Covid-19 : l’intensification de la circulation du virus, faut-il craindre une nouvelle vague ?

Sophie Lambert

Le retour du SARS-CoV-2 après la période estivale : une tendance incontournable

Depuis plusieurs années, l’arrivée de l’automne marque un regain d’intérêt pour la pandémie de COVID-19, avec une recrudescence des infections par le SARS-CoV-2. Après la pause estivale, qui voit généralement une atténuation des cas, la circulation du virus reprend de plus belle. La reprise des activités scolaires et professionnelles, avec la rentrée des classes et la reprise du travail pour les adultes, entraîne une augmentation significative du nombre de personnes rassemblées dans des espaces confinés. Ces conditions propices à la transmission virale facilitent la propagation du SARS-CoV-2, renforçant ainsi sa persistance dans la population.

Une recrudescence notable dans l’environnement environnemental

La contamination du virus n’est pas seulement observée à travers le nombre de cas déclarés, mais aussi dans l’analyse de l’eau usée, où l’on constate une tendance à la hausse de la présence du SARS-CoV-2. En particulier en Île-de-France, région densément peuplée regroupant plus de 12 millions d’habitants, les données des eaux usées publiées par Santé publique France à la fin septembre confirment cette augmentation. Le rapport du 23 septembre soulignait une circulation du virus à un niveau jamais atteint depuis octobre 2024, avec la mention que la détection accrue dans les eaux usées précède souvent une augmentation des cas cliniques chez l’humain. Toutefois, ces fluctuations ne permettent pas encore d’évaluer précisément la gravité ou la sévérité des infections en cours. Un second bulletin publié le 30 septembre réitérait cette tendance à la hausse, confirmant la persistance d’une dynamique de circulation virale dans la région.

Pas de flambée alarmante mais une remontée sensible des cas

Malgré cette tendance à la hausse des contaminations, la situation ne s’apparente pas à une crise sanitaire immédiate. La mi-septembre a vu une augmentation du nombre d’interventions dans les services d’urgence et chez les médecins urgentistes. Selon le rapport publié par Santé publique France le 23 septembre, on a observé une augmentation de 16 % des passages aux urgences pour suspicion de COVID-19 chez les enfants, tandis que chez les adultes, cette augmentation atteignait 67 %. Chez les professionnels de santé exerçant chez SOS Médecins, les actes pour suspicion de COVID-19 ont crû de 76 % toutes générations confondues. Malgré ces accroissements, les chiffres restent comparables à ceux relevés à la même période l’année précédente, ce qui tempère la perception d’une recrudescence dramatique.

Une tendance persistante dans la continuité : la semaine qui a suivi

Les premiers chiffres disponibles pour la semaine suivant la mi-septembre montrent que cette tendance à la hausse s’est maintenue. Le 30 septembre, les indicateurs indiquaient une augmentation de 22 % du nombre de passages aux urgences et des hospitalisations chez les adultes concernés par la COVID-19. Simultanément, les activités des services de médecins généralistes et d’urgence rapportaient une hausse de 19 % des interventions pour suspicion d’infection par le virus, avec 173 actes supplémentaires. Selon Santé publique France, ces tendances de hausse sont en ligne avec celles observées durant les mêmes périodes lors des années précédentes, suggérant une régularité saisonnière plutôt qu’une crise inédite ou alarmante.

Une saisonnalité du SARS-CoV-2 : une hypothèse crédible

Selon Benjamin Davido, spécialiste en infectiologie à l’hôpital Raymond-Poincaré à Garches, le comportement du SARS-CoV-2 pourrait être en train de s’installer dans un cycle saisonnier. Il évoque que, depuis la fin de la pandémie en 2023, la grippe a également connu un retour marqué, avec des formes graves et un nombre accru de décès. Si cette dynamique de compétition entre virus se poursuit pour une troisième année consécutive, cela pourrait indiquer que le SARS-CoV-2, comme d’autres agents infectieux, commence à suivre un modèle saisonnier, se manifestant de façon plus systématique à certaines périodes de l’année, notamment vers la fin septembre et octobre. Davido rappelle qu’avant la pandémie, cette période automnale était déjà propice à la circulation des coronavirus saisonniers, ce qui pourrait signifier une adaptation du virus à ces cycles naturels, notamment si sa circulation diminue à la fin du mois d’octobre. Si cette hypothèse se vérifie, cela pourrait offrir des perspectives pour anticiper et mieux gérer la pandémie à l’avenir. Toutefois, le spécialiste insiste sur le fait que la menace reste faible, en soulignant que la vaccination demeure une mesure clé pour protéger les populations les plus vulnérables.

Le lancement de la campagne de vaccination pour la saison automnale

En France, la campagne de vaccination contre la COVID-19 s’apprête à débuter le 13 octobre 2026, en parallèle avec la campagne contre la grippe saisonnière. Ciblant en priorité les groupes à haut risque, tels que les personnes susceptibles de développer des formes graves, ainsi que les professionnels de la santé ou ceux en contact fréquent avec des individus vulnérables, cette nouvelle campagne vise à renforcer la protection de la population face à ces deux virus. La vaccination reste un outil essentiel pour limiter la circulation du SARS-CoV-2, surtout dans un contexte où la saison hivernale et ses conditions propices à la transmission impactent directement la dynamique de l’épidémie.

Source : Santé publique France, TF1

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.