Une marque fidèle à l’essentiel depuis ses débuts
Depuis son apparition sur le marché en 2008, la Dacia Sandero a connu de nombreuses évolutions tout en conservant son positionnement fondamental : proposer des solutions automobiles simples, solides et abordables, conçues pour répondre aux usages concrets de ses utilisateurs. Contrairement à certains modèles qui visent à impressionner par leur luxe ou leur technologie, la Sandero n’est pas conçue pour faire sensation par son apparence. Son objectif principal est plutôt de représenter une très bonne affaire pour ses acheteurs, en leur offrant une voiture fiable et économique à l’achat comme à l’usage.
Une réussite commerciale en Europe et en France, mais aussi une production marocaine
Au fil des ans, le succès de la petite Dacia n’a cessé de croître. Depuis 2017, elle domine le marché des véhicules neufs vendus directement à des particuliers en Europe. Son modèle de vente direct aux particuliers, ainsi que sa simplicité et sa robustesse, lui ont permis d’atteindre la première place sur ce segment. En France, elle a également été le véhicule le plus vendu à des particuliers au cours d’une période record de dix ans. Un fait peu connu cependant est que cette voiture emblématique est produite au Maroc, ce qui soulève la question de son origine géographique, souvent méconnue du grand public.
Une usine marocaine de grande envergure à Tanger
Notre visite à Tanger nous a permis de découvrir l’un des plus grands centres de production automobile en Afrique, situé à seulement quelques kilomètres de l’Europe. C’est ici que sont assemblés les véhicules destinés à plus de 60 pays à travers le monde. La fabrication de la Sandero, qui a débuté en 2013 sous un soleil marocain, repose sur cette plateforme de Tanger, une usine impressionnante de 300 hectares, dont près de 40 sont couverts. Elle a été conçue pour répondre à la demande internationale croissante et est un pivot stratégique pour la marque.
Une industrie considérable dans cette région en pleine expansion
À l’entrée du complexe industriel, un panneau inscrit fièrement le nom de Renault, comme dans toute autre usine du groupe. Sur le site, qui s’étend sur une superficie de 300 hectares, près de 40 sont dédiés à la production. Annuellement, cette usine produit environ 380 000 véhicules, principalement des Dacia, mais aussi d’autres modèles comme le break Jogger ou le petit utilitaire Renault Express, commercialisé localement. Cette installation est la plus grande de toute l’Afrique et représente un apport économique majeur pour la région.
Des milliers d’emplois et une production massive
Chaque jour, ce sont environ 7 500 salariés qui entrent sur ce site, souvent en bus en provenance des villages proches. La main-d’œuvre y est essentielle, car même si l’usine mise sur l’automatisation, la présence humaine demeure très importante. La coopération entre robots et travailleurs permet d’atteindre une production continue et efficace, en produisant aussi bien des moteurs à essence, hybrides ou moteurs à gaz GPL ou diesel. La flexibilité de la ligne de production permet de changer rapidement de modèle ou de couleur selon les demandes du marché, et à l’horizon 2027, une version électrique de la Sandero pourrait voir le jour, soulignant la capacité du site à s’adapter aux nouvelles tendances.
Une approche durable et respectueuse de l’environnement
Dès l’origine, l’usine de Tanger a été pensée pour minimiser son impact environnemental. Elle a été conçue pour atteindre la neutralité carbone, et elle a même pris une longueur d’avance avec dix ans d’avance sur ses objectifs environnementaux initiaux. La région bénéficie d’un environnement particulièrement favorable, notamment avec une forte influence venteuse qui permet de couvrir 60 % de ses besoins en électricité avec des éoliennes installées sur place. Par ailleurs, la centrale biomasse utilise des résidus agricoles, comme les noyaux d’olive ou la pulpe, pour chauffer l’eau nécessaire à la production, illustrant une démarche intégrée et respectueuse des ressources naturelles.
Une production ancrée dans la proximité avec l’Europe
Ce qui confère à l’usine de Tanger un atout stratégique considérable, c’est sa proximité avec le marché européen, principal pour la marque. Un parking extérieur rempli de Dacia Sandero est connecté à une voie ferrée qui permet de faire partir rapidement les véhicules vers les ports de Tanger. Depuis cette plateforme, environ 1 200 voitures par jour sont exportées vers 63 pays à travers le monde, notamment via cinq trains quotidiens qui les conduisent jusqu’au port pour leur acheminement par bateau. La rapidité de la chaîne d’assemblage, qui produit une véhicule toutes les 60 secondes, témoigne de l’efficacité de cette unité.
Une forte présence de Dacia dans la vie quotidienne marocaine
Dès que l’on arrive au Maroc, la présence des voitures Dacia est omniprésente : la majorité des taxis utilisent ce modèle, ce qui témoigne de sa popularité. La marque domine le marché local, avec Renault Group Maroc occupant une position de leader, représentant près de 38 % de parts de marché. La production locale contribue fortement à cet enjeu, avec un taux d’intégration des pièces fabriquées ou assemblées sur place qui devrait atteindre 75 % d’ici à 2030. Avec 87 partenaires équipementiers, la filière locale est aujourd’hui robuste, réalisant chaque année 2,5 milliards d’euros d’achats. La stratégie du groupe est claire : continuer à développer cette autonomie en valorisant la production nationale, tout en préparant l’arrivée prochaine de la version électrique de la Sandero, un projet dont les contours restent encore à préciser.
Le processus d’assemblage et de contrôle qualité
La Sandero commence son parcours sur la chaîne par la pose des éléments mécaniques, notamment le groupe motopropulseur. La phase d’accouplement entre le châssis et la mécanique, désignée sous le nom de « mariage », s’effectue après réception de la moteur et des autres composants. La voiture en cours de fabrication reçoit ensuite ses équipements intérieurs – sièges, tableau de bord, réseaux électriques – avant de passer à la phase de contrôle. Les véhicules sont soumis à un processus strict pour vérifier leur conformité, car le contrôle qualité se déroule sous un tunnel lumineux où chaque défaut potentiel est rapidement détecté pour assurer un produit parfait à la sortie.
Une vision innovante pour l’avenir de la production automobile à Tanger
Les responsables locaux soulignent que leur usine est un modèle capable de s’adapter et de produire différents types de motorisations : essence, hybride ou électrique. La prochaine étape, selon eux, est de se préparer à la future demande de véhicules électriques. La capacité de fabrication, la qualité de l’intégration locale et la modernité du site en font une usine de référence pour le continent africain. La volonté est claire : continuer à faire de Tanger un site d’excellence, capable d’innover et d’intégrer toutes les technologies de demain, tout en restant fidèle à ses valeurs d’efficience, de proximité et de respect de l’environnement.






