Comment se protéger contre la légionellose pour préserver sa santé ?

Sophie Lambert

Épidémie inhabituelle de légionellose en Savoie : un mystérieux regain de cas

Depuis le début du mois de juin, les autorités sanitaires françaises, notamment Santé publique France et le Centre national de référence des légionelles, ont lancé une enquête approfondie pour comprendre l’origine et la nature de la flambée inhabituelle de cas de légionellose survenue dans la région de Savoie. Entre le 1er juin et le 26 août, un total de quarante-huit personnes ont été officiellement déclarées atteintes par cette maladie, touchant un groupe d’individus dont l’âge variait de 26 à 91 ans. Malheureusement, deux de ces personnes, âgées de 80 ans, n’ont pas survécu à l’infection. La majorité des autres ont subi une brève hospitalisation en raison de complications respiratoires liées à la maladie.

Le principal vecteur identifié : un système de brumisation défectueux dans un établissement de restauration

Les investigations menées sur le terrain ont permis de mettre en évidence un lien épidémiologique solide entre la maladie et un restaurant spécifique. En effet, il est apparu que trente des malades avaient fréquenté cet établissement dans les deux semaines précédant leur apparition des symptômes. La cause probable a été identifiée comme étant un dispositif de brumisation, un système destiné à disperser de fines gouttelettes d’eau pour rafraîchir l’air ou maintenir une ambiance agréable. Suite à la découverte, le dispositif a été désactivé le 5 août, dans une démarche de précaution. Depuis cette date, aucune nouvelle contamination n’a été signalée. La confirmation de ce lien a été assurée par Santé publique France, qui a qualifié l’association entre cet environnement et la contamination de "avérée".

Des sources multiples de contamination, dont certaines indépendantes du restaurant

Malgré cette conclusion, la vigilance demeure, car l’Agence régionale de santé (ARS) a souligné que cette origine ne peut pas expliquer à elle seule l’ensemble des cas recensés en Savoie durant cette période. Certains malades ont été contaminés par d’autres sources potentielles. Parmi eux, figure notamment une personne décédée dont l’infection a été attribuée à un réseau d’eau privé. L’ARS rappelle aussi que, lors des enquêtes menées en France sur plusieurs flambées de légionellose au cours des quinze dernières années, il a souvent été impossible d’identifier une source précise de contamination. Ces situations complexes illustrent la difficulté à retracer l’origine de chaque contamination, surtout lorsqu’elle provient de circuits d’eau privés ou non surveillés.

Comment se transmet la légionellose ? La voie d’infection par inhalation de gouttelettes

La légionellose est une infection pulmonaire causée par la bactérie Legionella, omniprésente dans certains environnements aquatiques. La contamination s’effectue principalement par l’inhalation de minuscules gouttelettes d’eau contaminée, qui forment des aérosols diffusés dans l’air. Ce mode de transmission explique pourquoi la maladie n’est pas directement contagieuse de personne à personne, mais plutôt par contact avec certains types de systèmes d’eau.

Les principales installations à risque : réseaux d’eau et dispositifs de brumisation

Les sources les plus courantes de Legionella sont les installations d’eau chaude sanitaire, que ce soit dans les résidences privées ou dans les lieux publics. Ces systèmes, lorsqu’ils ne sont pas correctement entretenus, peuvent devenir des foyers de bactéries. Les équipements tels que les douches, les bains à remous, les spas ou encore les jacuzzis sont particulièrement concernés. Dans certains cas, d’autres dispositifs comme des tours aéroréfrigérantes, des fontaines décoratives, des brumisateurs ou des systèmes d’arrosage automatique participent également à la propagation de la bactérie s’ils ne sont pas maintenus dans de bonnes conditions.

L’absence de transmission de personne à personne et la sécurité de l’eau du robinet

Il est crucial de souligner que la légionellose ne se transmet pas directement entre individus. La simple consommation d’eau du robinet ne constitue pas un risque en soi. La seule voie d’infection vérifiée est l’inhalation de gouttelettes contaminées en suspension dans l’air, ce qui limite considérablement la portée et la fréquence des cas dans la population générale.

Les symptômes et les facteurs de gravité liés à la maladie

Les personnes exposées à Legionella développent généralement des symptômes entre deux et dix jours après l’exposition. La présentation clinique se caractérise par une forte fièvre, une toux intense, parfois accompagnée de troubles digestifs comme des nausées ou des diarrhées, surtout chez les personnes âgées ou fragilisées. La maladie peut évoluer rapidement en difficultés respiratoires graves, nécessitant une hospitalisation et un traitement à base d’antibiotiques. Si elle n’est pas traitée rapidement, la légionellose peut entraîner la mort dans environ 10 % des cas, en particulier chez les individus à système immunitaire affaibli, notamment ceux avec un âge avancé ou exposés à des maladies chroniques.

Les recommandations pour prévenir la contamination par la Legionella

Il est essentielle d’adopter certaines bonnes pratiques pour réduire les risques d’exposition. Parmi celles-ci, il est conseillé de surveiller et de conserver la température de l’eau chaude à un niveau supérieur ou égal à 50°C, afin d’empêcher la prolifération bactérienne. Il faut également faire réaliser un entretien annuel par un professionnel qualifié de ses installations de production d’eau chaude, ainsi que de procéder à un nettoyage, à un détartrage (par exemple, avec du vinaigre blanc) et à une désinfection régulière des flexibles, des pommeaux de douche et des têtes de robinets. Le remplacement des éléments vétustes ou défectueux doit aussi être systématique.

Pour les bâtiments collectifs équipés de systèmes d’eau chaude, la communication avec les gestionnaires ou le syndic afin de signaler tout dysfonctionnement (tels qu’une baisse de température) est vivement recommandée. En cas d’absence prolongée ou si certains équipements sont peu utilisés, il est conseillé de faire couler l’eau chaude et l’eau froide au moins une fois par semaine pour éviter que l’eau ne stagne. À leur retour, il est prudent d’augmenter temporairement la température du chauffe-eau pour nettoyer les canalisations, puis de faire circuler l’eau plusieurs minutes avant de réutiliser la douche ou le robinet.

Enfin, pour ceux qui possèdent un spa à domicile, il est essentiel d’effectuer un traitement régulier afin de maintenir une teneur en désinfectant suffisante. Par ailleurs, pour les dispositifs médicaux spécialisés supportant l’usage de l’eau, tels que certains appareils d’oxygénothérapie ou d’aide au sommeil, il est recommandé d’utiliser exclusivement de l’eau stérile et de suivre scrupuleusement les recommandations de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.