Edouard Philippe placé en témoin assisté dans l’enquête pour détournement de fonds publics

Sophie Lambert

Le présidentiel candidat d’Horizons, Édouard Philippe, a été placé jeudi dernier sous le statut de témoin assisté dans le cadre d’une enquête ouverte pour plusieurs infractions, notamment le détournement de fonds publics, le favoritisme et le harcèlement moral concernant la communauté d’agglomération du Havre, dont il est également le maire. Cette information a été rapportée par l’AFP, en se basant sur des sources proches du dossier.

Ancien Premier ministre, Édouard Philippe a été auditionné toute la journée par deux juges d’instruction spécialisés dans le domaine financier. Ces magistrats l’ont convoqué en tant que témoin assisté, un statut qui implique une position moins grave que la mise en examen. Son avocat, Emmanuel Marsigny, a déclaré à l’AFP que « cette décision lui est favorable et confirme qu’il n’a rien à se reprocher dans cette affaire ». Il est important de noter que ce statut pourrait évoluer si de nouveaux éléments sont découverts au cours de l’enquête. Toutefois, en l’état actuel, le risque de poursuites pénales semble s’éloigner pour celui qui a fait connaître sa candidature à la présidence pour 2024.

Des projets dépassant deux millions d’euros en jeu

Les soupçons pesant sur Édouard Philippe ont été évoqués pour la première fois par Cornélia Findeisen, une ancienne directrice générale adjointe de la communauté urbaine du Havre. Elle a notamment centré ses critiques sur une convention triennale fixant des objectifs pour la gestion de la Cité numérique locale, signée en juillet 2020 entre Édouard Philippe, alors président de l’agglomération, et Stéphanie de Bazelaire, qui assurait bénévolement la présidence de l’association LH French Tech. Créée à la même période en juillet 2020, cette association a été désignée par la collectivité après avoir répondu à un appel d’offres lancé en mars 2020, dans le cadre d’un service d’intérêt économique général (SIEG). La société a été la seule à proposer un projet, pour lequel elle devait recevoir une compensation de 2,154 millions d’euros afin de financer diverses activités.

Les accusations formulées par Cornélia Findeisen concernent principalement un accord d’objectifs pluriannuel pour la gestion de la Cité numérique au Havre, signé en juillet 2020 entre Édouard Philippe et Stéphanie de Bazelaire, qui occupait alors la présidence bénévole de LH French Tech. La jeune structure, qui a été créée en juillet 2020, a été choisie pour cette mission suite à un appel à manifestation d’intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020, dans le cadre d’un service d’intérêt économique général. LH French Tech s’est portée seule candidate à cette opération et devait recevoir une compensation financière de 2,154 millions d’euros pour réaliser divers projets.

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Cornélia Findeisen, qui a été directrice générale adjointe de la communauté urbaine Le Havre Seine Métropole de septembre 2020 à avril 2023, a déposé deux plaintes concernant cette affaire. La première, en 2023, a permis au parquet national financier d’ouvrir une enquête préliminaire, avec des perquisitions menées lors d’un raid. La seconde plainte, enregistrée en juin 2025, sollicitait la constitution de partie civile, ce qui a conduit en mai 2026 à la saisine de juges d’instruction financiers parisiens. En janvier 2025, elle a obtenu la reconnaissance de son rôle de lanceuse d’alerte, ce qui lui confère un statut particulier dans la procédure.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.