Fissures dans votre maison causées par la sécheresse : pouvez-vous être indemnisé ?

Sophie Lambert

Ce phénomène est particulièrement fréquent dans les sols contenant une forte proportion d’argile, car ces derniers retiennent une grande quantité d’eau, ce qui accentue leur susceptibilité aux variations de volume dues aux conditions climatiques.

Il est important de noter que ce type de déformation affecte généralement davantage les maisons que les immeubles, principalement parce que celles-ci reposent sur des fondations plus peu profondes. Cela concerne aussi bien les habitats neufs que les bâtiments plus anciens, ayant subi les effets du retrait-gonflement du sol au fil du temps.

Les diverses formes de fissures observées

Après une période de chaleur extrême ou une sécheresse prolongée, plusieurs types de fissures peuvent apparaître sur une construction ou dans le sol :

  • Des fissures en forme d’escalier suivant les joints de maçonnerie des murs
  • Des fentes localisées près des fenêtres ou des portes
  • Des décollements ou affaissements des dalles ou des carreaux au sol
  • Des difficultés à fermer ou ouvrir portes et fenêtres
  • Des parties du crépi ou de l’enduit qui se détachent

À quel moment doit-on s’inquiéter ?

Il faut distinguer les fissures qui présentent un risque réel de dégradation de la maison. En règle générale, une fissure de moins de 2 millimètres d’épaisseur ne constitue pas une menace immédiate. Toutefois, il est crucial de suivre son évolution dans le temps pour repérer toute aggravation.

Une fissure traversante, visible aussi bien côté intérieur que extérieur, doit alerter davantage et inciter à la prudence.

Dans cette situation, faire appel à un professionnel du bâtiment est recommandé. Il pourra déterminer si la sécurité de la structure est compromise ou si des travaux de consolidation s’imposent pour éviter tout risque d’effondrement ou de dégradation supplémentaire.

Il est important de souligner que la majorité des fissures apparaissent généralement dans les deux mois suivant une période de sécheresse intense, en raison des cycles répétés de retrait et de gonflement du sol.

Photo Adobe Stock

Dans quels cas peut-on espérer une indemnisation ?

Les fissures dues à la sécheresse ne donnent pas automatiquement droit à une indemnisation. La reconnaissance des dégâts dépend des circonstances et des couvertures souscrites dans votre contrat d’assurance habitation.

En effet, seule l’assurance couvrant la “catastrophe naturelle” permettra une indemnisation, mais cette démarche n’est possible qu’après que la commune ait été officiellement déclarée en état de catastrophe naturelle par un arrêté préfectoral.

Une fois cette déclaration effectuée, le montant de l’indemnisation reste fonction de l’étendue des dommages et des coûts nécessaires pour restaurer la propriété.

Quelles étapes suivre en cas de sinistre ?

Dès la constatation de fissures importantes, il est essentiel de prévenir rapidement votre mairie et de lui conseiller de demander la reconnaissance officielle de votre secteur comme zone de catastrophe naturelle. Cette étape permet souvent de couvrir plusieurs habitations touchées dans la région.

Il est également conseillé de prévenir votre compagnie d’assurance, en prenant soin de documenter les dommages avec des photographies précises et datées.

En cas de travaux pour réparer votre habitation, conservez toutes les factures relatives aux matériaux utilisés et aux artisans engagés. Ces documents seront indispensables pour constituer un dossier lors de la demande d’indemnisation.

Après que l’arrêté de reconnaissance en catastrophe naturelle ait été publié au Journal officiel, vous disposez d’un délai d’un mois pour effectuer une déclaration de sinistre auprès de votre assureur.

Mesures pour limiter le risque de fissuration

  • Établir un trottoir autour de votre bâtiment afin de faciliter l’évacuation des eaux pluviales, limitant ainsi l’humidité excessive au sol.
  • Éviter la plantation d’arbres proches des fondations, car leurs racines peuvent absorber l’eau dans le sol et aggraver le phénomène de retrait-gonflement.
  • Surveiller l’étanchéité de vos canalisations d’évacuation pour prévenir toute infiltration ou accumulation d’eau indésirable.
Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.