Une voiture accidentée d’occasion a deux fois plus de risques d’avoir un compteur trafiqué.

Sophie Lambert

Le lien entre accidents et falsification du compteur en France

En France, il a été démontré qu’un véhicule ayant été impliqué dans un accident présente deux fois plus de risques d’avoir un compteur trafiqué en comparaison avec un véhicule qui n’a pas d’historique de dommages. Cette double problématique, qui peut s’avérer très coûteuse pour l’acheteur, résulte d’une pratique frauduleuse courante dans le secteur de la vente de voitures d’occasion. En effet, une corrélation claire se dégage entre les accidentations et la manipulation du kilométrage : les voitures ayant subi des déformations ou des détériorations présentent un risque significativement accru de voir leur compteur falsifié.

D’après les données recueillies, on constate que 3,9 % des voitures ayant un historique de dommages présentent un compteur manipulé, contre seulement 1,9 % pour celles qui n’ont pas connu d’incidents ou de dommages. Cette différence notable s’explique en grande partie par les méthodes employées par certains vendeurs peu scrupuleux, qui cherchent à embellir la réalité du véhicule pour favoriser la vente.

En pratique, une fois qu’un véhicule accidenté a été réparé, il arrive que le professionnel ou le vendeur réduise de manière artificielle le kilométrage affiché par le compteur. Le but est de dissimuler l’usure réelle de la voiture, afin de la rendre plus attrayante aux yeux des acheteurs et d’obtenir un meilleur prix. La fraude au compteur constitue alors une technique courante destinée à gonfler artificiellement la valeur d’un véhicule sur le marché de l’occasion.

Une fraude toujours liée à l’état du véhicule

Selon l’expert automobile Matas Buzelis, chez carVertical, cette pratique est particulièrement répandue dans le cas de véhicules importés, où la manipulation du kilométrage est une étape souvent intégrée aux processus de réparation ou de reconditionnement. Lorsqu’une voiture endommagée est remise en état, le kilométrage peut être volontairement manipulé pour rendre la véhicule plus attractif et ainsi augmenter la marge bénéficiaire lors de la vente.

Les analyses de données confirment cette tendance : il apparaît que les véhicules dont le compteur a été trafiqué ont également plus fréquemment subi des dommages dans le passé. Autrement dit, il existe une forte association entre la dissimulation des dommages et la falsification du kilométrage. En France, un peu plus de la moitié (55,6 %) des voitures avec un compteur trafiqué étaient également porteuses d’un historique de dommages, contre 37,9 % pour celles dont le kilométrage était authentique. Cela représente une différence de 17,7 points, soulignant la forte connexion entre ces deux phénomènes.

Une problématique qui dépasse les frontières françaises

Ce phénomène ne se limite pas à la France. À l’échelle européenne, les données montrent que 61 % des véhicules affichant un kilométrage trafiqué ont également un historique de dommages. Comparativement, 47,8 % des véhicules avec un kilométrage certifié ont subi des réparations ou des accidents dans leur passé. Cette différence de 13,2 points illustre clairement que la relation entre dommages accidentels et falsification de kilométrage concerne l’ensemble du marché automobile européen, et pas seulement la France.

Il apparaît donc que la manipulation du compteur est souvent liée à une volonté de masquer l’usure réelle d’un véhicule endommagé en dissimulant ses réparations ou ses incidents passés. Les vendeurs peu scrupuleux ont recours à ces pratiques pour maximiser leurs profits, au détriment des acheteurs qui risquent ainsi d’investir dans une voiture dont la véritable condition est dissimulée.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.