Enquête ouverte sur un enseignant soupçonné de viols sur des élèves de maternelle dans les Alpes-Maritimes

Sophie Lambert

Une procédure judiciaire a été mise en route, avec la saisine d’un juge d’instruction dans le cadre d’une enquête concernant un enseignant dans les Alpes-Maritimes, soupçonné de viols sur des jeunes élèves de maternelle, a précisé mardi le procureur de Grasse. Le déclenchement d’une instruction est une étape obligatoire lorsque qu’une plainte avec constitution de partie civile est enregistrée, conformément à la législation en vigueur.

Des parents ont décidé de relancer cette affaire plusieurs mois plus tard, après la clôture de l’enquête préliminaire et le classement sans suite du dossier par le parquet, comme l’a rapporté France 3. En octobre dernier, le procureur de Grasse, Éric Camous, avait déclaré par voie de communiqué que le dossier avait été classé, en affirmant qu’après les investigations, aucune charge ne pouvait laisser penser à la véracité des faits évoqués. Cependant, mardi, un groupe de parents d’élèves a tenu une conférence de presse afin de critiquer la manière dont la première enquête menée par le parquet avait été réalisée, certains adultes allant jusqu’à qualifier cette démarche de « bâclée ».

L’enseignant a été autorisé à reprendre ses fonctions

Les faits remontent à des déclarations faites par deux enfants de moyenne section dans une école maternelle située à Saint-Laurent-du-Var, lesquels ont évoqué que leur maître touchait « les fesses » avec ses doigts. D’après un parent qui a porté plainte, l’audition menée par la police a été très courte, avec peu de temps pour instaurer un climat de confiance, ce qui a empêché l’enfant de s’exprimer pleinement ; son seul commentaire a été « je sais plus ». Dans son communiqué d’octobre, le parquet avait indiqué que les enfants avaient utilisé des « propos difficilement formulés », et que le lieu des faits ne pouvait être clairement localisé ou mis en contexte. Lors de son audition, un des enfants aurait simplement affirmé que « rien ne s’était passé ».

Après la multiplication des plaintes, l’enseignant concerné avait été mis en suspension. Par ailleurs, une réunion avait été organisée à l’école pour exposer la situation à l’ensemble des parents. Deux autres plaintes, cette fois déposées par les parents d’une petite fille et d’un autre élève, ont suivi. Malgré le classement sans suite, l’enseignant a été réintégré dans l’école, mais affecté à un poste où il n’était pas en contact direct avec les enfants. Cet homme, en poste depuis plus de dix ans sans qu’aucune plainte n’ait été formulée contre lui auparavant, a toujours nié fermement les accusations portées contre lui, ce qui, selon le procureur, l’a laissé dans une grande incompréhension. Les enfants sont désormais suivis par un service de psychologie dans un établissement hospitalier, où leur ont été délivrées des attestations confirmant l’existence de troubles compatibles avec les traumatismes qu’ils ont décrits.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.