, alors qu’il peut déjà faire augmenter substantiellement le budget annuel consacré à la voiture électrique. Analyser avec transparence ces dépenses permettrait d’éviter toute mauvaise surprise et d’assurer une meilleure prise en compte du coût réel dans le cadre du leasing social.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.