Sortie cinéma : Les Caprices de l’enfant roi avec Artus, une comédie sur Louis XIV.

Sophie Lambert

Une ambition audacieuse pour redonner vie au cinéma classique

Michel Leclerc aborde la réalisation avec une grande ambition. Son objectif principal est de ressusciter le charme et la magie des films à succès d’antan, en s’inspirant des maîtres du genre. Il évoque Jean-Paul Rappeneau pour ses comédies d’époque, Philippe de Broca pour ses aventures dynamiques, ou encore Gérard Oury pour ses comédies de situation remplies de bons mots et de situations cocasses. Le réalisateur s’efforce de exploiter au maximum toutes les techniques et astuces que ses prédécesseurs ont utilisées pour séduire le public, tout en y insufflant une touche de modernité. Il souhaite le faire à travers une écriture renouvelée, par des ruptures dans la narration et une utilisation délibérée de l’anachronisme, dans le but de donner une nouvelle vie à un genre aussi old-school que divertissant. Son scénario, coécrit avec Baya Kasmi et Alexandre Castagnetti, privilégie un divertissement intense, opte pour une théâtralité affirmée, mais risque également d’alourdir la structure de la comédie. La charge de comédie et la vivacité des acteurs pourraient ainsi être altérées, freinant le rythme général et risquant de ralentir les rebondissements qui font la force des bonnes comédies.

Une intrigue riche en rebondissements historiques et rocambolesques

Mais que raconte précisément ce film ? Il s’agit d’« Une histoire vraie… sauf pour les historiens », une narration qui mêle éléments de complots à la cour royale et dans les hautes sphères du royaume, avec des intrigues plus intimes. Le récit évoque aussi un Cyrano rongé par un amour secret, pas pour Roxane cette fois, mais pour Madeleine Béjart, qui elle-même a des sentiments pour Molière, infidèle à sa compagne avec des yeux qui lorgnent ailleurs. Michel Leclerc s’inspire du principe comique cher à Oury, à savoir opposer des personnages très différents confrontés à des univers qui les dépassent, en les plaçant dans des situations qu’ils n’auraient jamais dû croiser. Un peu à la manière d’un puzzle détonant, ce film vise à dépeindre des figures contrastées et des univers disparates, créant ainsi un chaos narratif qui promet de surprendre et de divertir.

Louis XIV découvre la vie dans une période de troubles

L’histoire se déroule en 1651, lorsque Louis XIV n’a pas encore l’âge de régner et ne peut donc pas accéder directement au trône. Sa mère, Anne d’Autriche, décide de l’envoyer en toute hâte loin de Paris, sous la menace des troubles de la Fronde, ce qui le pousse à quitter la capitale. Pour le protéger des dangers, un sosie du jeune roi est placé à sa place, tandis que celui-ci est confié à D’Artagnan, l’illustre mousquetaire. D’Artagnan, à son tour, confie Louis à Cyrano de Bergerac, qui le cache dans la troupe de théâtre dirigée par Madeleine Béjart et Molière. Dans ce contexte, le futur roi Soleil va faire ses premiers pas dans la vie, découvrant les joies et les drames du monde qui l’entoure. Ce récit d’apprentissage mêle aventure et histoire, en montrant comment Louis XIV, ici jeune garçon, va peu à peu se forger une identité et prendre conscience de son destin.

Une distribution allégorique et haut en couleur

Comme s’il avait tiré au hasard dans une boîte à malices, Michel Leclerc rassemble un casting éclectique pour donner vie à cette mascarade historique. La distribution est composée de figures connues et de jeunes talents, tous mis en scène pour renforcer l’effet de décalage voulu. Artus incarne un Cyrano à la fois puissant et sensible, Julia Piaton joue une Madeleine Béjart pétillante, Nemo Schiffmann incarne un Molière un peu tête à claques, fringant mais maladroit, tandis que Franck Dubosc prête ses traits à un D’Artagnan vantard, prétentieux mais peu compétent. Doria Tillier joue une Anne d’Autriche sympathique, mais sans grande profondeur, et Niels Hamel-Brochen, un jeune acteur prometteur, interprète à la fois Louis XIV et son sosie, apportant une touche de jeunesse et d’humour. La véritable révélée de cette distribution est Suzanne de Baecque, qui, avec brio, mêle fantaisie et folie pour tirer son épingle du jeu, apportant à l’ensemble un supplément de vivacité et d’originalité, incarnant la folie douce d’un épisode historique revisité avec légèreté.

Une sortie prévue pour sensibiliser et divertir

Ce film, intitulé « Les Caprices de l’enfant roi », signé Michel Leclerc, sera disponible dans les salles obscures dès le mercredi 24 juin, pour une durée de 1 heure 54 minutes. Fort de cette veine d’humour décalé, il promet un moment de divertissement mêlé de curiosité historique, avec une approche farcie d’absurde et d’histoires rocambolesques.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.