Les organisations de jeunesse, déterminées à ne pas reculer après les annonces du gouvernement qu’elles jugent insuffisantes, organisent ce mardi de vastes blocages dans de nombreux établissements scolaires, tels que les universités et lycées, avant de participer à la grande mobilisation nationale multidisciplinaire prévue jeudi, axée sur la question du pouvoir d’achat. À 9 h 30 ce matin, une quarantaine de lycées étaient barricadés à travers le territoire national, un nombre qui est resté pratiquement stable par rapport à la veille à la même heure, selon les chiffres communiqués par le ministère de l’Éducation nationale. Suzanne Nijdam, à la tête de la Fage, la principale organisation étudiante, affirme que « le mouvement ne faiblit pas : les étudiants tiennent bon et veulent continuer à faire entendre leur voix ». Elle ajoute que « il est crucial de persévérer dans la mobilisation, notamment en montrant à Matignon que l’ensemble des universités restent fortement impliquées, que ces actions ne vont pas s’arrêter si facilement, et que des mesures concrètes doivent maintenant être prises. »
Les perturbations persistent dans l’enseignement supérieur et secondaire
Lors du lundi qui a suivi les vacances de la Toussaint, environ 15 % des institutions consacrées à l’enseignement supérieur ont connu à nouveau des interruptions ou des défections, que le gouvernement qualifie de fluctuantes. La fin de matinée a vu le ministère de l’Enseignement supérieur rapporter que 51 établissements sur un total de 184 étaient en quelque sorte perturbés. Du côté des lycées, la contestation reste également vivace, avec le retour de camions à poubelles enflammés et la mise en place de blocages devant plusieurs établissements. Un lycéen de Toulouse, nommé Natie, témoigne : « Nous avons décidé de mener une semaine d’actions radicales » et indique qu’une manifestation lycéenne est en préparation pour le 5 novembre. Dans son lycée, une centaine de jeunes prévoit d’organiser une opération de blocage tout au long de la semaine. Selon le ministère de l’Éducation, 41 lycées étaient barricadés lundi, alors que l’Union syndicale lycéenne, de son côté, a recensé environ quatre fois plus de sites en difficulté, en précisant que les actions concernaient aussi bien les lycées que les universités.
Les activités de mobilisation reprennent avec force
Ce mardi, Manon Moret, qui dirige l’Unef, insiste sur le fait que la mobilisation reprend de manière frontale. Elle souhaite que ces actions durent jusqu’à jeudi, date à laquelle seront menées la manifestation et la grève nationale, mobilisant tant le secteur privé que le public, sous l’égide de nombreux syndicats. Sa conviction est que cette journée doit rassembler un maximum de participants, espère-t-elle.
Des propositions du gouvernement face à la crise
Après plus d’un mois de manifestations et de blocages, le gouvernement a annoncé la semaine dernière une série de mesures visant à apaiser la colère des jeunes. Ces propositions incluent notamment un calendrier de remplacement progressif de la plateforme Parcoursup d’ici 2028, qui est un point central des revendications étudiantes. De plus, les ministres en charge de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur ont annoncé l’abandon des suppressions de postes prévues dans le secteur, la création de 500 nouvelles positions, un plafond de 28 élèves par classe de seconde, ainsi que l’ajout de 15 000 places dans l’enseignement supérieur. Par ailleurs, selon la présidence, le Premier ministre a demandé au ministre de l’Éducation nationale de s’assurer qu’une réponse adaptée soit apportée dans 200 lycées particulièrement en difficulté, recensés par la plateforme de concertation. Cependant, ces mesures ont été jugées insuffisantes par les jeunes, qui estiment qu’il faut aller beaucoup plus loin.
Les incertitudes entourant la marche de la mobilisation
Jeudi prochain, lycéens et étudiants ont prévu de rejoindre la journée nationale de mobilisation centrée sur le pouvoir d’achat, qui, pour la première fois depuis la rentrée, devrait rassembler les salariés du privé, les fonctionnaires et les retraités. La manifestation parisienne, également soutenue par des gilets jaunes, n’a pas encore été validée par les autorités. La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a dénoncé lundi l’imprévisibilité : « Il n’est pas sérieux d’organiser ces parcours sans les avoir planifiés à l’avance », a-t-elle affirmé, soulignant la nécessité de connaître précisément le trajet pour garantir la sécurité, notamment en coordination avec la mairie de Paris.
Les restrictions sur la liberté de manifester
Depuis les émeutes et les actes de violence du 17 octobre dernier, la préfecture de police a interdit aux groupes de manifestants de se déplacer librement dans le centre de Paris les deux samedis qui ont suivi, n’autorisant que des parcours en périphérie, souvent déviés. Le collectif Interfac Île-de-France, qui comptait organiser une marche entre le Panthéon et le siège du Medef ce mardi, s’est vu opposer une interdiction et a été contraint de proposer une alternative en périphérie. Les organisateurs envisagent désormais de contester cette décision en justice.
Enfin, la situation demeure tendue, avec des discussions et des actions qui s’intensifient, alors que les jeunes restent déterminés à faire entendre leur voix et à obtenir des mesures concrètes face à leur insatisfaction.






