D’après les données transmises par la Banque de France, le secteur du crédit immobilier montre des signes de reprise, avec une augmentation du volume de prêts accordés en mars 2026. Les institutions financières semblent motivées à prêter de nouveau, comme le montre l’extension de leur offre de prêts subventionnés à divers types d’emprunteurs.
Malgré cette dynamique favorable, la prudence demeure essentielle pour les acteurs du secteur du crédit, compte tenu des incertitudes économiques générales et des tensions géopolitiques persistantes.
Une croissance continue de la production de crédits pour le troisième mois consécutif
Les chiffres récents communiqués par la Banque de France, datés du 12 mai, confirment la relance importante du crédit immobilier en France. En dépit d’un contexte mondial et national marqué par des crises géopolitiques, notamment le conflit en Iran, la valeur totale des crédits octroyés hors renégociations s’élevait à 12,6 milliards d’euros en mars 2026. Ce montant connaît une hausse de 9 % par rapport au mois précédent, et une croissance de 3 % par rapport à la même période l’an dernier.
« La progression de la production de crédits s’inscrit dans la continuité d’une année 2025 déjà très performante, où la croissance annuelle a atteint 33 %, totalisant 146 milliards d’euros. Au premier trimestre 2026, le marché demeure en progression, dépassant de près de 7 % les chiffres enregistrés en 2025 », précise Sandrine Allonier, porte-parole du courtier en prêts Vousfinancer.
Une reprise des transactions immobilières également observée
Ce regain d’activité dans le secteur du crédit immobilier s’appuie sur des éléments tangibles. Selon les statistiques des Notaires de France, près de 958 000 ventes dans l’ancien ont été enregistrées sur une période de 12 mois fin février 2026, ce qui équivaut à une hausse annuelle de 11 %.
Des ajustements de taux limités
Bien que quelques hausses aient été observées en raison de la situation géopolitique, notamment en raison des tensions avec l’Iran, la majorité des banques maintiennent une attitude confiante quant à la capacité de remboursement des emprunteurs. Elles cherchent à atteindre leurs objectifs en limitant l’augmentation des taux, en proposant des décotes pour certains profils et en élargissant l’accès aux prêts à taux avantageux, même pour ceux qui ne sont pas des primo-accédants, selon l’analyse de Sandrine Allonier.
Par exemple, une banque mutualiste propose actuellement un prêt à un taux de 2,49 %, jusqu’à 25 ans, pour un montant maximal de 50 000 €, représentant 10 % du montant total emprunté, destiné aux primo-accédants comme aux second-accédants pour des projets de résidence principale, secondaire ou locative. Par ailleurs, une autre institution propose un crédit de 30 000 € à seulement 0,99 % sur une période de 10 ans, spécialement conçu pour les premiers acheteurs.
Points de vigilance à surveiller
Malgré ces signaux positifs, certains aspects restent à suivre de près selon les spécialistes. Le taux d’emprunt des obligations d’État à 10 ans (OAT 10 ans) demeure très volatile, dépassant 3,7 % à la mi-mai. Par ailleurs, l’inflation en zone euro a fortement augmenté, atteignant 2,5 % en mars contre 1,9 % en février, sous l’effet notamment de la hausse du prix du pétrole. En France, le taux de chômage est en hausse, atteignant 8,1 % au premier trimestre, son niveau le plus élevé depuis cinq ans.
« Dans ce contexte, si les tensions autour de l’Iran persistent, la Banque centrale européenne (BCE) pourrait décider de relever de nouveau ses taux directeurs lors de la réunion du 11 juin. Une telle décision pourrait encourager les banques à augmenter leurs taux de prêt, tout en risquant de créer un écart plus important avec le taux d’usure, qui constitue la limite réglementaire de tarification. Cette situation pourrait freiner davantage le financement immobilier pour certains profils, notamment ceux avec des prêts à court terme ou de plus de 45 ans déjà impactés par le coût de l’assurance », souligne Julie Bachet, directrice générale de Vousfinancer.
* Les banques utilisent notamment les taux d’emprunt d’État à 10 ans pour fixer leurs propres taux de crédit destinés aux particuliers.






