Les forces houthis au Yémen ont lancé une attaque ce samedi en tirant un missile en direction de l’aéroport international de Riyad, la capitale d’Arabie saoudite, selon une déclaration d’une source diplomatique. Au moins deux victimes ont été confirmées : l’une d’elles était un membre de l’équipage égyptien travaillant pour une compagnie aérienne saoudienne, et la deuxième victime était un Palestinien en possession de documents de voyage égyptiens. Un témoin ayant assisté à la scène a raconté avoir vu des blessés et constaté que tout le monde courait dans la zone. Lorsqu’un passager, qui attendait un vol près du terminal touché, a été interrogé par l’AFP, il a décrit la scène en disant : « J’ai vu des blessés, tout le monde courait. » Il est à noter que ni les autorités saoudiennes ni les responsables des Houthis n’ont confirmé officiellement le lancement de ce missile ni confirmé l’évacuation de l’aéroport. Pour le moment, les activités de l’aéroport ont été suspendues provisoirement suite à cet incident.
—
Plus tôt cette semaine, un autre incident s’était produit : trois personnes, dont un pilote, avaient trouvé la mort dans des attaques revendiquées par ces combattants pro-iraniens contre le même aéroport. Ces attaques de jeudi avaient été publiquement revendiquées par les Houthis. Plusieurs pays occidentaux, notamment l’Allemagne, le Canada et l’Espagne, ont conseillé à leurs ressortissants d’éviter de voyager par cet aéroport jusqu’à ce que la situation le permette. La France, quant à elle, avait déjà déconseillé vendredi à ses citoyens de se rendre à Riyad par voie aérienne, sauf en cas de nécessité extrême. De plus, plusieurs représentations diplomatiques occidentales ont conseillé à leur personnel d’éviter d’effectuer des déplacements dans cette zone afin de préserver leur sécurité.
—
Les hostilités contre la capitale saoudienne ne se limitent pas à cet épisode : jeudi, des attaques attribuées aux combattants pro-iraniens ont causé la mort de trois personnes, parmi lesquelles se trouvait un pilote. Ces événements ont été revendiqués par ces mêmes groupes liés à l’Iran. Face à cette recrudescence de violence, les gouvernements de l’Allemagne, du Canada et de l’Espagne ont conseillé à leurs citoyens d’éviter tout voyage aérien vers Riyad. La France, pour sa part, a exprimé ses réserves en déconseillant la venue à Riyad tant que la menace n’aura pas été levée, en insistant sur le caractère exceptionnel de cette recommandation. Le nombre de ces attaques a surpris par leur intensité et leur fréquence, s’inscrivant dans un contexte où les autorités saoudiennes minimisent la portée des dégâts causés par ces frappes. En réalité, ces attaques atteignent directement des cibles civiles, ce qui est peu habituel dans la perception qu’ont généralement les autorités saoudiennes de la situation, étant donné leur tendance à déclarer que les frappes touchent principalement des cibles militaires ou stratégiques.
—
L’aéroport international de Riyad a déjà été ciblé à plusieurs reprises ces derniers jours. La dernière attaque en date a eu lieu jeudi, causant des dégâts importants, comme en témoigne une photographie diffusée par l’Agence France-Presse. Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, il s’agit d’une des périodes où les attaques contre la capitale saoudienne se sont faites les plus fréquentes et les plus intenses. La situation a pris une tournure particulièrement critique depuis qu’en septembre, les Houthis ont lancé une offensive d’envergure pour reprendre le contrôle de plusieurs territoires clés, notamment le littoral de la mer Rouge. En soutenant militairement le gouvernement yéménite, l’Arabie saoudite se retrouve de plus en plus confrontée à ces attaques qui mettent à mal ses efforts pour stabiliser la région.
—
L’Arabie saoudite, qui est le premier exportateur mondial de pétrole brut, ne reconnaît que rarement que ses sites civils ont été touchés par ces frappes. Ces dernières semaines, les responsables saoudiens ont peu communiqué sur l’impact des attaques visant Riyad, optant pour une certaine discrétion. Cependant, l’ampleur et la fréquence croissantes de ces attaques depuis quelques jours, notamment celles contre l’aéroport international, marquent une étape nouvelle dans la guerre, qui durait depuis maintenant huit mois. Ces attaques interviennent dans un contexte où le royaume saoudien intervient militairement pour soutenir les forces du gouvernement yéménite engagées dans des combats pour reconquérir des territoires perdus, notamment sur la côte de la mer Rouge. La situation reste tendue alors que Téhéran apparaît comme un acteur majeur derrière ces opérations, renforçant la complexité du conflit qui se joue dans cette région.






