Que faire si votre enfant rechigne à retourner à l’école à la rentrée ?

Sophie Lambert

Comment accompagner un enfant face à l’appréhension de la rentrée scolaire

À l’approche de la rentrée, il est fréquent que certains enfants ressentent une certaine appréhension ou de l’anxiété à l’idée de reprendre l’école. Ce phénomène est tout à fait courant, notamment chez les plus jeunes qui entament leur aventure en maternelle. La psychologue Valérie P. souligne que cette nervosité ou cette inquiétude ne sont pas rares parmi les enfants d’âge préscolaire, et qu’il est important de leur offrir un soutien rassurant pour favoriser leur adaptation. Beaucoup de jeunes enfants, avant même leur première rentrée, peuvent éprouver des sentiments d’appréhension face à ce changement et à la séparation avec leurs parents.

Certains enfants peuvent également montrer des signes d’angoisse spécifique appelés « l’angoisse de séparation », un comportement fréquemment observé entre l’âge de 6 mois et 3 ans. Il s’agit d’un état d’anxiété qui survient lorsqu’ils sont séparés de leurs parents, une réaction compréhensible étant donné que leur perception du monde est encore en train de se construire. En effet, à cet âge, les tout-petits n’ont pas encore conscience que ces séparations sont temporaires, ce qui amplifie leur sentiment d’insécurité lorsqu’ils se retrouvent séparés de leurs figures d’attachement.

Comment rassurer son enfant face à ses craintes

Pour aider un jeune enfant à surmonter cette crainte liée à la séparation, il est primordial de lui fournir une communication rassurante. Certains enfants ont simplement envie de rester près de leurs parents à tout moment, surtout après une période de vacances où ils ont été particulièrement proches de leur famille. Dans ces moments-là, il est utile de prendre le temps de leur expliquer que tout le monde, y compris eux, va retrouver ses amis, apprendre de nouvelles choses, et surtout, qu’ils passeront de bons moments à l’école. Il faut leur faire comprendre que cette période d’adaptation est normale et que leurs craintes sont temporaires.

Il est également conseillé de leur assurer une continuité rassurante, en leur montrant que leur routine et leur cadre restent stables. Ces explications et cette attitude de soutien contribuent souvent à apaiser leurs inquiétudes, tout comme le renvoi d’image positive qu’ils auront à leur retour de vacances, où ils ont déjà vécu des moments agréables et rassurants avec leurs proches.

Comment gérer les premières difficultés à l’école

Les premiers jours suivant la rentrée peuvent encore être éprouvants pour certains enfants. Il n’est pas rare qu’ils mettent un certain temps à s’intégrer ou à se sentir à l’aise dans ce nouveau contexte. La psychologue recommande dans ces situations d’instaurer un dialogue avec les enseignants ou la direction de l’école pour mieux comprendre le déroulement de la journée de votre enfant. Si le comportement ou l’attitude de votre enfant lors des premiers jours est globalement positif, avec un sourire ou une curiosité manifeste, il n’y a généralement pas de raison de s’inquiéter excessivement.

En revanche, si votre enfant manifeste une détresse persistante ou si son comportement témoigne d’un mal-être, cela peut indiquer que ses angoisses sont liées à des problématiques spécifiques à l’école. Selon la psychologue Valérie P., plusieurs causes possibles existent :

Identifier les causes potentielles de l’angoisse scolaire

Une des causes fréquentes évoquées est le harcèlement. Si vous suspectez ou avez observé des signes de maltraitance ou d’intimidation, il est essentiel de signaler cela rapidement à l’établissement scolaire. Il ne faut surtout pas tenter de gérer seul la situation face aux enfants ou aux adolescents concernés, car cela pourrait aggraver le problème ou compliquer la résolution. La communication avec l’école doit être claire et proactive pour que la situation soit prise en main dans les meilleures conditions.

Une autre cause possible de l’angoisse peut résider dans une incompréhension ou une difficulté d’assimilation d’une remarque ou d’une correction d’un enseignant. Dans ces cas, il est recommandé de dialoguer avec l’école pour clarifier la situation, en restant toutefois conscient que certaines critiques ou remarques peuvent être justifiées. La collaboration avec les enseignants permet d’identifier avec précision les sources de difficulté et d’envisager des mesures adaptées.

Des difficultés dans les apprentissages constituent également une source de stress pour de nombreux enfants. Si un enfant a du mal à suivre en classe ou à acquérir certaines compétences, il est important de valoriser ses efforts, de lui rappeler ses réussites et de lui faire comprendre que des adultes sont présents pour l’aider dans son parcours. Il est également essentiel de lui expliquer que chacun avance à son propre rythme, et qu’il n’y a pas de honte à ne pas tout comprendre immédiatement.

Prendre en compte le refus d’aller à l’école et rester positif

Lorsque votre enfant refuse catégoriquement de se rendre à l’école, il ne faut pas céder à la dispute ou à la confrontation. La psychologue insiste sur l’importance de maintenir une attitude positive, en lui montrant que vous comprenez ses difficultés, tout en étant ferme sur le fait que l’école constitue une étape incontournable de son développement. Il s’agit de reconnaître ses doutes ou ses craintes, mais de continuer à l’accompagner avec douceur tout en lui rappelant que l’école n’est pas un choix, mais une obligation pour progresser.

Si cette opposition ou cette anxiété persistent au-delà de deux semaines, il devient judicieux de solliciter l’aide d’un professionnel, comme un psychologue. Cela permet à l’enfant d’avoir un espace d’expression où il pourra verbaliser ses peurs ou ses frustrations, facilitant ainsi sa transition vers un environnement scolaire plus serein et plus confiant.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.