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« Les coffres de l’État sont vidés ? Faites le plein chez Total ! », « Taxons les énormes bénéfices issus des énergies fossiles pour financer nos droits sociaux ! » Ce matin-là, un groupe de militants s’est rassemblé dans le 7e arrondissement de Paris, à deux pas de l’Assemblée nationale où le projet de budget pour l’année 2027 est en train d’être âprement débattu. Représentant diverses organisations non gouvernementales telles que 350.org, Action Justice Climat, Attac, et Extinction Rebellion, ils avaient choisi ce moment précis pour se rassembler, coïncidant avec la publication par TotalEnergies de ses résultats financiers pour le troisième trimestre de l’année.
Comme nombreuses fois prévu, la puissante société pétrolière française a encore une fois enregistré un nouveau record de profits, avec un bénéfice net s’élevant à 8,3 milliards de dollars pour la période allant de juillet à septembre. Ce résultat a plus que doublé par rapport à l’année précédente et dépasse largement les chiffres déjà exceptionnels des deux premiers trimestres de l’année (5,8 et 5,4 milliards de dollars). Durant cet été, TotalEnergies a particulièrement profité de ses activités dans le raffinage et la chimie, enregistrant 3,5 milliards de dollars de bénéfices contre seulement 687 millions un an auparavant, profitant de la flambée du prix des hydrocarbures provoquée par les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient. La raréfaction du pétrole brut a permis une augmentation spectaculaire des marges de raffinage, passant de 13 à 33 dollars par baril entre le deuxième et le troisième trimestre.
Une origine évoquée dans les violences écologiques et sociales
Ces résultats financiers records sont mal accueillis par les organisations écologistes et les défenseurs de la justice fiscale, qui se sont rassemblés près du Palais Bourbon pour manifester. De nombreux militants dénoncent la stratégie de ces entreprises, estimant que leurs profits deviennent de plus en plus astronomiques, alors que leurs dépenses publiques sont constamment réduites. Une militante d’Extinction Rebellion, souhaitant rester anonyme, a souligné : « La réussite de Total en tant que symbole national cache en réalité des dégâts écologiques et humains considérables. » Elle insiste sur le fait que ces bénéfices exorbitants sont issus de pratiques qui dégradent l’environnement et impactent négativement les populations vulnérables.
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Dans un contexte de crise sociale profonde, cette multinationale est souvent au centre des mobilisations, étant considérée comme un symbole des injustices fiscales et un exemple d’entreprises qui profitent des conflits pour accroître leurs gains. Lors des négociations sur le budget, la gauche a proposé plusieurs amendements visant à imposer une taxe sur les « superprofits » de l’industrie pétrolière, en ciblant de manière explicite TotalEnergies. Cependant, ces propositions ont été rejetées en première lecture à l’Assemblée, mercredi dernier, avec l’opposition de la majorité présidentielle et de l’extrême droite, qui ont voté contre ces mesures.
Une stratégie de communication axée sur le plafonnement des prix
Pour la droite, il s’agit de protéger l’image de TotalEnergies comme une entreprise patriotique. Le président Emmanuel Macron a récemment loué la décision du groupe de limiter les prix de l’essence et du gazole dans ses stations, une mesure qui a attiré un large public et renforcé la position de l’entreprise comme un défenseur du pouvoir d’achat. Patrick Pouyanné, de son côté, s’est félicité de cette initiative, estimant qu’elle pourrait lui coûter environ 500 millions d’euros d’ici la fin de l’année. Il considère ce plafonnement comme une démarche stratégique pour renforcer sa popularité tout en réalisant des bénéfices importants.
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Ce plafonnement représente une dépense relativement mineure pour le groupe, d’autant plus qu’il s’en sert comme une arme pour négocier. En cas de pression pour relever à nouveau les taxes, Patrick Pouyanné menace de lever le plafonnement des prix à la pompe. La version officielle évoque une tactique commerciale cynique, aussi bien lucrative qu’agressive, dénoncée cette semaine par certains députés issus du groupe écologiste et social. Le gouvernement, quant à lui, insiste pour que Total reste exemplaire : il appelle à maintenir le plafonnement tant que la crise perdure, tout en soulignant que la France a la chance de disposer d’un acteur majeur dans le secteur pétrolier à cette période critique, comme l’a déclaré Maud Bregeon, porte-parole de l’exécutif, en précisant toutefois : « Il serait dommage de sombrer dans le total bashing. […] Nous devons reconnaître le rôle de cette grande entreprise dans la situation actuelle. »






