Rentrée : faut-il privilégier un sac ou un cartable pour éviter le mal de dos ?

Sophie Lambert

Le poids du cartable : une problématique récurrente pour la santé des enfants

À chaque rentrée scolaire, on observe souvent des images d’enfants portant des sacs à dos ou des cartables qui semblent si lourds qu’ils donnent l’impression qu’ils sont presque écrasés sous leur propre charge. Ce constat, partagé par de nombreux professionnels de la santé et des associations de parents, pousse régulièrement à alerter les autorités publiques sur l’excès de poids que supportent les jeunes élèves. La difficulté réside dans le fait que cette lourdeur est une préoccupation constante, notamment lors de la reprise des classes, lorsque la nécessité de transporter livres, cahiers et matériel scolaire devient encore plus pressante.

Une norme recommandée : 10 % du poids de l’enfant

Pour mieux comprendre l’ampleur du problème, il est utile de rappeler que les spécialistes de la santé ainsi que le ministère de l’Éducation nationale recommandent que le poids du sac ne dépasse en aucun cas 10 % du poids total de l’enfant. Concrètement, cela signifie qu’un élève de 11 ans, pesant environ 34 kilogrammes, ne devrait pas porter un sac de plus de 3,4 kilogrammes. Pour un jeune de 13 ans, dont le poids moyen est de 44 kilogrammes, le maximum conseillé est alors d’environ 4,4 kilogrammes. Cette norme vise à réduire le risque de troubles musculosquelettiques, notamment en évitant une surcharge excessive sur la colonne vertébrale des jeunes poignants.

Une question de santé publique

La problématique du poids excessif des sacs à dos n’est pas nouvelle. Elle a été formellement reconnue comme un enjeu de santé publique dès 2008, avec la publication d’une circulaire qui soulignait l’impact potentiel des charges lourdes sur la santé des enfants. Bien qu’après plusieurs années, quelques progrès aient été réalisés notamment grâce à l’intégration du numérique dans le matériel scolaire (diminution de certains livres ou utilisation de supports numériques), cette question demeure d’actualité. Le ministère rappelle en outre que, si le poids du sac contribue à aggraver certains problèmes de dos, il n’en constitue pas la seule cause. La santé de la colonne vertébrale des enfants doit donc faire l’objet d’une vigilance permanente.

Les bonnes pratiques pour porter un sac en préservant sa santé

Il est crucial de rappeler aux jeunes qu’adopter une bonne posture lors du port de leur sac peut faire toute la différence pour leur santé vertébrale. Parmi les conseils fondamentaux, il est recommandé de fléchir les jambes avant de saisir le sac, évitant ainsi de pencher le dos avec les jambes tendues, ce qui pourrait être nuisible. Ensuite, il faut veiller à garder le dos bien droit en se penchant, plutôt qu’en se penchant en avant avec le dos rond. Enfin, il est conseillé de soulever le sac en le maintenant près du corps afin de répartir la charge de façon équilibrée.

Le bon choix de sac : comment éviter la surcharge

Si votre enfant a tendance à se pencher en avant ou à tenir ses bretelles avec insistance, cela indique probablement que le sac est trop lourd. Pour limiter la charge, la Fédération nationale des conseils de parents d’élèves recommande d’opter pour un sac léger, idéalement en tissu, doté d’anses et de renforts au dos pour plus de confort. Une fois le sac sur le dos, il doit être porté avec les deux bretelles, et non une seule, pour une répartition équilibrée du poids. Lorsqu’il est bien placé, le sac doit se trouver haut contre le dos, sans dépasser les épaules, et ne doit pas descendre sous la zone lombaire, garantissant ainsi une meilleure posture lors des déplacements.

Différents types de sacs : avantages et inconvénients

En dehors du traditionnel cartable en tissu ou en cuir, il existe d’autres options telles que les sacs à main, sacs besaces ou sacs à roulettes, qui présentent chacun leurs aspects positifs et négatifs. Les sacs à main, très plébiscités par les lycéennes, peuvent être pratiques pour transporter peu de choses, mais leur utilisation quotidienne peut poser problème si l’on y met trop de livres. En effet, ils obligent souvent à pencher le corps d’un côté, créant ainsi une asymétrie susceptible d’engendrer des douleurs musculaires ou articulaires à terme. La besace, partagée par certains élèves, a la même problématique si elle devient trop lourde. Quant aux sacs à roulettes, ils offrent un grand avantage en permettant de ne pas porter la charge directement sur le dos. Cependant, leur utilisation est moins pratique dans certains environnements, tels que les pavés ou lorsqu’il faut monter des escaliers, où le port du sac à roulettes devient parfois nécessaire.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.