En 2026, 87 % des Français maîtrisent mal la fiscalité malgré leur épargne familiale

Sophie Lambert

Une compréhension limitée de la fiscalité de l’épargne chez les Français

Les citoyens français ont une conscience généralement faible quant à leur connaissance de la fiscalité liée à l’épargne. Selon une étude récente, une majorité écrasante, soit 87 %, considèrent leur niveau de compréhension dans ce domaine comme étant insuffisant ou incomplet. Parmi eux, près d’un tiers, soit 31 %, se déclarent même en mesure de qualifier leur maîtrise de cette fiscalité comme extrêmement faible. En revanche, il n’est que 13 % à estimer posséder une bonne connaissance, et parmi eux, à peine 1 % à se voir assigner un niveau d’expertise très élevé, équivalent à des notes comprises entre 9 et 10 sur une échelle de 10.

Les disparités selon le profil démographique et professionnel

Cette lacune en matière d’informations est particulièrement frappante chez certains groupes sociaux. La différence entre les sexes est notable : 92 % des femmes déclarent avoir une connaissance limitée, contre 81 % chez les hommes. La situation est encore plus préoccupante pour les femmes de moins de 35 ans, où cette proportion grimpe à 95 %. À l’opposé, certains segments professionnels et sociaux affichent une meilleure maîtrise du sujet. Par exemple, parmi les cadres, seulement 22 % ont une perception faible ou lacunaire. Les retraités appartenant aux catégories supérieures (CSP+) ne sont que 20 % dans cette situation, de même que les diplômés ayant suivi un cycle supérieur, tels que les titulaires d’un master ou d’un doctorat, dont 20 % seulement déclarent une connaissance insuffisante.

Une influence perçue de la fiscalité sur les choix d’épargne

Malgré cette méconnaissance, une majorité notable de Français considère que la fiscalité de l’épargne influence grandement leurs décisions financières. Près de trois quarts des personnes qui investissent de façon régulière pensent que la fiscalité a un impact déterminant sur leurs choix de placement, avec 27 % qui estiment qu’elle a une influence très forte, et 49 % une influence modérée. Cette perception est encore plus prononcée chez certains groupes spécifiques : 81 % des personnes âgées de 65 ans et plus, tout comme les femmes de plus de 35 ans, accordent une importance accrue à cet aspect. De même, chez les cadres et ceux bénéficiant d’un niveau de vie élevé (fondé sur un revenu supérieur à 3 652 € mensuels par personne au foyer), la perception de l’impact de la fiscalité est largement renforcée. À l’inverse, les jeunes adultes et les femmes de moins de 35 ans consacrent moins d’attention à cette problématique.

L’éventualité d’une hausse de la fiscalité et la réorientation de l’épargne

Face à la perspective d’un accroissement de la pression fiscale sur l’épargne, la majorité des Français anticipent une réorientation plutôt qu’un simplement un repli dans leurs comportements d’investissement. En effet, 46 % des personnes interrogées envisagent de déplacer leur épargne vers des solutions plus avantageuses fiscalement, moins taxées. Quant à ceux qui maintiendraient leur niveau d’épargne actuel, ils sont 28 %, tandis que 20 % exprimeraient le souhait de diminuer leur effort d’épargne, et 6 % seraient prêts à l’augmenter.

Comportements selon le profil face à une hausse fiscale

L’intérêt pour la réorientation de l’épargne vers des placements plus fiscalement avantageux est particulièrement marqué chez certains groupes. Parmi eux, on retrouve largement les cadres (54 %), les professions intermédiaires (54 %), ainsi que les diplômés de deuxième ou troisième cycle (54 %). Les personnes disposant d’un revenu supérieur à 3 652 € par mois, soit plus de 61 % d’entre eux, ainsi que les épargnants investissant régulièrement, montrent également une forte propension à cette stratégie de réallocation.

À l’opposé, les ménages aux revenus plus modestes ou à la qualification inférieure privilégieraient plutôt la stabilité ou la réduction de leurs efforts d’épargne en cas d’augmentation de la fiscalité. Ces comportements traduisent une perception selon laquelle la fiscalité joue un rôle essentiel dans l’orientation des choix d’épargne, même si la plupart des ménages ne disposent pas d’une compréhension complète de ses mécanismes. Ils en perçoivent néanmoins les effets sur la rentabilité globale de leurs investissements et en tiennent compte dans leurs décisions de gestion patrimoniale.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.