Quels facteurs de risque éviter pour vivre plus longtemps sans démence ?

Sophie Lambert

Un lien évident entre santé cardiovasculaire et prévention de la démence

Une détérioration de la santé du système cardiovasculaire constitue un facteur clé dans le risque de développer une démence. Mais concrètement, qu’implique cette relation ? Le fait de ne pas souffrir d’hypertension, de diabète ou de tabagisme est associé, en moyenne, à une extension de la durée de vie sans manifestation de cette maladie neurodégénérative, estimée à environ 13 années supplémentaires.

Les résultats d’une étude récente confirment l’importance de la prévention

Les insights présentés dans une étude publiée le 5 août dernier dans la revue *Neurology Open Access* mettent en lumière ce lien. Selon cette recherche, il apparaît que la prévention active de ces facteurs de risque vasculaires à l’âge adulte est essentielle pour préserver la santé du cerveau durant plus d’une décennie. Le principal chercheur de cette étude, le Dr Josef Coresh, directeur fondateur de l’Optimal Aging Institute de NYU Langone, a expliqué : « Nos résultats soulignent qu’il est vital d’agir dès l’âge mûr pour éviter ces facteurs, dans le but de prolonger la période pendant laquelle le cerveau reste en bonne santé. » Il insiste aussi sur le besoin urgent de développer de nouvelles stratégies pour retarder l’émergence de la démence, notamment parce que près de 42 % des Américains risquent de développer cette maladie à tout moment après l’âge de 55 ans.

Une vigilance particulière dès 48 ans pour préserver ses fonctions cérébrales

Pour appuyer ces conclusions, les chercheurs ont étudié les données provenant de l’étude ARIC (Atherosclerosis Risk in Communities), initiée en 1986. À travers ce projet, des participants ont été suivis sur plusieurs décennies, avec pour objectif d’évaluer le développement de démences en lien avec des facteurs de risque vasculaires détectés à un âge moyen de 56 ans. Pour cette étude précise, 12 409 individus sans antécédent de démence ont été examinés, en se concentrant sur trois risques majeurs : le tabagisme, le diabète, et l’hypertension artérielle.

Une corrélation entre absence de risque et longévité sans démence

Ces participants ont ensuite été observés durant une période moyenne de 26 ans. Les résultats montrent que « ceux qui ne présentaient aucun de ces trois facteurs de risque ont vécu en moyenne près de 13 ans de plus sans développer de démence par rapport à ceux qui en cumulaient tous les trois », souligne le communiqué de la NYU Langone Health / NYU Grossman School of Medicine. En résumé, ceux qui évitent ces risques en vieillissant peuvent espérer vivre non seulement plus longtemps, mais surtout sans altérations cognitives pendant plusieurs années supplémentaires.

Des différences selon le genre et la race, mais avec des limites

Les analyses ont également révélé des variations selon certains critères démographiques. Par exemple, les femmes qui cumulaient ces trois facteurs de risque ont vécu en moyenne 18,1 années après le début de la surveillance sans développer de démence, contre 16,6 années chez les hommes. Par ailleurs, le suivi montre que les personnes blanches ont généralement vécu 19,6 années sans démence, tandis que ce chiffre chute à 16 ans chez les participants noirs. Il est tout de même important de noter que ces différences pourraient aussi être influencées par des variables socio-économiques, qui n’ont pas été prises en compte dans cette étude, ce qui limite quelque peu leur interprétation.

Les limites de l’étude et leur portée

Il convient de préciser que cette recherche ne peut pas établir un lien de causalité direct entre les facteurs de risque analysés et le développement de la démence. Elle souligne uniquement une association entre ces éléments. De plus, la mesure de ces risques n’a été effectuée qu’une seule fois, ce qui ne permet pas d’observer leur évolution ou leur aggravation au fil du temps.

Implications pour la prévention et la santé publique

Malgré ses limites, cette étude vise à encourager la population à prendre en main leur santé cardiovasculaire pour mieux préserver leurs fonctions cognitives. Le Dr Joseph Coresh a exprimé cette volonté : « Nous espérons que ces résultats inciteront les individus à arrêter de fumer et à surveiller leur santé vasculaire dès l’âge de 48 ans. » L’objectif est de sensibiliser à l’importance d’adopter des comportements favorables à la santé du cœur, dans l’espoir de retarder ou d’éviter la survenue de la démence liée à l’âge.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.