Une majorité de Français aujourd’hui incapables de se réacheter leur véhicule
Selon une enquête menée par l’assurance en ligne Leocare, en collaboration avec Discurv, la réponse à cette question semble à la fois claire et préoccupante : plus de la moitié des Français, précisément 56 %, déclarent qu’ils seraient désormais dans l’incapacité de racheter une nouvelle voiture si leurs circonstances financières restaient inchangées. Ce chiffre souligne l’ampleur du défi auquel une grande partie de la population est confrontée en matière de mobilité motorisée dans le contexte actuel.
Au sein de cette population, un pourcentage très faible, seulement 15 %, indique qu’il n’éprouve aucune difficulté à racheter une voiture, même en étant confronté à des contraintes financières. En revanche, 29 % déclarent qu’ils pourraient y parvenir, mais uniquement en faisant des sacrifices dans d’autres aspects de leur budget, ce qui illustre une certaine pression financière. Par ailleurs, une part significative, représentant 34 %, envisagerait de se tourner vers un modèle moins cher ou d’occasion pour réduire le coût d’acquisition, tandis que 22 % ne disposeraient tout simplement pas des ressources nécessaires pour franchir ce cap.
Ce qui devient évident à travers ces chiffres, c’est que plus d’un Français sur cinq roule actuellement dans une voiture qu’il ne pourrait pas remplacer dans le cas où celle-ci tomberait en panne ou deviendrait inutilisable. La voiture n’est plus considérée uniquement comme un objet de luxe, mais comme un bien qu’il est difficile de laisser partir, même dans l’impossibilité de le remplacer.
Le véhicule, un enjeu majeur pour la vie quotidienne
La dépendance des Français à leur voiture demeure forte, avec 53 % des répondants affirmant qu’ils ne pourraient pas se passer de leur véhicule au quotidien. Quant à ceux qui pourraient, cela se ferait uniquement en affrontant de grandes complications, ce qui indique l’importance cruciale de la voiture dans la gestion de leur vie quotidienne. Étonnamment, seulement 11 % des personnes interrogées envisagent une vie sans voiture sans que cela leur pose de difficulté.
Ce véhicule, perçu comme indispensable, représente également une part non négligeable du budget mensuel des familles. Plus d’un cinquième des couples consacrent plus de 20 % de leurs revenus à leur voiture, avec 9 % qui dépassent même la barre des 30 %. Ces chiffres témoignent de la charge financière que représente la possession et l’utilisation d’un véhicule pour une large partie de la population.
L’impact financier de cette dépense est tel qu’elle équivaut à plus de deux mois de leur budget annuel pour une majorité d’individus. En effet, pour plus d’un quart des Français, le coût annuel en dépenses automobiles dépasse deux mois de revenus, voire davantage, pour près d’un sur dix, ce qui représente environ 3,5 mois d’économies.
Une autre difficulté soulignée par cette étude est que 15 % des automobilistes ne parviennent pas à estimer précisément le coût de leur voiture, une indication du poids financier que cette dépense représente, souvent difficile à chiffrer en dépit de son importance.
Les obstacles financiers constants : emprunts et sacrifices
Face à ces coûts souvent imprévisibles, il n’est pas surprenant que les difficultés financières liées à la possession d’un véhicule continuent à s’accroître. Emprunter de l’argent pour faire face à une dépense imprévue devient une situation courante : 31 % des automobilistes ont déjà recours à des emprunts personnels ou familiaux pour payer des réparations. De plus, près de 10 % déclarent l’avoir fait à plusieurs reprises, ce qui témoigne de la fréquence de ces situations difficiles.
Pour faire face à ces dépenses nécessitant des finances supplémentaires, beaucoup de Français doivent faire des choix difficiles. Au total, environ 8 personnes sur 10 ont déjà réduit d’autres postes de leur budget pour continuer à financer leur voiture. Parmi eux, plus d’un quart puisent dans leur épargne, ce qui montre à quel point la voiture concentre une part considérable de leurs ressources. Par ailleurs, 13 % déclarent même qu’ils doivent diminuer leur alimentation pour pouvoir continuer à faire rouler leur véhicule.
Il apparaît clairement que la dépense automobile ne se limite plus à un simple poste budgétaire ; elle impose désormais des arbitrages dans les besoins fondamentaux. Seuls 23 % des répondants affirment n’avoir eu à réduire aucun autre poste pour gérer ces frais, ce qui souligne l’impact considérable de cette dépense sur leur quotidien.
Les sacrifices en matière de dépenses essentielles et de sécurité
Parmi les postes de dépenses que les Français doivent généralement sacrifier, on trouve en première place les loisirs et sorties, avec 47 % des répondants. Suivent les vacances et voyages, évoqués par 37 %, ainsi que l’achat de vêtements (30 %), les loisirs personnels ou le bien-être (30 %), l’épargne (28 %) et les abonnements divers (25 %). La capacité à faire des choix s’étend également jusqu’aux cadeaux (23 %) ou encore à l’alimentation, qui voit ses budgets réduits dans 13 % des cas lorsque les finances sont tendues.
Inquiétant, un peu moins de la moitié des automobilistes (48 %) ont déjà continué à conduire avec un voyant allumé, un bruit suspect ou une défaillance mécanique non réparée pour préserver leur budget. Certains ont été dans cette situation à plusieurs reprises, ce qui indique que la sécurité sur la route peut être compromise par des contraintes financières.
Les perspectives ne sont pas rassurantes pour l’avenir, puisqu’un peu plus d’un tiers des Français (37 %) envisagent de vendre leur véhicule dans l’année, non pas par choix, mais en raison de leur situation financière devenue insoutenable. Parmi eux, 10 % y réfléchissent très sérieusement, tandis que 27 % considèrent cette hypothèse comme une possibilité. Seuls 47 % ont affirmé qu’ils ne se sépareront pas de leur voiture, quelles que soient leurs difficultés, et 16 % restent indécis.
Une hausse des coûts d’assurance qui alourdit la facture
L’augmentation des prix de l’assurance auto constitue un autre défi majeur pour les propriétaires de véhicules. Selon l’étude, 63 % des Français ont constaté une hausse de leurs primes d’assurance au cours des 12 derniers mois, avec 15 % d’entre eux signalant une augmentation importante. De leur côté, seulement 3 % ont bénéficié d’une baisse du tarif.
Cette hausse est principalement due à l’accroissement du coût des réparations en cas d’accident. Selon la société de sécurité et réparation automobiles SRA, le prix moyen pour une réparation après collision a connu une progression de près de 30 % entre 2021 et 2025, en grande partie à cause de l’augmentation du prix des pièces détachées et de la sophistication électronique des véhicules modernes.
De plus, le climat a une influence notable avec une surprime pour catastrophes naturelles qui est passée de 6 % à 9 % sur les contrats auto depuis le début de l’année 2025. En raison des mécanismes de mutualisation, ces coûts supplémentaires affectent l’ensemble des assurés, y compris ceux qui n’ont pas subi de sinistre, ce qui contribue à faire grimper la facture globale.
Les Français prêts à changer d’assurance face à la hausse des tarifs
Le mécontentement face à ces augmentations pousse une grande partie des conducteurs à envisager de changer d’assureur. Près de la moitié d’entre eux (47 %) envisageraient sérieusement cette possibilité pour une augmentation annuelle inférieure ou égale à 10 %. Parmi eux, 9 % seraient prêts à quitter leur assureur dès la moindre hausse, et 83 % sont prêts à changer si l’augmentation dépasse un certain seuil. En revanche, only 17 % indiquent qu’ils resteraient fidèles quoi qu’il advienne, malgré la possibilité offerte par la loi Hamon de résilier leur contrat à tout moment après la première année.
Face à ces contextes financiers difficiles, il apparaît que la fidélité à un assureur n’est plus assurée, et que beaucoup sont prêts à rechercher des solutions plus économiques pour réduire la charge que représente leur assurance auto.






