La taxe foncière devrait connaître une augmentation moyenne de 0,8 % cette année. Selon l’Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI), cette taxe aurait connu une hausse de plus de 37 % entre 2014 et 2024.
L’Observatoire décennal des taxes foncières, publié en octobre 2025, indique que cette augmentation est 4,3 fois plus importante que celle des loyers et presque deux fois plus élevée que le taux d’inflation.
Afin de limiter cette hausse, l’UNPI recommande une réforme de l’indexation des valeurs locatives, qui constitue l’assiette de la taxe. Actuellement, cette indexation est fixée en fonction de l’inflation, mais il serait pertinent de la revoir pour freiner la progression excessive des impôts fonciers.
Les bases du calcul de la taxe foncière
La valeur locative cadastrale joue un rôle central dans le calcul de cette taxe. Elle correspond à une valeur hypothétique, déterminée par l’administration fiscale, représentant le loyer annuel moyen qu’un bien immobilier pourrait produire dans des conditions normales de location.
Vous pouvez retrouver cette valeur sur votre avis de taxe foncière, généralement à la ligne désignée par « Base ». Cette base sert de référence pour le calcul de plusieurs taxes et contributions, telles que la part de la commune, celle de l’intercommunalité, la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM), ainsi que la taxe GEMAPI, relative à la gestion des milieux aquatiques et à la prévention des inondations.
Pour illustrer, si votre base est de 1 300 euros et que la TEOM est fixée à 12 %, vous devrez payer 156 euros. C’est en appliquant ces taux à toutes les composantes que l’on aboutit au montant total de la taxe foncière. À ces frais s’ajoute une petite contribution pour couvrir les coûts de gestion. À noter que cet exemple concerne les propriétés bâties, tandis que les modalités diffèrent pour les terrains non bâtis.
Comprendre la valorisation selon la superficie et les caractéristiques
Le mode de calcul de la valeur locative cadastrale repose en partie sur la superficie du bien. Contrairement à la surface habitable définie par la loi Carrez, ici, il faut prendre en compte l’ensemble des surfaces, y compris pièces, couloirs, entrées, garages, caves, greniers, dépendances, etc.
Cependant, toutes ces parties ne sont pas évaluées de la même façon. Des coefficients sont appliqués en fonction de la nature de chaque pièce, de son importance, de sa localisation ou de son état d’entretien. Il en résulte que des éléments de confort viennent également s’ajouter à la surface principale, en étant convertis en mètres carrés.
Par exemple, l’eau courante peut augmenter la surface considérée de 4 m², l’installation électrique de 2 m², et si un chauffage est présent dans une pièce, cela ajoute encore 2 m². Au final, on obtient une surface globale à multiplier par le tarif de référence au mètre carré, qui correspond au loyer moyen payé sur la même commune pour le même type de logement.
Comment contester la valeur locative cadastrale ?
Cette valeur est périodiquement révisée par le fisc, ce qui peut entraîner d’importantes variations. Par exemple, si vous faites des travaux, comme transformer un garage en chambre habitable, cela modifie le coefficient de la nature des locaux et peut faire évoluer la valeur locative cadastrale.
De manière générale, cette valeur a tendance à dépasser largement le prix du marché locatif, voire à sembler exagérée. Si vous trouvez que la valeur attribuée à votre propriété ne correspond pas à la réalité, vous avez la possibilité de demander des précisions auprès de l’administration fiscale. Vous pouvez aussi lui faire part de votre désaccord et, si besoin, contester le montant.
Pour cela, il vous faudra rassembler des preuves solides, telles que des estimations de biens équivalents ou des loyers de référence, afin de justifier votre demande. La contestation est une démarche qui nécessite d’être bien préparée pour espérer obtenir une révision à la baisse de la valeur cadastrale.
En résumé, la valeur locative cadastrale, bien qu’indispensable au calcul de la taxe foncière, est sujette à des évolutions et à des contestations possibles si elle semble ne pas refléter la réalité du marché ou des caractéristiques du bien.






