Des pêcheurs bloquent le dépôt pétrolier de Frontignan dans l’Hérault après Fos-sur-Mer

Sophie Lambert

Ce mercredi, une nouvelle opération de protestation s’est déroulée, après celle de Fos-sur-Mer la veille. Un groupe d’une centaine de pêcheurs a bloqué le dépôt de carburant de Frontignan, situé dans l’Hérault. Cependant, cette mise à l’arrêt s’est terminée dans la calme, suite à l’intervention des forces de l’ordre. Ce mouvement, qui en était à son troisième jour, avait pour but de sensibiliser le gouvernement concernant l’augmentation des prix des carburants ainsi que la dégradation de leurs conditions de travail. Autour de 9h30 du matin, plusieurs équipes de CRS sont arrivées sur le site pour dissuader les manifestants. Les pêcheurs, avant de se disperser, leur ont lancé des invectives, insistant sur leur propre situation : « Vous êtes aussi concernés ! N’oubliez pas que vous allez à la pompe vous aussi ! Nous on meurt de faim », a lancé l’un d’eux. Par ailleurs, une délégation de pêcheurs s’était rendue à Sète une heure auparavant, afin d’y tenir une réunion avec les autorités de la région Occitanie, responsable du port de Sète.

Une manifestation menée pour faire pression jusqu’à obtenir une rencontre

« Notre objectif est de continuer la mobilisation jusqu’à ce que nous soyons reçus par la ministre de la Pêche », a précisé Ange Natoli, qui représente les pêcheurs. Il a expliqué que ces derniers avaient prévu de maintenir leur mouvement jusqu’à l’entretien, lequel est programmé pour le jeudi. La démarche vise à montrer leur détermination et à faire en sorte que leur voix soit entendue. Selon leur déclaration, environ une centaine de pêcheurs avaient commencé à se mobiliser dans la nuit de mardi à mercredi, dès 3 heures du matin, à Frontignan. Des images relayées par BFMTV ont montré un feu allumé sur un carrefour menant au dépôt de carburant, symbolisant leur colère et leur détermination.

Persistance du mouvement : une lutte qui ne faiblit pas

Les protestations de mardi ont déjà marqué un épisode notable, notamment avec les pêcheurs qui ont bloqué durant plusieurs heures un dépôt pétrolier à Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône. La situation a été rapidement réglée lorsque la police est intervenue pour lever le blocage. Les manifestants avaient affiché des banderoles portant des messages tels que « L’Europe nous tue » ou encore « L’UE coule nos bateaux et Paris nous regarde ». Par ailleurs, dans le port de Sète, d’autres pêcheurs sont allés jusqu’à empêcher le départ d’un bateau appartenant à Corsica Ferries, en signe de protestation contre les politiques en vigueur.

Les autorités faces à la tension croissante dans le secteur de la pêche

En dépit de ces actions, les pêcheurs restent déterminés à poursuivre leur mouvement. Si la rencontre avec la ministre de la Pêche n’apporte pas de résultats concrets ou si aucune avancée n’est observée, ils annoncent qu’ils ne prévoiront pas de stopper leur action. Ange Natoli a souligné que, sans progrès tangible, le mouvement pourrait même s’intensifier, car il est difficile pour eux de continuer à travailler à perte. La contestation s’étend à plusieurs régions, puisque les comités régionaux de la pêche en Occitanie, Paca et Corse, ainsi que diverses organisations de producteurs et syndicats, ont lancé lundi une mobilisation conjointe sur toute la façade Méditerranée. Leur revendication principale concerne la détérioration constante de leurs conditions de travail, notamment la hausse des coûts d’exploitation et du carburant, sans oublier la multiplication des contraintes administratives et réglementaires. La France se classe comme le deuxième producteur européen de produits de la mer, avec un volume de 477 000 tonnes de poissons et crustacés en 2024, une production qui reste quasiment stable par rapport à 2023, d’après les statistiques officielles.

Une mobilisation qui pourrait s’intensifier si aucune solution n’est trouvée

Ce contexte de tensions et de protestation témoigne de la difficulté pour les professionnels de la pêche de faire face aux crises économiques et réglementaires actuelles. Leur capacité à exercer leur métier dans des conditions dégradées pourrait encore s’éroder si le dialogue avec les autorités ne progressait pas rapidement. La mobilisation de mardi, ainsi que celles en cours, illustrent leur volonté ferme d’obtenir des mesures qui leur permettront de continuer à travailler dans un cadre viable. La crainte d’un durcissement de leur mouvement est réelle, surtout si aucune avancée concrète intervient suite à leur demande de rendez-vous avec la ministre. En conclusion, la persistance de ces actions démontre que les pêcheurs exigent une reconnaissance accrue de leurs difficultés, et qu’ils sont prêts à poursuivre leur lutte jusqu’à ce que leurs revendications soient entendues et prises en compte par le gouvernement.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.