Un vote serré en Islande pour relancer les négociations en vue de rejoindre l’Union européenne

Sophie Lambert

Voici la réécriture des paragraphes demandée, en respectant la longueur et la structure d’origine, tout en formulant les idées avec des mots différents.

Les électeurs islandais ont devant eux un choix crucial : rester à distance de l’Union européenne ou s’engager sur la voie de l’intégration en devenant membre de l’Union. Ce samedi, plus de 272 000 citoyens sont appelés à voter pour ou contre la relance des négociations d’adhésion à l’UE. Une partie importante d’entre eux a déjà exercé son droit de vote par anticipation, avec plus de 13 000 votes enregistrés à l’avance. Les sondages donnent une tendance serrée, laissant présager une consultation très disputée. La ministre islandaise des Affaires étrangères, Thorgerdur Katrín Gunnarsdóttir, a indiqué que la décision du peuple sera soumise rapidement au Parlement, qui déterminera la suite à donner, que cela implique d’abandonner officiellement la démarche ou d’envisager d’autres options. Elle a aussi assuré que la volonté des électeurs serait scrupuleusement respectée par le gouvernement. En cas d’issue favorable, tout accord éventuel avec Bruxelles devrait faire l’objet d’un nouveau référendum national. La ratification par les États membres de l’UE serait également nécessaire, et une révision de la Constitution islandaise pourrait s’avérer indispensable pour concrétiser cette adhésion.

L’histoire de l’Islande vis-à-vis de l’Union européenne est marquée par des hauts et des bas. Semi-affectée par la crise économique mondiale de 2008, la petite nation insulaire avait déposé une candidature officielle pour rejoindre l’UE en 2009. Cependant, quatre ans plus tard, la coalition gouvernementale, à majorité critique envers l’intégration européenne, a décidé de mettre un frein aux négociations, qui ont été suspendues sans que la démarche de retrait ne soit formellement actée selon les règles en vigueur. La demande d’adhésion demeure donc en suspens, sans proclamation officielle de retrait, laissant une situation d’incertitude.

Si le scrutin venait à pencher en faveur de l’adhésion, le processus pourrait s’accélérer de manière sensible. En tant que membre de l’Espace économique européen (EEE), l’Islande participe déjà au marché unique de l’Union, ce qui facilite son intégration économique. Une partie de la législation de l’île est également alignée sur celle de Bruxelles. Les négociations ont progressé de façon notable : sur les 35 chapitres essentiels à l’adhésion, 27 sont déjà en cours de discussion et 11 autres ont été provisoirement clos, ce qui facilite une entrée rapide si le conseil des citoyens islandais le décide.

Le secteur de la pêche a longtemps été considéré comme un sujet sensible et une véritable pierre d’achoppement dans la perspective d’un éventuel rapprochement avec l’UE. Après la fameuse « guerre de la morue » qui opposa le Royaume-Uni à l’Islande il y a un demi-siècle, la population locale tend à rester méfiante face à toute proposition de partage ou de transfert de contrôle sur ses eaux riches en ressources halieutiques. Pourtant, bien que les Islandais qui soutiennent l’idée européenne restent nombreux, la ministre porte-parole de leur gouvernement a clairement annoncé que Reykjavik insisterait pour préserver sa souveraineté dans le secteur halieutique lors de toute négociation. Une demande d’exemption serait donc formulée, ce qui poserait des questions difficiles quant à la compatibilité avec la politique commune de la pêche de l’Union dans sa forme actuelle. Environ 40 % des exportations nationales de l’île proviennent de ses eaux.

Les préoccupations sécuritaires en hausse dans le débat

Mais la question de l’adhésion ne tourne pas uniquement autour des enjeux économiques ou industriels. La situation géopolitique complexe de l’Europe, marquée par l’instabilité sécuritaire qui a resurgi avec la guerre en Ukraine, influence aussi fortement l’opinion publique. Bien que l’Islande ne possède pas d’armée propre, elle bénéficie d’un accord bilatéral signé en 1951 avec les États-Unis, qui est censé assurer sa défense. Cependant, la fiabilité de cet appui est de plus en plus mise en doute, surtout après que l’administration Trump ait évoqué le Groenland, territoire danois, comme zone d’intérêt stratégique. Les propos de Donald Trump et les tensions géopolitiques récentes alimentent un climat d’incertitude. Eirikur Bergmann, politologue à l’université de Bifröst, explique que si ces enjeux ne déclenchent pas directement le référendum, ils contribuent néanmoins à renforcer l’inquiétude face à la sécurité nationale. La montée des tensions, notamment avec la Russie, a ravivé le souci de protection face aux risques extérieurs, sur fond d’interrogations sur la fiabilité des alliés américains dans la région.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.